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Église Saint-Étienne-de-la-Cité

église située en Dordogne, en France
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Cathédrale Saint-Étienne.

Église Saint-Étienne-de-la-Cité
La façade occidentale de l'église Saint-Étienne-de-la-Cité
La façade occidentale de l'église Saint-Étienne-de-la-Cité
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église paroissiale, ancienne cathédrale
Rattachement Diocèse de Périgueux et Sarlat
Début de la construction XIe siècle
Fin des travaux XIIe siècle
Style dominant Architecture romane
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Dordogne
Ville Périgueux
Coordonnées 45° 10′ 54″ nord, 0° 42′ 53″ est

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Église Saint-Étienne-de-la-Cité

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Église Saint-Étienne-de-la-Cité

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Église Saint-Étienne-de-la-Cité

L'église Saint-Étienne-de-la-Cité, ou l'ancienne cathédrale Saint-Étienne-de-la-Cité, est la première cathédrale catholique romaine de Périgueux, en Dordogne. De style roman, elle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par liste de 1840[1].

ÉdificeModifier

Dans l'ancienne Civitas Petrucoriorum, cité gallo-romaine des Pétrocores, sur le site du temple antique dédié au dieu Mars, au début du VIe siècle, l'évêque Chronope II fait ériger la première église de Périgueux. Sur ce même site, la construction d'une nouvelle église débute au XIe siècle par la travée ouest et se termine au XIIe siècle par le chœur.

Cet édifice devient la première cathédrale de Périgueux. Au départ elle possédait une nef unique à trois travées carrées, un chevet plat et deux coupoles. À son apogée, elle comprendra quatre coupoles et un clocher avant les premières destructions.

La cathédrale subit d'importants dommages en 1577 : un incendie et la destruction de la moitié de l'édifice par les huguenots.

La cathédrale perd alors les deux premières travées ouest, couvertes de coupoles, ainsi que le clocher-porche. Le clocher-porche sera restauré en 1620. En 1652, la cathédrale subit une seconde phase de dommages lors des évènements de la Fronde.

En 1669, le siège épiscopal est transféré à l'église Saint-Front qui devient la cathédrale Saint-Front. La cathédrale Saint-Étienne-de-la-Cité redevient alors simple église.

L'année 1907 voit le début d'une importante campagne de restauration, dirigée par l'architecte Henri Rapine. Il est à noter lors de cette restauration que la couverture en tuiles de la travée occidentale est remplacée par une couverture en pierre.

De 2010 à 2012 (façades est, sud et ouest[2]), puis en 2017-2018 (façade et coupole nord[2]), l'ensemble extérieur de l'édifice est restauré pour un coût total de 800 000 euros TTC financé pour plus de la moitié par l'État[3]. De début 2019 jusqu'au printemps 2020, la restauration va concerner l'intérieur du bâtiment (murs, voûtes et vitraux)[2].

Aujourd'huiModifier

Bien que largement amputée, l'ancienne cathédrale a conservé une travée d'origine de style roman et deux des quatre coupoles, dont une de quinze mètres de diamètre.

L'église renferme quelques éléments remarquables :

  • le tombeau du XIIe siècle de Jean d'Asside, évêque de Périgueux[4],
  • un retable du XVIIe siècle en chêne et noyer provenant du collège des Jésuites[5],
  • un orgue de tribune, orgue baroque fabriqué par Carouge au XVIIIe siècle[6],
  • un orgue de chœur fabriqué par Boisseau,
  • une chaire du XVIIe siècle,
  • un chemin de croix signé J.-J. Giraud.
  • une inscription (table) des dates de Pâques gravée sur une plaque et provenant du mur sud de la pièce de l'autel de l’ancienne cathédrale[7].

Retable et chaire à prêcher du collège des jésuitesModifier

 
Le retable
 
La chaire

Un collège des jésuites existe à Périgueux depuis 1530. Les jésuites chassés de Bordeaux en 1589 sont venus s'établir à Périgueux et, dès 1592, ont été chargés de la direction du collège mais, deux ans plus tard, l'attentat de Jean Châtel a entraîné leur proscription du royaume. Cependant les archives municipales montrent que cela n'a pas été le cas à Périgueux. L'évêque de Périgueux et son chapitre certifient au roi que les jésuites sont bien présents le . Ils prêtent serment de fidélité au roi en 1604. En mars 1605 est posée la première pierre du grand bâtiment, c'est-à-dire la maison d'habitation. En 1631, un frère architecte prend la direction des travaux, avec probablement la chapelle. La chapelle du collège n'est pas terminée en 1644. Entre 1644 et 1651, les travaux de construction sont dirigés par le frère Legereau aidé par les frères Haroué puis Biziou. Il n'y a plus de mention de travaux après 1651. En 1654, le frère Simon Taillefer travaille à dorer le tabernacle. Une minute du notaire Maigne du mentionne le dernier paiement des verrières[8].

Un contrat du mentionne un sculpteur de Rouen, « Mathieu le Pilleux, habitant au collège des R.P. Jésuites et par eux employé à la faction et à la construction de leur tabernacle »[9]. Il a peut-être travaillé sur l'autel entre 1652 et 1660[10] mais cette hypothèse a été critiquée en attribuant l'autel au Père Laville ou au Père Belleville qui est présent à Périgueux entre 1684 et 1690 où il est cité comme faber lignaris. Le chanoine Roux préfère lui attribuer la chaire de la chapelle.

Le , le parlement de Paris supprime la Compagnie de Jésus. Le collège a continué sous la direction des Jacobins, puis des Missionnaires, enfin des Doctrinaires jusqu'à la Révolution. Il va servir de lieu de réunion et la chapelle de musée. En 1808, on propose d'y installer la préfecture de la Dordogne. La chapelle est démolie en 1811 et les matériaux servent à construire le porche d'entrée de la préfecture. Celle-ci occupe l'ancien collège jusqu'en 1862. Les bâtiments servent ensuite de caserne, puis d'école de dessin. En 1883 y est installé l'école normale d'institutrices, l'inspection d'académie, puis les archives départementales. Après le départ des archives, les bâtiments deviennent l'Espace François Mitterrand, place Hoche, en 1996[11].

Le grand retable fait par Mathieu le Pilleux pour le collège des jésuites a été placé dans l'église Saint-Étienne-de-la-Cité[12]. Il en a été de même pour la chaire à prêcher[13].

OrgueModifier

Marin Carouge (1667-1735) a construit un orgue pour la cathédrale Saint-Front de Périgueux. L'orgue est restauré en 1824 par Loiselot.

La maison Merklin devant construire en 1870 un nouvel orgue pour la cathédrale, l'orgue de Carouge est démonté. Quelques années plus tard, la fabrique de l'église Saint-Étienne-de-la-Cité a acheté l'orgue de Carouge qui est remonté dans l'église vers 1885.

L'orgue est recomposé et agrandi en 1904 par Charles Mutin. Il est inauguré le par Alexandre Guilmant et Fernand de La Tombelle. L'orgue est restauré entre 1972 et 1977.

Le facteur d'orgue Bartholoméo Formentelli a restitué un orgue proche de celui de Carouge entre 1990 et 1993. Il est inauguré par Michel Chapuis.

ProtectionModifier

L'église est classée en 1840 au titre des monuments historiques[1].

Galerie de photosModifier

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Notes et référencesModifier

  1. a et b « Église Saint-Étienne-de-la-Cité », notice no PA00082729, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 9 mai 2011.
  2. a b et c Benoît Martin, « L'église de la Cité met en valeur sa beauté intérieure », Sud Ouest édition Périgueux, 14 février 2019, p. 15.
  3. Benoît Martin, « L'église de la Cité achève de se refaire une beauté », Sud Ouest édition Périgueux, 15 novembre 2017, p. 16.
  4. « Tombeau de Jean d'Asside », notice no PM24000281, base Palissy, ministère français de la Culture, consulté le 8 janvier 2011.
  5. « Autel, retable », notice no PM24000282, base Palissy, ministère français de la Culture, consulté le 8 janvier 2011.
  6. « Orgue de tribune, buffet d'orgue », notice no PM24000286, base Palissy, ministère français de la Culture, consulté le 8 janvier 2011.
  7. (de) Uwe Topper, Die Ostertafel von Périgueux, Berlin, 13 décembre 2010.
  8. Chanoine J. Roux, L'église et l'autel de l'ancien collège des jésuites à Périgueux, dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1939, tome 66, p. 428-423 (lire en ligne).
  9. Chanoine J. Roux, Projet d'autel en bois sculpté par un artiste normand : Mathieu le Pilleux, dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1921, tome 48, p. 143-147 (lire en ligne)
  10. Simone de Montessus de Ballore, « Les retables et les tabernacles des XVIIe et XVIIIe siècles dans les églises de la Creuse », dans Mémoires de la société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse, 1937, p. 573, cite Mathieu le Pilleux comme sculpteur de boiseries à Guéret en 1660 (lire en ligne)
  11. Conseil départemental de la Dordogne : Espace Culturel François Mitterrand à Périgueux.
  12. « autel, retable (maître-autel) », notice no PM24000282, base Palissy, ministère français de la Culture
  13. « Chaire à prêcher », notice no PM24000287, base Palissy, ministère français de la Culture, consulté le 8 janvier 2011.

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • Félix de Verneilh, L'architecture byzantine en France, Librairie archéologique de Victor Didron, Paris, 1851 p. 171-179 (lire en ligne), planches 10 à 11 (voir)
  • Géraud Lavergne, « Les réparations de l'église de la cité de Périgueux au XVIIe siècle », dans Bulletin monumental, 1914, tome 78, p. 339-354 (lire en ligne)
  • Marquis de Fayolle, Ancienne cathédrale Saint-Étienne de la Cité, dans Congrès archéologique de France. 90e session. Périgueux. 1927, Société française d'archéologie, Paris, 1928, p. 66-107 (lire en ligne)
  • Chanoine Joseph Roux, « Église de la Cité. Restauration de la coupole de l'est au XVIIe siècle», dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 1941, tome 68, p. 113-120 (lire en ligne)
  • Jean Secret, À propos des chambres ménagées dans les grands arcs d'une coupole, dans Bulletin Monumental, 1967 tome 125, no 2, p. 157-165 (lire en ligne)
  • Jean Secret, Périgord roman, éditions Zodiaque (collection la nuit des temps no 27, La Pierre-qui-Vire, 1979, p. 38-44
  • Christian Corvisier, Périgueux : Église Saint-Étienne de la Cité, dans Congrès archéologique de France. 156e session. Monuments en Périgord. 1998, Société française d'archéologie, Paris, 1999, p. 368-370

Articles connexesModifier

Liens externesModifier