Thesprotes

ancienne tribu grecque qui habitait la région d'Epire

Thesprotes
Image illustrative de l’article Thesprotes
L'Épire dans l'Antiquité.

Période Antiquité
Ethnie Grecs
Langue(s) Dorien
Religion Religion grecque antique
Villes principales Cichyros (Éphyra)
Région d'origine Épire
Région actuelle Thesprotie en Grèce

Les Thesprotes (en grec ancien Θεσπρωτοί / Thesprôtoi) sont dans l'Antiquité l'une des trois grandes tribus (ethné) de l'Épire avec les Molosses et les Chaoniens.

GéographieModifier

Strabon place le territoire des Thesprotes, eux-mêmes divisés en plusieurs tribus, sur la côte sud-ouest de l'Épire. La Thesprotie s'étend entre le golfe Ambracique au sud, jusqu'à la Thiamis au nord, et entre les montagnes du Pinde à l'ouest et la mer Ionienne à l'est. Selon la légende, le pays tire son nom du chef pélasge Thesprotos, qui a bâti Cichyros (Ephyra), la capitale. Les autres villes importantes sont : Pandosia, Titani, Cheimerium, Toryne, Phanote, Cassope, Photice, Boucheta, Batiai et Thesprotia.

Les Thesprotes sont voisins des Chaoniens, à leur frontière nord-est, et des Molosses, à leur frontière nord.

MythologieModifier

Selon la Telegonie, Ulysse est venu sur la terre de Thesprotie où il est resté pendant un certain nombre d'années. Il épouse la reine de Thesprotie, Callidice, et a un fils avec elle, prénommé Polypoétès. Ulysse meent les Thesprotes dans la guerre contre les Brygi mais perd la bataille parce qu'Arès était du côté ce des derniers. Athéna soutient Ulysse en engageant le dieu de la guerre dans une autre confrontation jusqu'à ce qu'Apollon les sépare. À la mort de Callidice, Ulysse rentre chez lui à Ithaque, laissant son fils Polypoétès, régner sur la Thesprotie[1].

HistoireModifier

Homère mentionne la Thesprotie dans l'Odyssée[2]. Durant les Siècles obscurs, les Thesprotes envahissent l'Éolie à laquelle ils auraient donné le nom de Thessalie, par allusion à Thessalos, leur antique chef légendaire, descendant d'Héraclès, et la divisent en quatre districts : la Thessaliotide, la Phthie, la Pélasgiotide et l'Histiéotide.

Selon Strabon et Plutarque, les Thesprotes sont avec les Chaoniens et les Molosses les plus importantes tribus parmi les quatorze tribus d'Épire. Une inscription de Goumani, datée de la seconde moitié du IVe siècle av. J.-C. nous apprend que leurs institutions sont semblables à celles des autres tribus épirote à l'époque : prostatès (« protecteur »), grammateus (« secrétaire »), synarchontes (« codirigeants »), etc.

Les tribus épirotes, y compris les Thesprotiens, pratiquent la même religion que les autres Grecs, avec Zeus comme divinité principale. Leur centre religieux est à Dodone, le plus ancien sanctuaire panhellénique de Grèce et l'un des principaux oracles du monde grec. Les Thesprotes contrôlent le sanctuaire de Dodone avant qu'il ne soit pris par les Molosses au cours du Ve siècle av. J.-C. Les Thesprotes reçoivent donc reçu des ambassadeurs religieux (thèores), comme indiqué dans les catalogues de théorodokoi, et participent aux jeux et festivals panhelléniques[3].

Au Ve siècle av. J.-C., les Thesprotes sont alliés aux Corinthiens qui ont fondé des colonies sur la côté épirote. D'après Thucydide, ils perdent leur royauté avant 429 av. J.-C., comme les Chaoniens. Durant la guerre du Péloponnèse, ils sont alliés à Athènes. Vers 400, Kassopaea, Dodone, à l'est de la Thesprotie, sont occupés par les Molosses. Au milieu du Ve siècle av. J.-C., est formée la Ligue des Thesprotes qui est allié à la Macédoine entre 343 et 300. Les Thesprotes rejoignent la Ligue des Molosses vers 300 puis la Ligue épirote entre 220 et 167. Après que l'Épire soit conquise par les Romains, ils font partie de la province de Macédoine de 148 à 27 av. J.-C., avant d'être intégré à la province d'Achaïe.

Notes et référencesModifier

  1. Télégonie, fragment 1.
  2. Homère, Odyssée [détail des éditions] [lire en ligne], XIII.
  3. (en) Miltiades Hatzopoulos, « The Boundaries of Hellenism in Epirus during Antiquity », dans Michael V. Sakellariou, Four Thousand Years of Greek History and Civilization. Athens, Ekdotike Athenon, , p. 140-145.

BibliographieModifier

  • Pierre Cabanes, L'Épire de la mort de Pyrrhos à la conquête romaine (272-167 av. J.-C.), Besançon, Université de Franche-Comté, (lire en ligne).
  • (en) William Bowden, Epirus Vetus : : The Archaeology of a Late Antique Province, London, Gerald Duckworth & Co. Limited, (ISBN 0-7156-3116-0).
  • (en) N.G.L. Hammond, Epirus : The Geography, the Ancient Remains, the History and the Topography of Epirus and Adjacent Areas, Oxford, The Clarendon Press, .
  • (en) Michael V. Sakellariou, Epirus, 4000 Years of Greek History and Civilization, Athens, Ekdotike Athenon, (ISBN 960-213-371-6).

Articles connexesModifier