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Talenkauen santacrucensis

Talenkauen est un genre éteint de dinosaures iguanodontes basaux découvert dans la formation géologique de Pari Aike en Argentine[2]. Il est daté du début du Crétacé supérieur.

La seule espèce rattachée au genre est Talenkauen santacrucensis[1].

Sommaire

ÉtymologieModifier

Talenkauen signifie « petit crâne » en langue tehuelche, ce qui rappelle la taille réduite de l'animal. Le nom d'espèce « santacrucensis » indique que la découverte a eu lieu dans la province argentine de Santa Cruz.

Datation et localisationModifier

La formation de Pari Aike où a été trouvé Talenkauen date du début du Crétacé supérieur (Cénomanien), il y a entre 100,5 et 93,9 Ma (millions d'années).

Le site de la découverte se situe près du lac Viedma en Patagonie argentine, dans la province de Santa Cruz.

DescriptionModifier

Le fossile holotype (Museo Padre Molina, MPM-10001) est un squelette en partie articulé dont il manque la partie arrière du crâne, les mains et la queue. Talenkauen est remarquable par la présence surprenante de plusieurs plaques peu épaisses, minéralisées, situées sur ses flancs au niveau des côtes[1].

Talenkauen a une longueur totale de moins de 4 mètres avec une morphologie globale similaire à celle d'un autre iguanodonte, Dryosaurus, mais avec un cou proportionnellement plus long et, contrairement à ces iguanodontes plus évolués, il possède encore des dents sur la pointe de son bec (sur l'os prémaxillaire).

Plaques minéraliséesModifier

Les plaques caractéristiques de Talenkauen sont lisses et ovales. Elles entourent les côtés de la cage thoracique. Elles peuvent atteindre une longueur de 18 centimètres pour une épaisseur de seulement 3 millimètres. Elles sont attachées à la partie centrale des côtes, au moins sur les huit premières[1]. Ce type de plaques est connu chez plusieurs autres dinosaures : Hypsilophodon, Othnielosaurus, Parksosaurus et Thescelosaurus[3]. La fragilité des plaques, qui ne sont pas toujours complètement ossifiées, fait qu'elles sont probablement sous-représentées dans le registre fossile des dinosaures ; elles pourraient avoir été beaucoup plus courantes que ce qui est actuellement connu[3].

Le rôle de ces plaques est discuté et mal connu. Il pourrait être comparable au processus unciné des côtes des oiseaux et de certains animaux actuels et fossiles qui facilite l’efficacité à la fois de l’inspiration et de l’expiration[1]. Une étude de Richard Butler et Peter Galton en 2008 remet en cause cette interprétation car la morphologie des plaques de Talenkauen est très différente des apophyses uncinées (protubérances osseuses fixées sur les côtes des oiseaux)[3]. L'hypothèse d'une protection latérale de l'animal n'est pas non plus convaincante au regard de la fragilité des plaques[1].

PaléobiologieModifier

Talenkauen, comme tout iguanodonte basal était un ornithopode bipède et herbivore, de taille plutôt modeste[4]. Il vivait en compagnie d'autres dinosaures, comme le titanosaure géant Puertasaurus[5] et le théropode prédateur de la famille des néovénatoridés Orkoraptor[6].

ClassificationModifier

Les analyses cladistiques démontrent qu'il était plus basal que le Dryomorpha Dryosaurus et que le genre Anabisetia, mais plus évolué que les genres Thescelosaurus et Gasparinisaura[1]. En 2007, J.O. Calvo et al. ont placé Talenkauen en groupe frère de Macrogryphosaurus dans un nouveau clade (Elasmaria)[7]. En 2016, plusieurs autres genres d'ornithopodes de Patagonie et de l'Antarctique les ont rejoints dans ce clade[8], comme le montre le cladogramme ci-dessous :



Hypsilophodon




Thescelosaurus


Iguanodontia
Elasmaria

Gasparinisaura




Morrosaurus



Trinisaura



Macrogryphosaurus



Notohypsilophodon



Talenkauen



Anabisetia






Parksosaurus




Kangnasaurus




Rhabdodontidae




Tenontosaurus



Dryomorpha









AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g et h (en) Fernando E. Novas, Cambiaso, Andrea V et Ambrioso, Alfredo, « A new basal iguanodontian (Dinosauria, Ornithischia) from the Upper Cretaceous of Patagonia », Ameghiniana, vol. 41, no 1,‎ , p. 75–82
  2. (en) A. N. Varela, D. G. Poiré, T. Martin, A. Gerdes, F. J. Goin, J. N. Gelfo et S. Hoffmann, « U-Pb zircon constraints on the age of the Cretaceous Mata Amarilla Formation, Southern Patagonia, Argentina: Its relationship with the evolution of the Austral Basin », Andean Geology, vol. 39, no 3,‎ , p. 359-379 (DOI 10.5027/andgeoV39n3-a01)
  3. a b et c (en) Richard J. Butler et Galton, Peter M., « The 'dermal armour' of the ornithopod dinosaur Hypsilophodon from the Wealden (Early Cretaceous: Barremian) of the Isle of Wight: a reappraisal », Cretaceous Research, vol. 29, no 4,‎ , p. 636–642 (DOI 10.1016/j.cretres.2008.02.002)
  4. (en) David B. Norman, « Basal Iguanodontia », dans D.B. Weishampel, P. Dodson et H. Osmólska, The Dinosauria, Berkeley, University of California Press, , 2e éd., 413–437 p. (ISBN 0-520-24209-2)
  5. (en) Fernando E. Novas, Salgado, Leonardo, Calvo, Jorge et Agnolin, Federico, « Giant titanosaur (Dinosauria, Sauropoda)from the Late Cretaceous of Patagonia », Revisto del Museo Argentino de Ciencias Naturales, n.s., vol. 7, no 1,‎ , p. 37–41 (lire en ligne)
  6. (en) F.E. Novas, Ezcurra, M.D. et Lecuona, A., « Orkoraptor burkei nov gen. et sp., a large theropod from the Maastrichtian Pari Aike Formation, Southern Patagonia, Argentina », Cretaceous Research, vol. 29, no 3,‎ , p. 468–480 (DOI 10.1016/j.cretres.2008.01.001)
  7. (en) J.O. Calvo, Porfiri, J.D. et Novas, F.E., « Discovery of a new ornithopod dinosaur from the Portezuelo Formation (Upper Cretaceous), Neuquén, Patagonia, Argentina. », Arquivos do Museu Nacional, vol. 65, no 4,‎ , p. 471–483
  8. (en) Rozadilla, Sebastián, et al. "A new ornithopod (Dinosauria, Ornithischia) from the Upper Cretaceous of Antarctica and its palaeobiogeographical implications." Cretaceous Research 57 (2016): p. 311-324.

Références taxinomiquesModifier

(en) Référence Paleobiology Database : Talenkauen Novas et al., 2004