Île Madame

île française, Charente-Maritime, Nouvelle-Aquitaine

Île Madame
Vue aérienne de l'île.
Vue aérienne de l'île.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Archipel charentais
Localisation Golfe de Gascogne (océan Atlantique)
Coordonnées 45° 57′ 25″ N, 1° 06′ 50″ O
Superficie 0,78 km2
Point culminant non nommé (18 m)
Géologie Île continentale
Administration
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Charente-Maritime
Commune Port-des-Barques
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+1
Géolocalisation sur la carte : Charente-Maritime
(Voir situation sur carte : Charente-Maritime)
Île Madame
Île Madame
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Île Madame
Île Madame
Géolocalisation sur la carte : Nouvelle-Aquitaine
(Voir situation sur carte : Nouvelle-Aquitaine)
Île Madame
Île Madame
Île en France

L'île Madame est une île française, baignée par les eaux du golfe de Gascogne, au large des côtes de la Charente-Maritime et appartenant à l'archipel charentais.

Elle est située sur la rive gauche de l'estuaire de la Charente entre la presqu'île de Fouras et l'île d'Aix au nord, et le petit port ostréicole de Port-des-Barques, commune à laquelle elle est administrativement rattachée, au sud. Elle est reliée au continent par le tombolo de la Passe aux bœufs. Elle fait face à la pointe de Piédemont, sur le continent, dont elle n'est éloignée que de neuf-cent-cinquante mètres. L'île d'Aix se trouve à 6,80 km au nord-ouest.

GéographieModifier

L'île Madame est la deuxième plus petite des cinq îles charentaises qui sont, par taille décroissante : l'île d'Oléron, l'île de Ré, l'île d'Aix, l'île Madame et l'île de Nôle. Comme ses voisines, elle appartient administrativement au département de la Charente-Maritime, lequel se situe dans la région Nouvelle-Aquitaine. Il s'agit en fait d'un écart de la commune de Port-des-Barques, l'une des trois communes les plus récemment créées en Charente-Maritime[1].

L'île Madame est une toute petite île, dont la superficie totale est de 0,78 km2. Elle s'étire sur une longueur maximale de 800 m et sur une largeur maximale de 400 m, ayant la forme d'un rectangle.

Elle est reliée au continent par une voie surélevée, faite de sable et de cailloux, appelée la Passe aux Bœufs[2], longue d'environ 1 km, accessible uniquement à marée basse. Il s'agit d'un tombolo, cordon dunaire formé de dépôts d'origine sédimentaire et fluviale, qui est en train de souder l'île Madame au continent. Cette passe est particulièrement fréquentée par de nombreux touristes à pieds pendant la période estivale ; pourtant soumise au même phénomène de marée que celui observé au Mont-Saint-Michel, la zone présente donc les mêmes dangers.

 
La passe aux bœufs à marée basse, en direction de l'île.

Les rivages de l'île Madame sont constitués, essentiellement, de rochers et de petites falaises, de banches, ainsi que de plages de galets, avec peu de sable. Son assise géologique, qui prolonge le plateau de la Saintonge, diffère sensiblement de celle de la presqu'île de Fouras et de l'île d'Aix, étant formée de calcaires gréseux du Crétacé et de sédiments marins et fluviatiles du Quaternaire issus de la dernière transgression flandrienne.

HistoireModifier

Elle tiendrait son nom, soit d'Anne de Rohan-Chabot, maîtresse de Louis XIV, ou de l'abbesse de l'abbaye aux Dames de Saintes, qui portait le titre de « Madame de Saintes ». Elle s'est aussi appelée l'île de la Garenne, sans doute à cause de l'abondance des lapins du même nom qui étaient initialement ses seuls habitants. Sous la Révolution, elle est appelée l'île Citoyenne.

Au nord de l'île, se trouvent une redoute (ancienne fortification militaire) de forme carrée, édifiée en 1703 et partiellement constituée de pierre de Crazannes, ainsi que des casemates. Ces constructions participaient au système de défense de la « rade de Rochefort »[3], à l'entrée de la vaste embouchure de la Charente, pour protéger Rochefort et son arsenal militaire.

Au sud-est de l'île, une grande croix de galets à même le sol marque l'endroit où furent ensevelis 254 des 829 prêtres déportés et morts en 1794. Ce site est la destination d'un pèlerinage au mois d'août : les participants traversent la passe aux Bœufs avec un galet en main qu'ils déposent à l'arrivée sur la croix[4]. 829 prêtres réfractaires, ayant refusé de prêter serment à la nouvelle constitution, furent emprisonnés à bord des pontons de Rochefort, le Washington et les Deux Associés, d'anciens navires négriers, puis au large de l’île d’Aix enfin sur l’île Madame. 547 d'entre eux moururent de maladie et d'épuisement, 254 sont enterrés sur l’île Madame, 226 sur l’île d’Aix, et 67 à Rochefort. 64 prêtres réfractaires, dont Jean-Baptiste Souzy, nommé par l’évêque de La Rochelle, vicaire-général, pour soutenir ses compagnons, ont été béatifiés par le pape Jean-Paul II en 1995.

Après l'épisode sanglant de la Commune de Paris, des communards y furent envoyés. Pour s'approvisionner en eau douce, ils creusèrent au nord de l'île, en 1871-1872, un puits, appelé depuis puits des Fédérés ou puits des Insurgés. Ce puits, foré sur l'estran à 25 mètres du trait de côte, était accessible par une passerelle (interdite en 2013 pour vétusté, elle n'existe plus en 2022).

PaléontologieModifier

On trouve 24 espèces d'oursins fossiles du Cénomanien dans les falaises de l'île, ainsi que des espèces bioconstructrices (coraux, rudistes, stromatopores), des huîtres, des madréporaires, des nautiles, des dents de poissons (picnodontes et requins), des vertèbres de reptiles aquatiques (varan Carentonosaurus) et des débris de végétaux fossiles (conifères surtout : Frenelopis et Glenrosa)[5].

ÉconomieModifier

L'ostréiculture est pratiquée sur la côte ouest de l'île Madame, ainsi que l'aquaculture. La ferme aquacole[6] de l'île Madame est un exemple réussi d'entreprise intégrée dans son milieu naturel. Cette dernière a été créée en 1980 et propose maintenant une ferme auberge où sont servis les produits de l'exploitation : huîtres, palourdes, bars, daurades royales, salicornes, sel récolté dans le marais salant.

Par ailleurs, de nombreux pontons à carrelets sont implantés sur son rivage et l'île est reconnue comme étant un lieu propice à la pêche à pied.

Enfin, l'île Madame s'est ouverte au tourisme : il est possible d'y séjourner depuis l'ouverture d'un camping et de gîtes à louer.

GalerieModifier

Notes et référencesModifier

  1. En 1947, Port-des-Barques est devenue une commune en se dissociant de Saint-Nazaire-sur-Charente. Les deux autres communes créées après-guerre sont toutes deux situées dans l'île d'Oléron (Le Grand-Village-Plage et La Brée-les-Bains).
  2. L'Ile Madame (Charente-Maritime). Étude morphologique par R. Façon, Norois (1968)
  3. Alain Chappet, Roger Martin et Alain Pigeard, Le guide Napoléon : 4000 lieux de mémoire pour revivre l'épopée, Tallandier, 2005, p. 70
  4. https://pelerinagesdefrance.fr/Ile-Madame-a-la-memoire-des-pretres-deportes
  5. Revue Fossiles no 4, « Les Oursins du Cénomanien (Crétacé) de l'île Madame (Charente-Maritime), Sud-Ouest de la France »
  6. Ferme aquacole de l'île Madame

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • R.J.P Toreille, Raphaël 4 : Et la Bague d'Argent, PARIS/impr. en Allemagne, Le Lys Bleu Édition, , 108 p. (ISBN 979-10-377-1221-9)
    roman fantastique-conte, l'île Madame apparaît sous le nom de l'île d'Emadam
  • Un carrelet sur l'île Madame, chroniques de Jean Bernard-Maugiron qui décrivent la faune, la flore et l'histoire de l'île. Editions du Ruisseau, collection "Pagus",178 p., avec une carte de l'île, mai 2022.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier