Temple des Carmes (Montauban)

chapelle située à Montauban (Tarn-et-Garonne), en France

Le temple des Carmes est un édifice religieux protestant situé 2 Grand-rue Sapiac à Montauban, région Occitanie. La paroisse de Montauban et des Deux confluents est rattachée à l'Église protestante unie de France.

DescriptionModifier

Le temple est en briques. Il se compose d'une nef terminée par un chœur à cinq pans et couverte de croisées d'ogives. Les travées sont séparées par des pilastres doriques. Le chœur est couvert par une voûte à six branches. Huit chapelles bordent la nef, également voûtées de croisées d'ogives. Une tribune reposant sur 4 piliers implantés sur le péristyle accueille l’orgue[1]. L'orgue se compose de deux claviers, dix-sept jeux et un pédalier complet.

HistoireModifier

 
Le Temple des Carmes : vue de l'abside et de la face nord ouest du cloître

En 1277, une communauté monastique de l'Ordre des Carmes déchaux s’établit à l'extérieur de l'enceinte de Montauban, entre la ville et le site du Tescou. Pendant les guerres de Religion, les moines sont chassés et le couvent est détruit. En 1631, après l’édit de Montpellier, ils retrouvent leur ancien emplacement, et reçoivent de l'intendant Foucault un soutien financier pour construire une église dans l'esprit de la Contre-Réforme. En 1682, l'édifice est consacré. Les bâtiments du couvent son terminés en 1717[2].

Les idées du protestantisme sont diffusées à Montauban dès 1531, au tout début de la Réforme protestante. En 1561, les réformés dirigent la ville. Le premier temple, dit « temple de l’École », est aménagé en 1565. En 1570, Montauban est une capitale du protestantisme français, et est garantie comme place forte par le traité de paix de Saint-Germain-en-Laye. Deux temples supplémentaires sont construits, le « temple vieux » en 1609 et le « temple neuf » en 1617. Ils sont démolis en 1664 et 1683[3]

En 1787, l'édit de Versailles redonne une existence légale aux protestants, restés nombreux dans la région. Pendant la Révolution française, les congrégations sont interdites et les religieux expulsés. Antoine Bernard Lauzet, négociant protestant de Nègrepelisse achète l'édifice au moment de la vente des biens du clergé, en 1791. La Municipalité et du Directoire font des difficultés à autoriser l'exercice du culte, levées par l’intervention du député de la Convention nationale André Jeanbon Saint-André, qui est pasteur à Montauban avant la Révolution. Le , le pasteur Duprat célèbre le premier culte.

L'orgue est acheté en 1850[4]. En 1887 est construit la maison presbytérale, avec bureau, école et appartement du pasteur.

Le , le temple est classé aux monuments historiques[1]. L'orgue est rénové en 1973 et 1977 et 1993. En , une nouvelle pasteure est accueillie, Véronique Técher-Joliez[5],[6].

BibliographieModifier

  • Henri Dubief et Jacques Poujol, La France protestante, Histoire et Lieux de mémoire, Max Chaleil éditeur, Montpellier, 1992, rééd. 2006, p. 450
  • Hélène Guicharnaud, Guide historique des rues de Montauban, Montauban, 1992, Tome 3, p. 500
  • Hélène Guicharnaud, Montauban au XVIIe siècle, 1560-1685 – Urbanisme et architecture, Picard, Paris, 1991
  • René Laurent, Promenade à travers les temples de France, Les Presses du Languedoc, Millau, 1996, p. 520
  • Bernard Reymond, L’architecture religieuse des protestants, Labor et Fides, Genève, 1996

Notes et référencesModifier

  1. a et b « Temple des Carmes, ancienne chapelle des Carmes », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 1er décembre 2019)
  2. « Promenade protestante dans Montauban », sur www.museeprotestant.org, Musée protestant
  3. « Montauban (Tarn-et-Garonne) », sur www.museeprotestant.org
  4. « Historique du temple des Carmes », sur Site de les-amis-de-orgue-des-carmes ! (consulté le 1er décembre 2019)
  5. Magalie Lépinoux, « Montauban. La communauté protestante accueille une nouvelle pasteure », La Dépèche,‎ (lire en ligne)
  6. « Temple de Montauban », sur www.eglise-protestante-unie.fr

Liens internesModifier

Liens externesModifier