Église Notre-Dame de Châtel-Montagne

église située dans l'Allier, en France
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Église Notre-Dame
Vue sur Châtel-Montagne
Vue sur Châtel-Montagne
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église paroissiale
Rattachement Archidiocèse de Clermont
Début de la construction XIe siècle
Fin des travaux XIIe siècle
Style dominant Roman
Protection Monument historique (1840)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Allier
Ville Châtel-Montagne
Coordonnées 46° 06′ 50″ nord, 3° 41′ 01″ est
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Église Notre-Dame
Géolocalisation sur la carte : Allier
(Voir situation sur carte : Allier)
Église Notre-Dame
Vue d'ensemble
Chevet
Elévation de la nef

L'église Notre-Dame à Châtel-Montagne dans l'Allier faisait partie d'un prieuré clunisien du XIe siècle. Elle est un joyau de l'art roman.

HistoireModifier

L'église de la Vierge-Marie de Châtel-Montagne a été donnée par Dalmas de Châtel-Montagne vers 1081-1088 à l'abbaye de Cluny. Une copie de l'acte de donation indique la date de fondation du prieuré au 2 mai 1082. Cette donation a été contestée par deux frères de Dalmace. Mais cela n'a pas empêché le pape Urbain II de confirmer la possession du prieuré par l'abbaye de Cluny le 16 mars 1095. Cette donation concerne également la chapelle castrale, ainsi que des biens importants : la donation est conséquente et va permettre la mise en place d'une petite communauté.

Un acte du 21 septembre 1131, Aimeric, évêque de Clermont, donne son accord à Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, reconnaissant au prieur de Châtel-Montagne de nommer à la cure d'Arfeuilles.

Le prieuré est installé pour trois ou quatre moines (ce qui est attesté en 1270, 1295, et 1354). En 1331, le prieuré passe dans la mense de celui du prieuré féminin Laveine près de Maringues (Puy-de-Dôme), le XIVe siècle marquant le repli des petits établissements[1].

Les visiteurs clunisiens signalent que les bâtiments conventuels sont en mauvais état en 1354, 1386 et 1417.

En 1501, le prieuré de Laveine est réformé par l'abbé de Cluny Jacques d'Amboise. Le prieur a alors cédé tous ses droits à la prieure Gabrielle de Polignac pour gérer le temporel du prieuré.

Il y a encore des moines au prieuré de Châtel-Montagne en 1679. On ne sait pas très bien dans quelles circonstances ils quittèrent le prieuré. Quand des moines étaient présents dans le prieuré, ils célébraient la messe sur le maître-autel situé dans l'abside. Les messes de la paroisse se faisaient sur le maître-autel consacré à saint Genest placé à l'est de la nef. Quand ils quittèrent le prieuré, les offices de la paroisse sont alors transférés sur le maître-autel de l'abside. L'autel consacré à saint Genest a été détruit entre 1698 et 1702.

Historique de la construction de l'égliseModifier

En l'absence de documents concernant la construction et permettant de connaître d'une manière certaine les dates de construction, les étapes probables ont été définies en 1905 par Eugène Lefèvre-Pontalis.

La première phase de construction concerne la nef de l'église, les collatéraux et le transept dont les parties basses remontent au début du XIIe siècle.

Les parties hautes de la nef, à partir de la fausse tribune, les voûtes des collatéraux et le porche occidental ont dû être construits vers 1150.

Les voûtes du transept et le chœur datent de la fin du XIIe siècle.

Le porche d'entrée sud a été construit au XIIIe siècle.

Bernard Craplet critique cet historique en indiquant que l'homogénéité de la nef ne justifie pas de couper en deux phases de construction de la nef. Elle aurait été entièrement construite en 1100 et 1125. La partie la plus ancienne de l'église serait le transept qui aurait été construit au XIe siècle puis modifié au début du XIIIe siècle. Le porche occidental aurait été construit ensuite, au milieu du XIIe siècle, en avant de l'ancienne façade occidentale.

En 1835, la première absidiole côté nord est démolie et remplacée par une chapelle rectangulaire.

L'église est classée Monument historique en 1840[2]. Le porche latéral sud menaçant ruine, la municipalité veut le détruire en 1850. Le ministère chargea alors l'architecte Eugène Millet de faire un rapport sur l'état du bâtiment en 1852. Le porche latéral sud est reconstruit en 1853. Les toitures sont refaites en 1864-1865. Puis les travaux de restauration sont réalisés par l'architecte Georges Darcy entre 1873 et 1876.

DescriptionModifier

L'édifice date majoritairement du XIIe siècle (une reconstruction sans doute liée à l'installation de la communauté), mais il a subi quelques transformations au XIXe siècle (partie sud). La façade ouest, très austère, mais aussi très majestueuse dans sa sobriété, se compose d'un porche et d'une travée en avant d'un mur à pignon. On pénètre ensuite dans une nef de quatre travées avec un transept peu saillant, suivi d'un chœur à déambulatoire et de quatre chapelles rayonnantes[1].

Le décor des chapiteaux du chœur est constitué majoritairement de végétaux : palmettes, acanthes, feuilles plates, et d'animaux. Dans les bas-côtés, on remarque un âne, une sirène-poisson. Le matériau utilisé est un granit local souvent à gros grains, ce qui explique le faible développement du décor sculpté. L'église est le résultat d'influences multiples, ce qui se comprend en raison de sa localisation aux limites de la Bourgogne et de l'Auvergne[1].

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Arlette Maquet, « Une église remarquable: Châtel-Montagne », Dossiers d'Archéologie, no 275,‎
  2. « Église Notre-Dame », notice no PA00093052, base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Bernard Craplet, Auvergne romane, La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, coll. « La nuit des temps n° 2 », 4e édition 1995 (ISBN 978-2736901912), p. 216-221
  • Eugène Lefèvre-Pontalis, « L'Église de Châtel-Montagne (Allier) », Bulletin monumental, Paris / Caen, A. Picard / H. Delesques, vol. 69,‎ , p. 505-517 (ISSN 0007-473X, lire en ligne)
  • Jean-Pierre Ravaux, « L'église Notre-Dame de Châtel-Montagne », Congrès archéologique de France, 146e session. Bourbonnais. 1988, Paris, Société Française d'Archéologie,‎ , p. 133-154
  • Pierre Héliot, « Les murs-diaphragmes longitudinaux dans l'architecture religieuse du Bas Empire et du Moyen Age », Arte Lombarda, vol. 8, no 1,‎ , p. 123 (lire en ligne, consulté le 13 mai 2018).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier