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Théodore de Korwin Szymanowski

écrivain polonais francophone
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Théodore de Korwin Szymanowski
Description de l'image Theodore de Korwin Szymanowski.jpg.
Nom de naissance Teodor Korwin Szymanowski
Naissance
Cygów (Mazovie)
Décès (à 55 ans)
Kiev (Empire russe)
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français

Théodore de Korwin Szymanowski, né Teodor Korwin Szymanowski, né le à Cygów en Mazovie et mort le à Kiev, est un écrivain politique et poète polonais.

Sommaire

BiographieModifier

 
Armoiries du clan Ślepowron et de la famille Korwin.

JeunesseModifier

Teodor Dyzma Makary Korwin Szymanowski est issu d’une très ancienne famille mazovienne de magistrats et de sénateurs, (le peintre Jacek Malczewski et le compositeur Karol Szymanowski sont ses cousins)[1]. Il naît le à la propriété familiale de Cygów, près de Radzymin en Pologne, deuxième des quatre enfants de Feliks Korwin-Szymanowski (pl) (1791-1867), chevalier de la Légion d’honneur, officier dans la campagne de Russie, et de Maria Lubieńska, petite-fille du comte Feliks Łubieński, ancien ministre de la Justice du duché de Varsovie.

FormationModifier

De 1857 à 1863, il fait ses études au collège jésuite Saint-Clément de Metz. Celles-ci sont interrompues, à l’insu de ses parents, par son départ clandestin du collège, avec un groupe de camarades polonais qui espèrent participer à l’Insurrection polonaise de 1861-1864 qui éclate pour de bon en janvier 1863. D’après le témoignage de son grand-oncle, Mgr Konstanty Ireneusz Łubieński (pl), il se fait arrêter à Cracovie[2].

De retour dans la maison familiale, en 1864 il est témoin de la libération des serfs dans la partie russe de la Pologne (voir Partitions de la Pologne), ce qui semble faire pour lui un futur lien entre le servage en Russie et l’esclavage en Afrique. À vingt ans, il hérite des biens de son père. Un mariage en 1874 avec Julia Bożeniec Jełowicka lui apporte des supports mais aussi une famille de 8 enfants. Son fils aîné est Feliks Maria Mateusz Korwin Szymanowski (pl), ingénieur centralien de Paris et prêtre.

Carrière d’écrivainModifier

Anticipation d’une Europe UnieModifier

À l’époque connu surtout dans le milieu de la noblesse polonaise en déclin, dû à la russification du pays et éparpillée entre le territoire de l’ancien duché de Varsovie et l’Ukraine, les deux autres puissantes séparatistes, prussienne et autrichienne, et parmi les immigrés polonais en France, ses écrits polémistes, en langue française, n’émergent à la lumière du jour qu’au début du XXIe siècle[3],[4],[5]. Dans L’Avenir économique, social et politique en Europe[6], Szymanowski propose une Europe unie (voir Marché commun européen), cernée par une union douanière, avec une banque centrale, une union monétaire et une devise commune, de préférence le franc français[7]. Les dépenses gouvernementales seraient basées sur des statistiques avancées. Selon Szymanowski, ses théories surgissent de son analyse pratique du fonctionnement administratif de l’Empire russe. Or, il faudra attendre encore deux guerres mondiales et 70 ans pour que les architectes du projet européen, comme Robert Schuman et Jean Monnet parmi d’autres, mettent en place les principes posés par Théodore de Korwin Szymanowski.

Au moment même où il termine sa thèse sur l’Europe, en 1885, Théodore Szymanowski est obligé de quitter pour toujours sa terre natale avec sa famille et trouver un lieu d’exil dans l’Ukraine profonde où il entre dans une entreprise aléatoire d’exploitation des céréales. Il se sépare de la grande bibliothèque des Korwin Szymanowski qui est rétablie dans la propriété de son beau-frère et de sa sœur aînée, Bolesław et Jadwiga Nakwaski. Cette bibliothèque disparaîtra dans un incendie à Nakwasin en 1945 pendant le retrait des « troupes rouges »[8]. Il continue ses écrits, ainsi qu’une correspondance, comme il avère dans ses ouvrages, avec les hauts-fonctionnaires du ministère des Finances à Saint-Pétersbourg et avec des députés français de l’Assemblée nationale pendant la Troisième République.

Projet antiesclavagisteModifier

Sa sensibilité au servage russe, qu’il observe dans sa jeunesse, nourrit son intérêt dans la question de l’esclavage africain et sa recherche d’une solution d’ordre économique autant que moral. En septembre 1890 il assiste au Congrès libre antiesclavagiste tenu à Paris, sous le patronat du pape Léon XIII[9],[10]. Il y publie ses pamphlets sur les réformes parlementaires et douanières et deux sur la question de l’esclavage africain[11],[12],[13]. Son idée pour secourir les Africains consiste surtout en une substitution de la traite des êtres humains par le commerce des minerais, soutenu par une banque centrale africaine qui permettrait aux habitants du continent d’être égaux avec les Européens.

PoésiesModifier

Ses œuvres poétiques sont en langue polonaise[14]. Sa dernière publication, un long poème allégorique en polonais, évoquant un personnage historique, Sophia Olelkovich Radziwill (en), une princesse biélorusse du XVIe siècle, qui refusa de renier sa foi orthodoxe lors de son mariage avec le Magnat catholique, Janusz Radziwiłł (1579-1620), paraît à Kiev. Par la suite, Szymanowski succombe aux soucis financiers et une longue maladie. Il s’éteint le 20 septembre 1901, à l’âge de 55 ans[15].

Ouvrages de Théodore de Korwin SzymanowskiModifier

 
Icône de la princesse Sofia de Sloutsk (1585-1612). Épouse de Janusz Radziwiłł (1579-1620). Cathédrale du Saint-Esprit de Minsk.
  • L’avenir économique, social et politique en Europe, Éd. H. Marot, Paris, 1885.
  • À propos de la conférence de Berlin, Éd. Bourdarie, Paris, 1890.
  • Conférence internationale douanière, Éd. Bourdarie, Paris, 1890.
  • Conférence internationale sur les réformes parlementaires, Éd. Adolphe Reiff, Paris, 1890.
  • L’Esclavage africain, Éd. Adolphe Reiff, Paris, 1891.
Poésie en polonais
  • Historya świata część pierwsza - Stworzenie Aniołów, Éd. Adolphe Reiff, Paris, 1890.
  • Zofija Olelkiewiczówna - księżniczka słucka, Éd. G. L. Frąckewicz, Kiev, 1891.

RéférencesModifier

  1. Jozef Szymanowski + Listy do Starosciny Wyszogrodzkiej ; Éd. avec une introduction de Franciszek Korwin Szymanowski, Polski Instytut Wydawniczy, Varsovie, 1973.
  2. Konstanty Ireneusz Pomian hr. Łubieński, Biskup Sejneński Napisał, Éd. XJ Ściborski, Cracovie, 1898. Librairie digitale de l'université du Michigan.
  3. (pl) « Bibliografia Estreichera » (consulté le 5 janvier 2015), p. 360.
  4. (de) Peter Oliver Loew, Polen denkt Europa. Politische Texte aus zwei Jahrhunderten, Frankfurt am Main, Suhrkamp, (ISBN 3-518-41621-9), p. 19.
  5. (en) Peter Hogg, Ed., The African Slave Trade and its Suppression, London, Cass Library of African Studies, Routledge, (ISBN 978-0-714-62775-5), no. 2997.
  6. (pl + fr) Théodore de Korwin Szymanowski, L’avenir économique, social & politique en Europe [« Przyszłość Europy w zakresie gospodarczym, społecznym i politycznym »], Varsovie, (ISBN 978-83-6374322-2, présentation en ligne), texte français et polonais, avec une postface de Radosław Żurowski vel Grajewski.
  7. L'Avenir économique, social et politique en Europe, Théodore de Korwin Szymanowski, Éd. H. Marot, 1885, Paris.
  8. Nakwascy z Nakwasina, http://www.gimmw.website.pl/n.html.
  9. Documents relatifs au Congrès Libre Antiesclavagiste tenu à Paris le 21, 22 et 23 septembre 1890 à l'œuvre antiesclavagiste.
  10. L'esclavage africain, Théodore de Korwin Szymanowski, Éd. Adolphe Reiff, Paris 1891 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56111931/f4.image
  11. Conférence Internationale sur les Réformes parlementaires, Théodore de Korwin Szymanowski, Éd. A. Reiff, Paris 1890.
  12. Conférence Internationale Douanière, Théodore de Korwin Szymanowski, Éd. Bourdarie, Paris, 1890.
  13. À propos de la Conférence de Berlin, Thédore de Korwin Szymanowski, Éd. Bourdarie, Paris, 1890.
  14. Historya świata część 1sza - Stworzenie Aniołów, Teodor Korwin Szymanowski, Éd. A. Reiff, Paris, 1890.
  15. Zofija Olelkiewiczówna - księżniczka słucka, Teodor Korwin Szymanowski, Éd. G. L. Fronckevič, Kiev, 1891.

Voir aussiModifier