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Église Saint-Médard de Blénod-lès-Toul

église française située à Blénod-lès-Toul
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Église Saint-Médard.
Église Saint-Médard de Blénod-lès-Toul
Tombeau de Hugues des Hazards.jpg
Tombeau de Hugues des Hazards, conservé dans l'église
Présentation
Destination initiale
Destination actuelle
église paroissiale
Style
Gothique tardif
Renaissance
Construction
1506-1512
Propriétaire
Commune de Blénod-lès-Toul
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Coordonnées

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L’église Saint-Médard de Blénod-lès-Toul est une église de culte catholique dédiée à saint Médard.

Sommaire

HistoriqueModifier

 
Église Saint-Médard

L'église a été bâtie par Hugues des Hazards dans l'enceinte du château de sa ville natale de Blénod-lès-Toul. Hugues des Hazards a fait ses études à Toul, Metz, Dijon, le droit à Sienne pendant sept ans vers 1475 et Rome où il exerce une charge d'avocat. Il a été prévôt de l'église Saint-Georges de Nancy, président de la chambre des comptes de Lorraine, doyen du chapitre de la cathédrale de Metz. Le duc de Lorraine René II le recommande au chapitre de la cathédrale de Toul. Il devient le 74e évêque de Toul le 13 mai 1506.

Par son séjour en Italie il connaît l'art de la Renaissance italienne. Il a protégé les humanistes et permis la propagation des nouvelles formes de l'art. Il a décidé de bâtir une nouvelle église à Blénod-lès-Toul appartenant au temporel de l'évêque de Toul en 1506. L'édifice est terminé en 1512 comme l'indique l'inscription placée sur le portail d'entrée :

HUGO DES HAZARDIS LXVII TULLEN ANTISTES TEMPLUM HOC UBI XTIANAE RELIGIONI VAGIENS INITIATUS FUERAT VETUSTATE COLLAPSUM A FUNDAMENTIS RESTAURAVIT ET AMPLIAVIT DIVOQUE MADARDO DICAVIT ANNO DOMINI MCCCCCXII, PRAESULATUS SUI VI[1].

L'église est restaurée en 1734 par Nicolas Pierson, architecte et religieux prémontré de l'abbaye de Sainte-Marie de Pont-à-Mousson.

L'église a subi de graves dommages à la suite d'un ouragan en 1806. La toiture est restaurée en 1860. Une tornade éventre la partie droite du transept en 1914, détruisant deux verrières et la tour. La restauration a été faite après la Première Guerre mondiale.

ProtectionModifier

L'église a été classée monument historique par la liste de 1862[2].

ArchitectureModifier

L'église Saint-Médard comprend une nef avec des collatéraux presque au même niveau. C'est une église-halle de quatre travées avec un transept légèrement saillant de trois travées avec un simple chœur à abside pentagonal. Le clocher est placé au-dessus de la première travée.

  • Longueur de l'église : 42 m,
  • Largeur de la nef : 17,65 m
  • Longueur du transept : 24 m,
  • Élévation de la nef : 17 mètres,
  • Largeur de la nef entre axes des piliers : 8,75 m,
  • Largeur des collatéraux : 4,45 m.

Pierre Sesmat s'interroge sur le maître d'œuvre concepteur de l'église. Il remarque qu'au moment de la construction de l'église Jean Pèlerin, dit le Le Viator, est chanoine de la cathédrale de Toul et qu'il participe à sa construction en tant que maître d'œuvre[3].

Trois des clefs de voûtes sont ornées des armoiries de l'évêque.

Le voûtement de l'église est fait d'ogives simples complété d'une nervure supplémentaire réunissant les clefs de voûte des bas-côtés à celles de la nef. L'abside est voûté en étoile. L'église est éclairée dans les collatéraux par des fenêtres à deux lancettes avec un réseau flamboyant et une sosace sur la façade occidentale et quatre baies dans le transept. Une seule toiture recouvre la nef et les bas-côtés. Les faces latérales sont tenues par de puissants contreforts.

Le portail occidental est de style Renaissance.

Tombeau d'Hugues des HazardsModifier

Le tombeau de Hugues des Hazards est conservé dans l'église.

L'évêque est mort en 1517. Son testament est daté du 6 juin 1517. Il a décidé d'élire sa sépulture « en l'église paroissiale de Blénod, au côté dextre, du côté du grand autel, en la sépulture qu'il avait fait faire, à cause qu'il avait fait faire et construire icelle église, et que ses progéniteurs y avaient été inhumés ».

Le tombeau est rectangulaire avec une hauteur de 4 m sur 3,29 m de largeur sur trois étages à décor Renaissance, flanqué de pilastres à décor Renaissance surmontés d'un entablement. Le gisant est placé sur le niveau intermédiaire. Des pleurants sont disposés au registre inférieur dans des niches à coquille. Ils tiennent une banderole avec la devise de l'évêque : NASCI LABORARE MORI. L registre supérieur est occupé par des statues de sept figurines figurines représentant les arts libéraux. Ce tombeau a une statuaire de style gothique placé dans un décor Renaissance. La conception du tombeau est peut-être de Jean Pèlerin qui a conçu à la même époque le tombeau de saint Mansuy dans la crypte de la cathédrale de Toul à la demande de Hugues des Hazards.

Le tombeau a été classé au titre immeuble en 1862[4].

OrgueModifier

L'orgue et sa tribune sont installés au-dessus du portail en 1738. L'orgue se trouvant actuellement dans l'église provient de l'abbaye Saint-Léon de Toul. Cet orgue a été construit en 1731 par Jean Adam Dingler, facteur d'orgue de Nancy. Il a été installé à Blénod-lès-Toul en 1793 avant la démolition de l'abbaye[5].

VitrauxModifier

Bien que les vitraux ne soient pas datés et qu'on ignore qui les a réalisés, ils ont certainement été placés au moment de la construction de l'église. Il ne reste que la moitié du programme initial.

Dans le chœur, de part et d'autre d'une verrière représentant le sacrifice d'Abraham (baie 0) réalisée en 1927 par la maison Gruber, sont représentés, d'un côté, Hugues des Hazards présenté par saint Étienne patron de la cathédrale (baie 1), un chanoine présenté par la Vierge et un saint céphalophore (baie 3), du côté sud, une famille, probablement ses parents plutôt que celle du duc Antoine, présentée par saint Jérôme (baie 2), Didier Falrelle accompagné de saint Jean-Baptiste et sainte Barbe (baie 4).

Les verrières du croisillon nord du transept possède deux verrières (baies 5 et 7) à quatre lancettes représentant l'apparition du Christ à Marie-Madeleine entre sainte Catherine et saint Nicolas (baie 5, probablement une donation de la confrérie Saint-Nicolas de Blénod) et la Nativité et Adoration des bergers avec le donateur, Claude des Hazards, frère de Hugues, chanoine de Toul et archidiacre des Vosges, présenté par saint Claude, archevêque de Besançon (baie 7).

Les vitraux anciens ont été faits en verre vénitien[6],[7].

Les verrières du croisillon sud (baies 6 et 8) sont perdues, détruites par l'ouragan du 21 février 1914.

Les verrières ont été démontées préventivement en 1939.

Les verrières ont été classées au titre d'objet en 1908[8].

RéférencesModifier

  1. Traduction de l'abbé Guillaume : Hugues des Hazards, 72e (il y a une erreur : le sculpteur a écrit LXVII au lieu de LXXII) évêque de Toul a restauré depuis les fondements et agrandi ce temple, où, vagissant encore, il avait été à la religion chrétienne, et il le dédia à St. Médard, l'an du Seigneur 1512, de son Pontificat, le 6e.
  2. Notice no PA00106000, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  3. Chanoine Gustave Clanché, Le Chanoine Jean Pèlerin Viator, auteur de la “Perspective artistique” 1445-1524, ses travaux à Toul, Nancy, 1928.
  4. « tombeau de Hugues des Hazards, évêque de Toul », notice no PM54000076, base Palissy, ministère français de la Culture
  5. « orgue de tribune », notice no PM54001293, base Palissy, ministère français de la Culture
  6. Michel Hérold, « Les verriers de Lorraine à la fin du Moyen Age et au temps de la Renaissance (1431-1552). Approche documentaire », dans Bulletin Monumental, 1987, tome 145, no 1, p. 87-106 (lire en ligne)
  7. Michel Hérold, « Le verre des vitraux (XVe-XVIe siècles). Approche méthodologique », dans Premier colloque international de l'association verre et histoire. Paris-La Défense/Versailles (lire en ligne)
  8. « 9 verrières : la Famille du duc Antoine en prière, Scènes du Nouveau Testament », notice no PM54000079, base Palissy, ministère français de la Culture

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Abbé Pierre-Étienne Guillaume, Notice sur le bourg de Blénod-lès-Toul : précédée d'un éloge historique de monseigneur Hugues des Hazards, 72e évêque et comte de Toul, Grimblot, Raybois et Cie imprimeurs-libraires, Nancy, 1843 (lire en ligne)
  • Pierre Marot, « Blénod-lès-Toul. Église », dans Congrès archéologique de France. 96e session. Nancy et Verdun. 1933, Société française d'archéologie, Paris, 1934, p. 311-317
  • Marie-Claire Burnand, Lorraine gothique, Picard éditeur, Paris, 1989, p. 335-338, (ISBN 2-7084-0385-0)
  • Pierre Sesmat, « L'église de Blénod-lès-Toul, église-mausolée de Hugues de Hazards », dans Congrès archéologique de France. 149e session. Les Trois-Évêchés et l'ancien duché de Bar. 1991, p. 49-63, Société française d'archéologie, Paris, 1995
  • Michel Hérold, « Les vitraux de Blénod-lès-Toul », dans Congrès archéologique de France. 149e session. Les Trois-Évêchés et l'ancien duché de Bar. 1991, p. 65-77, Société française d'archéologie, Paris, 1995
  • Vincent Lamarque, « Les vitraux du XVIe siècle dans le Toulois », dans Études touloises, no 118, 2006, p. 8-16 (lire en ligne)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier