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Transgression flandrienne

La transgression flandrienne a eu pour effet d'ennoyer la campagne de Brignogan-Plages et aboutit à l'isolement de rochers qui étaient alors des îlots rocheux.
Variations mondiales du niveau de la mer au cours de la transgression flandrienne. Les dates sont indiquées en BP : « avant présent », soit 1950 année de référence.
Variations mondiales du niveau de la mer au cours de l'Holocène, (-6000 à +2000 par rapport à JC, ici) . Vers 2000 BP, le maximum de la transgression flandrienne fait que le niveau marin était proche de l’actuel[1].
Trait de cote européen : actuel (gauche), durant l'Holocène (centre) et durant le dernier maximum glaciaire (droite).

La transgression flandrienne (du nom de la Flandre où elle a eu ses effets les plus visibles) est l'épisode où, depuis le Pléistocène récent, à la fin de la dernière glaciation de Würm, c'est-à-dire il y a environ de 19 000 ans, la glace des inlandsis a fondu et entraîné une remontée planétaire du niveau de la mer (d'environ 100 m) : à cette époque la Manche, puis les Pays-Bas et les Flandres belge et française se sont trouvées envahies par la mer, cet épisode s'étant prolongé à l'Holocène jusqu'au début de l'ère chrétienne. Cette transgression qui voit un réchauffement des eaux océaniques de plus de 10°C, est dite versilienne en Méditerranée, mellahienne au Maroc[2].

En effet, la transgression, en géologie, est un déplacement de la ligne de rivage vers l'intérieur des terres, due à un affaissement continental ou à une élévation du niveau de la mer ou à une conjonction de ces deux situations (par exemple en période de réchauffement climatique).

Toutefois, l'eau n'est pas montée de manière régulière. Il y a eu succession de transgressions et régressions. Au cours de la dernière phase de cette transgression flandrienne, « l'océan est remonté jusqu'à 3,50 m au-dessus du niveau actuel. De 3 000 av. J.-C. jusqu'à notre ère, il régresse à nouveau à deux reprises, vers 2275 av. J.-C. et 960 av. J.-C., pour revenir ensuite à l'état présent[3] ». De plus, la remontée planétaire du niveau de la mer n'est pas uniforme et synchrone. « Il existe des différences d'un endroit à l'autre qui ne sont pas dues seulement à des mouvement tectoniques locaux mais qui s'expliquent surtout par l'hydro-isostasie et l'eustatisme géoïdal[4] ».

Les transgressions provoquées par une élévation de quelques mètres du niveau de la mer par rapport au niveau actuel expliquent le phénomène des plages suspendues, formées parfois de cordons de galets fossilisés, visibles par exemple le long du littoral de la Baie d'Audierne où il a été décrit par Pierre-Roland Giot et André Guilcher dès 1946.

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Notes et référencesModifier

  1. Corinne Beck, Robert Delort, Pour une histoire de l'environnement, CNRS Editions, , p. 63.
  2. E. K. Saaïdi, Géologie du Quaternaire Marocain, SMER, , p. 55.
  3. François Djindjian, L'archéologie, Armand Colin, , p. 87.
  4. Roland Paskoff, Les littoraux, Masson, , p. 18.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

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