Ouvrir le menu principal
Le tombeau de Hugues des Hazards en 2006.
Dessin du tombeau de Hugues des Hazards dans L'Architecture de la Renaissance de Léon Palustre, en 1892[1].

Le tombeau de Hugues des Hazards est un tombeau dédié à Hugues des Hazards, qui fut évêque de Toul de 1506 à 1517. Il est conservé dans l'église Saint-Médard que le prélat avait fait construire dans son village natal de Blénod-lès-Toul, en Meurthe-et-Moselle. Il a été réalisé au début du XVIe siècle et serait l'œuvre conjointe de Jean Pèlerin, de Mansuy Gauvin et d'un artiste italien inconnu.

Il a été classé monument historique par la liste de 1862[2].

Sommaire

DescriptionModifier

En entrant dans l'église, le tombeau s'aperçoit à gauche du chœur. Il s'agit d'un tombeau mural comme il s'en faisait à Rome à la fin du XVe siècle[Burnand 1]. L'ensemble mesure 4 mètres de haut sur 3,40 mètres de large. De bas en haut, il se décompose en trois parties : une procession de dix pleurants, le gisant et l'épitaphe, et enfin sept figures représentant les arts libéraux.

Les pleurants, distribués par deux en cinq niches, tiennent ensemble un phylactère portant l'inscription « Nasci, laborare, mori » (« Naître, travailler, mourir » en latin).

Le gisant, disposé de biais, représente Hugues des Hazards vêtu des habits épiscopaux et portant le « surhuméral », ornement propre aux prélats toulois. Sous le gisant, une longue tablette de cuivre, haute de 23 cm, recueille l'épitaphe en latin, inscription en caractères gothiques gravés en relief, retraçant la vie et les mérites du prélat.

Au-dessus, s'alignent sept statuettes féminines de 95 cm de hauteur, représentant les sept arts libéraux, à savoir : la grammaire, la dialectique, la rhétorique, l'arithmétique, la musique, la géométrie et l'astronomie.

L'encadrement du monument se compose de pilastres, rinceaux, imposte, de colonnes à tores en hélice se terminant par des chapiteaux pseudo-corinthiens, eux-mêmes surmontés des armes parlantes du prélat, quatre dés en croix.

AttributionModifier

Il semble que plusieurs artistes ont travaillé à ce monument : l'architecte Jean Pèlerin pourrait avoir conçu l'ensemble ; l'encadrement architectural et le gisant dénotent une très fine facture et seraient de la main d'un artiste italien[Burnand 2] ; les figures des arts libéraux et le cortège des pleurants seraient, quant à eux, de l'artiste lorrain Mansuy Gauvain.

Enfin, si l'on compare ce tombeau lorrain aux monuments funéraires romains de la fin du XVe siècle, qui l'ont inspiré, on s'aperçoit qu'ils comportent tous un couronnement, une arcade avec une Vierge à l'Enfant ; on peut en conséquence émettre l'hypothèse de l'inachèvement du monument[Burnand 3].

Bibliographie et référencesModifier

  • Marie Claire Burnand, « Un nouveau regard sur le tombeau de Hugues des Hazards », Annales de l'Est, no 2,‎ , p. 315–328.
  1. Burnand, op. cit., p. 322.
  2. Burnand, op. cit., p. 328.
  3. Burnand, op. cit., p. 324.
  • Abbé Guillaume, « Tombeau de Hugues des Hazards dans l'église de Blénod-lès-Toul », Bulletin, Société d'archéologie lorraine, vol. 1, no 1,‎ , p. 147–150 (lire en ligne).
  • Gustave Clanché, « Le tombeau de Hugues des Hazards, évêque de Toul, à Blénod-lès-Toul », Bulletin monumental, Société française d'archéologie, vol. 69,‎ , p. 47–63 (lire en ligne).
  • Horst van Hees, « De la collaboration probable de Mansuy Gauvain au tombeau de Hugues des Hazards à Blénod-lès-Toul », Le Pays lorrain, vol. 58, no 4,‎ octobre-décembre 1977, p. 177–186 (lire en ligne).
  • Autres références :
  1. Léon Palustre, L'Architecture de la Renaissance, Paris, Librairies-Imprimeries réunies, coll. « Bibliothèque de l'enseignement des beaux-arts », , 352 p. (lire en ligne), p. 285.
  2. Notice no PM54000076, base Palissy, ministère français de la Culture.

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :