Tanneguy III du Chastel

grand Maître de France

Tanneguy III du Chastel, ou Tanguy III du Chatel (1369–1449), est le descendant d'une famille noble bretonne, la famille du Chastel, depuis son aïeul Bernard du Chastel qui participa à la Croisade en Palestine au côté du roi de France Louis IX (Saint Louis).

Tanneguy III du Chastel
Assassinat de Jean sans Peur.jpg
La hache en main, Tanneguy va frapper Jean sans Peur.
Maître de la Chronique d’Angleterre, Bruges, vers 1470-1480. Paris, BnF, Mss fr. 2680, fo 288.
Fonctions
Prévôt de Paris
-
Gouverneur de la Bastille (d)
Biographie
Naissance
Décès
Activité
Famille
Blason de la famille du Chastel.

BiographieModifier

Fils d'Hervé II du Châtel et de Marie de Lescoët, il fait en 1404, pour venger la mort de son frère aîné Guillaume II du Chastel, qui avait été tué devant l'île de Jersey, une expédition contre Dartmouth en Angleterre dont il revint chargé d'un gros butin. En 1410, à Rome, il commande les troupes que Louis II d'Anjou, roi de Sicile, a envoyé pour soutenir l'antipape Alexandre V contre Ladislas Ier de Naples, usurpateur de la couronne de Sicile[1]. De retour en France, il sert le dauphin Louis, duc de Guyenne, qui en fait son maréchal de Guyenne.

Il est en 1415 chambellan du roi Charles VI et prévôt de Paris, chargé de l'ordre dans la ville et chasse les Bourguignons de Chevreuse et participe à la bataille d'Azincourt ().

En 1417, il est nommé maréchal et gouverneur de la Bastille, par le dauphin Charles, futur Charles VII qu'il a sauvé lors de l'émeute parisienne des Cabochiens en mai 1413 et dont il est l'un des favoris. Il s'oppose aux partisans du duc de Bourgogne qui cherchent à s'emparer de la capitale le sauvant le dauphin avec l'aide d'Ambroise de Loré qui le fait sortir de Paris et conduire à Melun. Dans la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, il est un des chefs du parti Armagnac aux côtés de Bernard VII d'Armagnac, connétable de France. Il négocie au nom du dauphin la paix du Ponceau avec le duc de Bourgogne Jean sans Peur le jour de l'Ascension 1419, mais il serait, avec Jean Louvet, autre favori de Charles VII, l'un des principaux instigateurs de l'assassinat de Jean sans Peur, duc de Bourgogne , à l'occasion d'une entrevue avec le dauphin à Montereau-Fault-Yonne le .

À partir de 1425, son influence diminue au profit de celle du Connétable de Richemont , futur duc Arthur III de Bretagne, beau-frère du duc de Bourgogne, Philippe le Bon . En 1429, il pèse de tout son poids pour inciter le roi Charles VII à recevoir puis soutenir Jeanne d'Arc ; en effet, certains membres de la Cour soutenaient le principe d'une réconciliation avec les Bourguignons pour faire front commun contre les Anglais, ce qui n'aurait pu se faire qu'à ses dépens et il obtint gain de cause.

En 1446, il quitte la Cour, se retire à Beaucaire et devient sénéchal de Provence. En , il est envoyé en ambassade à Rome près du pape Nicolas V. Il meurt en 1449 en Provence sans laisser d'héritiers de son épouse Sibylle Le Voyer [2].

Il eut un neveu, Tanneguy IV du Chastel ou Tanguy IV du Chatel, mort en 1477, qui fut grand écuyer de France, gouverneur du Roussillon et grand sénéchal de Provence.

Un autre de ses neveux fut Prigent de Coëtivy.

Tanneguy dans les artsModifier

 
Tanneguy du Châtel sauvant le dauphin, tableau d'Auguste Couder, 1828.

Il est représenté en train de sauver le Dauphin sur un tableau peint par Fleury François Richard en 1819 [3] ainsi que sur un tableau d’Auguste Couder de 1828.

Tanneguy est le personnage principal de la bande dessinée historique Le Trône d'argile de Nicolas Jarry, France Richemond, Theo, et Lorenzo Pieri.

Dans son premier roman historique édité en 1835 sous le titre Chroniques de France: Isabel de Bavière[4], Alexandre Dumas donne de Tanneguy, l'un des personnages principaux, la description personnelle suivante:

« Quant à Tanneguy Duchâtel, c'est un de ces hommes de tête et de cœur, de courage et d'exécution, dont l'histoire coule en bronze les rares statues; son dévoûment à la dynastie le conduisit à l'assassinat : ce fut sa vertu qui fit son crime. Il commit le meurtre au profit d'un autre, et en garda pour lui la responsabilité : son action est de celles que les hommes ne jugent pas, que Dieu pèse, que le résultat absout. Simple chevalier, il lui fut donné de toucher deux fois aux destinées presque accomplies de l'État et de les changer entièrement : la nuit où il enleva le dauphin de l'hôtel Saint-Paul, il sauva la monarchie; le jour où il frappa le duc de Bourgogne à Montereau, il fit plus encore, il sauva la France. »

RéférencesModifier

  1. Louis Moreri, Le Grand dictionnaire historique, ou Le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane, tome 3, 1759, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5497481f/f560.image.r=Daoulas.langFR
  2. Louis Moreri, Le Grand Dictionnaire historique, ou Le Mélange curieux de l'histoire sacrée et profane, tome III, 1759, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5497481f/f559.image.r=Daoulas.langFR
  3. Notice no 50130000428, base Joconde, ministère français de la Culture
  4. Dumas, Alexandre (1802-1870), Isabel de Bavière. 2 / par Alexandre Dumas, Paris, , 2 vol. (286, 303 p.) ; in-18 p., p166

BibliographieModifier

  • Histoire des ducs de Bourgogne de la maison de Valois, 1364-1477 de Prosper Brugière baron de Barante- 1782-1866, conservé à la Bibliothèque nationale de France (BnF N087463). Pour un récit detaillé de l'affaire du pont de Montereau (Extraits du document)
  • Albert Mirot, Vie politique de Tanguy du Chastel, thèse de l'École des chartes, 1926
  • Philippe de Commines, Mémoire des faits du feu roy Louis onziesme: voir Index: Tanneguy du Chastel (fils), Montereau-Fault-Yonne: le 2e passage concernant Montereau raconte l'assassinat de Jean sans Peur.
  • Jean-Christophe Cassard, « Tanguy du Chastel, l'homme de Montereau », Le Trémazan des du Chastel : du château fort à la ruine, 2004, [lire en ligne] sur le site HAL-SHS (Hyper Article en Ligne - Sciences de l'Homme et de la Société).

Liens externesModifier