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Véra Obolensky

résistante française
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La princesse Véra Obolensky (en russe : Вера Аполлоновна Оболенская, Vera Apollonovna Obolenskaïa, née Makarova), surnommée Vicky, née le et morte le guillotinée à la prison de Plötzensee à Berlin, est une héroïne de la résistance française d'origine russe.

Vladimir Poutine visitant la tombe de Véra Obolensky (2000)

BiographieModifier

Son père, Apollon Apollonovitch Makarov (mort en 1953) faisait partie de la haute société russe, car il avait été vice-gouverneur à Bakou, la famille émigre à Paris pendant la guerre civile russe, en 1920. À neuf ans, elle sera désormais munie d'un passeport Nansen. Après ses études, elle trouve du travail en étant mannequin dans des maisons de couture russes de Paris, puis en devenant secrétaire. Elle épouse le prince Nicolas Alexandrovitch Obolensky (1900-1979) en 1937[1].

Dès le début de l'occupation de la France en juin 1940, Véra Obolensky entre dans un groupe de résistance française. Son groupe s'agrège avec d'autres groupes et devient L'Organisation Civile et Militaire (OCM). Ce mouvement, dont Jacques Arthuys est le chef (Vicky fut sa secrétaire durant dix ans), est chargé de renseignements et d'évacuer à l'étranger des prisonniers de guerre britanniques. Rapidement, la princesse Obolensky, surnommée Vicky, devient secrétaire générale de l'organisation et participe à des actions de coordination. À partir de 1943, elle aide aussi les prisonniers soviétiques. Elle fait partie des Forces françaises libres à travers le Groupe de Dourdan (grade P2) à l'été 1943 et crée une Union des Patriotes russes.

Véra Obolensky est arrêtée par la Gestapo le 17 décembre 1943, mise en prison, torturée et interrogée. Après le débarquement de Normandie, elle est transférée à Berlin car depuis 1887 (affaire Georgette Lebon épouse Thomas) l'usage était de ne plus exécuter les femmes en France (hormis le cas de Marie-Louise Giraud en 1943 pour avortements). Elle ne parle toujours pas, mais évoque sa foi chrétienne. Elle est guillotinée dans la prison de Plötzensee[2]. Il en avait été meme pour Olga Bancic, condamnée à mort à Paris en février 1944 dans le cadre de l'Affiche rouge (groupe Manouchian), guillotinée à Stuttgart le 10 mai 1944.

« Vicky » n'a pas de tombe, mais trois plaques immortalisent sa mémoire en France : deux au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois, la dernière à Rueil-la-Gadelière où elle vécut dans les années 1940 avec son époux Nicolas, lui aussi résistant (Lieutenant FFI), déporté et torturé par les nazis. Devenu prêtre orthodoxe après la guerre, l'archiprêtre Nicolas desservit la cathédrale orthodoxe russe Saint-Alexandre-Nevsky à Paris ainsi que de nombreuses paroisses de province.

En 1958, au cours d'une cérémonie officielle à Rueil-la-Gadelière, elle reçoit à titre posthume la croix de chevalier de la Légion d'honneur et la croix de guerre.

Notes et référencesModifier

  1. L'annonce de leurs fiançailles est visible dans le Figaro, numéro 80 du dimanche 21 mars 1937, page 2.
  2. Gilles Perrault retrace son itinéraire dans La longue traque, Fayard

Voir aussiModifier