Nautilus (mollusque)

genre de céphalopodes

Le genre Nautilus désigne des céphalopodes marins qui sont souvent dénommés sous le nom de nautiles. La sous-classe des Nautiloidea comprend les nautiles au sens large, dont les genres Nautilus et Allonautilus (en) sont les seuls représentants vivants à ce jour, les autres sous-classes comme les ammonites étant éteintes.

Les espèces de ce genre sont dites fossiles vivants, dénomination qui a davantage un sens historique et journalistique que scientifique. En fait, il vaut mieux parler de taxon panchronique qui a traversé les temps géologiques sans grands changements morphologiques apparents[1].

Description et caractéristiques modifier

Leurs nombreux tentacules (environ 90) ne comportent pas de ventouses. Leur coquille est développée et enroulée vers l'avant, en forme de spirale. L'intérieur est cloisonné en différentes loges. Le corps du nautile occupe la dernière loge, qui est la plus grande. Un siphon traverse les cloisons. Les loges que n'occupe pas l'animal contiennent un mélange de gaz et de liquide. Ces loges peuvent être remplies et vidées afin de modifier la flottabilité de l'animal, lui permettant de plonger ou de faire surface à la demande tout comme les water-ballasts d'un sous-marin. Cette étonnante caractéristique inspira l'inventeur Robert Fulton pour nommer le sous-marin expérimental construit à la demande du Premier consul Bonaparte (Cf infra). Ces animaux possèdent 4 branchies (2 à droite et 2 à gauche). Ils se déplacent par propulsion en projetant de l'eau via un siphon. Ils peuvent également ramper lorsqu'ils se trouvent sur un sol solide.

Leurs yeux sont constitués de simples « chambres noires » ouvertes par une pupille étroite. Chaque œil est équipé de deux tentacules ophtalmiques.

Ces animaux font partie d'un groupe panchronique depuis l'Ordovicien.

Espèces du genre Nautilus modifier

 
Coupe schématique longitudinale d'un Nautilus pompilius femelle. A=Anus, C=Cartilage, CF=Pli Crescental, CG=Ganglion Cérébral, Coe=Cœlome, CS=Gaine Céphalique, DM=Manteau dorsal, F=Entonnoir, FV =Soupape Entonnoir, G=Branchies, H=Cœur, Hae=Hémocœle, Ho=Cagoule, I=Intestin, ILL=Lobe Infra-Labial, L=Foie, LJ=mâchoire inférieure, Mm=Muscle mandibulaire, NG=Glande Nidamentaire (femelle seulement), OV=Ovaires (femelle), P' et P''=Processus prélingual, Per=Péricarde, PerG=Glande Péricardique, PG=Commissure Pédale, PO=Pore Péricardique, PP=Papille Préanale, PV=Pro-ventricule, PVG=Ganglion Pleuro-viscérale, PVL=Division Péricardique du Cœlome, R=Radula, RO=Pore Rénal, S=Siphon, ST=Estomac, T=Langue, UJ=mâchoire supérieure, VC=Veine Cave, VM=Manteau Ventral.

Selon World Register of Marine Species (26 janvier 2023)[2] :


Les nautiles et les Hommes modifier

Les nautiles en art modifier

 
Exemple d'un gobelet néerlandais, de 1630.
 
Nature morte avec un gobelet de nautile.

Dès le XVIe siècle, des coquilles de nautiles du Pacifique occidental ont été très prisées par les collectionneurs et, en conséquence, sont souvent très richement montées. Souvent, la couche externe de la coquille sera dépouillée afin de révéler la surface nacrée située dessous. Les meilleurs artisans les transforment en objets d'art[4].

Dans leur état naturel ou travaillés par des orfèvres, des coquilles de nautiles se retrouvèrent ainsi souvent dans les « cabinets de curiosités » qui contenaient les collections des riches intellectuels du siècle des Lumières. Des tasses en nautile ont été particulièrement populaires en Allemagne et aux Pays-Bas, d'où ils sont passés progressivement à la mode en Angleterre[5].

Les escargots de mer étaient populaires pour deux raisons. Premièrement, les possibilités d'accès au matériau grâce au commerce mondial et deuxièmement, l'exploration de la nature. Au XVIIe siècle, les coquilles de nautile ont été luxueusement incorporées par les orfèvres. Bien que les coquilles de nautile aient été conçues dans toute l'Europe, elles étaient le plus souvent fabriquées aux Pays-Bas. C'était le cas parce que ce pays était à cette époque le centre du commerce maritime mondial. Ainsi, pendant l'âge d'or hollandais, les artisans néerlandais en particulier ont été parfaitement entraînés à la transformation de la coquille de nautile. Ces œuvres d'art étaient souvent inspirées par la mer et ses légendes fantastiques. Présentées en forme de coupe, elles étaient surtout populaires lors des banquets royaux. C'est une des raisons pour lesquelles on reconnaît souvent les coupes de nautiles sur les tables luxueuses dans les natures mortes du Siècle d'or hollandais. Ainsi, au fil des siècles, le nautile s'est fait une réputation dans les œuvres d'art[6].

Philatélie modifier

Ce coquillage figure sur une émission de la poste aérienne de la Nouvelle-Calédonie de 1962 (valeur faciale : 20 F).

En littérature modifier

Le sous-marin du Capitaine Nemo dans le roman 20 000 lieues sous les mers de Jules Verne s'appelle le Nautilus, en référence à cet animal, et également au tout premier Nautilus, datant de 1800, un sous-marin expérimental propulsé à la voile en surface) proposé par Robert Fulton à Napoléon Bonaparte pour forcer le blocus continental des navires anglais peu après la Révolution française. Dans la correspondance entre Fulton, Bonaparte et le ministre de la marine Denis Decrès on trouve diverses orthographes : Nautilus, Nautile, Nautule et Nautulus [7]

Au cinéma modifier

Le collier de la sorcière Ursula dans Ariel La Petite Sirène, long-métrage d'animation Disney, est un Nautilus. Elle l'utilise pour tromper le prince Eric avec la voix d'Ariel prisonnière dedans. Il est brisé à la fin du film et Ariel retrouve sa voix.

Images radiographiques modifier

Références taxinomiques modifier

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Bibliographie modifier

  • (en) Gregory J. Barord, David J. Combosch, Gonzalo Giribet, Neil Landman, Sarah Lemer, Job Veloso et Peter D. Ward, « Three new species of Nautilus Linnaeus, 1758 (Mollusca, Cephalopoda) from the Coral Sea and South Pacific », ZooKeys, vol. 1143,‎ , p. 51-69 (DOI 10.3897/zookeys.1143.84427, lire en ligne).

Notes et références modifier

  1. Thierry Tortosa, Principes de paléontologie, Dunod, , p. 156-157.
  2. World Register of Marine Species, consulté le 26 janvier 2023
  3. a b et c (en) Gregory J. Barord, David J. Combosch, Gonzalo Giribet, Neil Landman, Sarah Lemer, Job Veloso et Peter D. Ward, « Three new species of Nautilus Linnaeus, 1758 (Mollusca, Cephalopoda) from the Coral Sea and South Pacific », ZooKeys, vol. 1143,‎ , p. 51-69 (DOI 10.3897/zookeys.1143.84427, lire en ligne).
  4. (en) Royal Collection Trust (pour la Reine Elisabeth II), « Nautilus cup », royalcollection.org.uk, (consulté le )
  5. (en) « Nautilus cup Partridge, Affabel », sur vam.ac.uk, Victoria and Albert Museum, (consulté le ).
  6. « Comment le nautilus a-t-il inspiré les artistes ? | Magazine Barnebys », sur Barnebys.fr, (consulté le )
  7. Gaston-Louis Pesce (préf. Maxime Laubeuf), la navigation sous marine, Paris, Vuibert et Nony, , p. 203 et suivantes
  8. Le Scanner