Thérèse-Cunégonde Sobieska

Thérèse-Cunégonde Sobieska
Illustration.
Thérèse-Cunégonde Sobieska.
Titre
Électrice consort de Bavière

(31 ans, 1 mois et 24 jours)
Prédécesseur Henriette-Adélaïde de Savoie
Successeur Marie-Amélie d'Autriche
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Varsovie
Date de décès (à 54 ans)
Lieu de décès Venise
Sépulture Église des Théatins
Père Jean III Sobieski
Mère Marie Casimire Louise de La Grange d'Arquien
Fratrie Jacques-Louis-Henri
Aleksander Benedykt
Konstanty Wladyslaw
Jean
Conjoint Maximilien-Emmanuel de Bavière
Enfants Charles VII
Ferdinand-Marie-Innocent de Bavière

Clément-Auguste
Jean-Théodore

Thérèse-Cunégonde Sobieska (1676-1730) était le second enfant de Jean III Sobieski, roi de Pologne, et de Marie-Casimire-Louise de La Grange d'Arquien. Elle fut régente du gouvernement de l'électeur de Bavière pendant 7 mois en 1704/1705.

BiographieModifier

Thérèse est baptisée à Jaworow le 19 juillet 1676, ayant pour parrain Charles II, roi d'Angleterre et pour marraine Marie-Thérèse d'Autriche, femme de Louis XIV[1]. Elle avait un frère aîné, Jacques-Louis-Henri Sobieski ainsi que trois plus jeunes frères : Aleksander Benedykt (1677-1714), Konstanty Wladyslaw (1680-1720) et Jean (1682-1685).

Elle reçoit une education en latin, italien et français. À la cour royale, Thérèse est passionnée de peinture et de musique. Début 1692, son père prévoit de la marier au prince du Danemark mais ce project est abandonné[2].

Le 15 août 1694, à l'âge de dix-neuf ans, elle épouse Maximilien-Emmanuel de Bavière, gouverneur des Pays-Bas espagnols et électeur de Bavière. Il est ancien compagnon d'armes de son père et veuf de Marie-Antoinette d'Autriche. Le mariage a lieu par procuration, son frère aîné remplaçant le marié, à Varsovie et les mariés ne se rencontreront que le 1 Janvier 1695 à Bruxelles.[2] Son voyage,financé par sa mère, durera environ 50 jours et sera accompagné de fastes.[3] Sa dot est de 500,000 thalers.

Depuis les Pays-Bas, Thérèse donne naissance à 6 enfants avant que la famille ne déménage à Munich en mai 1701. À la suite de l'évacuation de la cours bavaroise des Pays-Bas espagnols après la défaite de la bataille de Blenheim (le 13 août 1704), elle devient princesse régente du gouvernement de l'électeur de Bavière. La manoeuvre est habile puisque, juridiquement, la guerre était contre l’Électeur et non Thérèse. Ce fut la seule fois où une femme dirigea l'Électorat de Bavière.[4] Cependant l'empereur Léopold Ier la force à signer le traité d'Ilbersheim, le 5 novembre 1704. Celui-ci inclut un cessez-le-feu et ne lui donne que la responsabilité du Rentamt Munich, l'un des quatre districts administratifs du duché de Bavière, tandis que le reste de la Bavière est placée sous la tutelle militaire de l'Empire d'Autriche.[5] Au début de cette période, Thérèse essaie de décider en collaboration avec Max Emanuel mais le courier prend trop de temps pour que cela soit efficace. Elle doit aussi faire face à la défection d'une partie de la noblesse bavaroise en faveur de l'empereur[6].

Le 21 Decembre 1704, elle donne naissance au dernier de ses garcons. En février 1705, elle part rencontrer sa mère à Padoue suite à la découverte d'une correspondance écrite entre son mari et la comtesse d'Arco, Agnès Le Louchier, sa maîtresse. À son retour en mai, L'armée impériale ne lui permettra pas de revenir à Munich, en violation du traité d'Ilbersheim. Ses quatre fils sont gardés par les Autrichiens à Klagenfurt tandis que les ses deux plus jeunes garcons et sa fille sont à Munich[2].

Après la bataille de Ramillies, le 23 mai 1706, Max Emanuel est contraint de fuir les Pays-Bas espagnols et trouve refuge à la cour de France située à Versailles. Max Emmanuel vivra avec sa maîtresse française Agnès Le Louchier pendant son exil de 1704 à 1715.

Thérèse essaie de négocier son retour à Munich auprès de l'Empereur en demandant l'aide de la République de Venise, du Pape Clément XI, du prince Eugène de Savoie et de la reine d'Angleterre. Elle tenta d'utiliser comme médiateurs le duc de Modène et la grande-duchesse de Toscane mais sans résultats.[7] Sur le plan domestique, les retributions financières et militaires imposées par Joseph Ier créent de nombreuses révoltes et elle perd un fils.[8] Par conséquent, Thérèse passe dix ans en exil à Venise, ne revenant qu'en 1715 lorsque la guerre de Succession d'Espagne se termine et que Max Emanuel retrouve son électorat le 7 septembre 1714 par le Traité de Baden. Malgré un court règne de 7 mois, Thérèse laisse un bilan positif où notamment le role de la noblesse fut amélioré[7].

le 8 avril 1715, elle retrouve son mari et fonde le monastère Servitinnen à Munich dédié à Sainte Elisabeth la même année.

À la mort de son mari en février 1726, elle ne se remarie pas et une fois son fils aîné Charles VII devenu empereur, elle se retire à Venise[9].

Après sa mort, son corps est transféré à Munich et enterré dans un cercueil auprès de son mari, dans la crypte princière de l'église des Théatins, construite par son beau-père, Ferdinand-Marie de Bavière.

PostéritéModifier

De son mariage avec Maximilien-Emmanuel naîtront dix enfants:

Liens externesModifier

RéférencesModifier

  1. (en) Wojciech Skalmowski, For East is East: Liber Amicorum Wojciech Skalmowski, Peeters Publishers, (ISBN 978-90-429-1298-4, lire en ligne)
  2. a b et c « Teresa Kunegunda Sobieska », sur www.wilanow-palac.pl (consulté le 19 mai 2020)
  3. « Poznań fireworks of Teresa Kunegunda Sobieska », sur www.wilanow-palac.pl (consulté le 19 mai 2020)
  4. (de) Britta Kägler, « zeitenblicke - Weibliche Regentschaft in Krisenzeiten. Zur Interimsregierung der bayerischen Kurfürstin Therese Kunigunde (1704/05) » [« Le règne féminin en temps de crise. Sur le gouvernement intérimaire de l'électeur bavarois Thérèse Kunigunde (1704/05) »], Weibliche Herrschaft als Chance in der Krise: Interimsregierung 1704/05 <10>, sur www.zeitenblicke.de, zeitenblicke 8 , n ° 2, 30 juni 2009 (consulté le 20 mai 2020)
  5. (en) Linda S. Frey, Linda Frey et Marsha Frey, The Treaties of the War of the Spanish Succession: An Historical and Critical Dictionary, Greenwood Publishing Group, (ISBN 978-0-313-27884-6, lire en ligne)
  6. (de) Britta Kägler, « zeitenblicke - Weibliche Regentschaft in Krisenzeiten. Zur Interimsregierung der bayerischen Kurfürstin Therese Kunigunde (1704/05) » [« Le règne féminin en temps de crise. Sur le gouvernement intérimaire de l'électeur bavarois Thérèse Kunigunde (1704/05) »], sur www.zeitenblicke.de, zeitenblicke 8 , n ° 2, 30 juni 2009 (consulté le 23 mai 2020), <12>
  7. a et b (de) Britta Kägler, « zeitenblicke - Weibliche Regentschaft in Krisenzeiten. Zur Interimsregierung der bayerischen Kurfürstin Therese Kunigunde (1704/05) » [« Le règne féminin en temps de crise. Sur le gouvernement intérimaire de l'électeur bavarois Thérèse Kunigunde (1704/05) »], sur www.zeitenblicke.de, zeitenblicke 8 , n ° 2, 30 juni 2009 (consulté le 23 mai 2020), <15> + <17>
  8. (en) Linda S. Frey, Linda Frey et Marsha Frey, The Treaties of the War of the Spanish Succession: An Historical and Critical Dictionary, Greenwood Publishing Group, (ISBN 978-0-313-27884-6, lire en ligne)
  9. « Teresa Kunegunda Sobieska in Venice », sur www.wilanow-palac.pl (consulté le 20 mai 2020)
 
Thérèse-Cunégonde Sobieska, électeur de Bavière, par Franz Joseph Winder vers 1725
 
Thérèse-Cunégonde Sobieska