Syndrome FOMO

anxiété de manquer quelque chose lorsque l'on est hors-ligne

Le syndrome FOMO[2] (de l’anglais : fear of missing out, « peur de rater quelque chose ») ou anxiété de ratage[2] est une sorte d'anxiété sociale caractérisée par la peur constante de manquer une nouvelle importante ou un autre événement quelconque donnant une occasion d'interagir socialement[3],[4]. Cette peur est particulièrement nourrie par certains aspects de la technologie moderne, tels les téléphones mobiles (nomophobie) et le réseautage social à l'aide de sites tels Facebook, Twitter, Instagram et TikTok[5], où l'utilisateur peut continuellement comparer son profil à celui d'autres utilisateurs[6],[7].

Les téléphones mobiles permettent aux gens de demeurer en contact constant avec leur réseau social et professionnel. Cela peut engendrer une consultation compulsive de peur de manquer quelque chose[1].

Avec l'utilisation croissante de l'Internet, une certaine proportion d'internautes développe une dépendance psychologique d'être en ligne, ce qui peut mener à une anxiété d'être hors connexion, s'exprimant sous la forme de « peur de manquer quelque chose »[8]. Il est particulièrement présent chez les adolescents[9].

Certaines pratiques marketing comme les soldes et le Black Friday exploitent ce sentiment et peuvent provoquer de l'anxiété ou de l'agressivité[10].

SourceModifier

Une étude de Andrew Przybylski montre que le FOMO se produit fréquemment chez les personnes qui possèdent des besoins psychologiques insatisfaits tels être aimé et respecté[11]. Cette étude est basée sur un questionnaire de 10 questions telles « Je crains que d'autres aient plus d'expériences gratifiantes que moi[trad 1]. » Les participants répondaient selon une échelle de 1 à 5 allant de « parfaitement en désaccord[trad 2] » à « parfaitement en accord[trad 3] ». Le résultat « FoMO » était simplement la moyenne des réponses aux dix questions[3].

Selon le professeur de psychologie Dan Ariely, le FOMO est la peur de regretter d'avoir pris la mauvaise décision sur la gestion de son temps[12].

Usage en marketingModifier

Comme d'autres peurs et ressorts psychologiques, le FOMO est connu et utilisé par les professionnels du marketing [13]. Cette peur, en tant que levier d'action, peut être stimulée et canalisée afin de déclencher, entre autres, des ventes, comme le relèvent de nombreux blog de marketing :

« Partagez des offres spéciales ou des expériences exclusives que vos followers sur les médias sociaux ne pourront pas refuser. Faites-en quelque chose pour lequel ils vont ressentir le besoin de participer ou d'en prendre avantage, faute de quoi ils manqueraient quelque chose ! »

— Alisa Bartash (traduit de l'anglais), New Marketing Trend Alert: FOMO - dcmarketingpro.com -

Ainsi, les années 2000 et 2010 ont vu exploser les offres commerciales formulées sous la forme « après minuit il sera trop tard » ou « plus que 3 exemplaires disponibles »[14] jouant sur l'urgence de l'offre, et le risque pour le consommateur de passer à côté. La rareté induite est généralement complètement artificielle, et, après une période d'indisponibilité plus ou moins courte, la même offre pourra ré-émerger afin de faire passer à l'action un nouveau lot de clients[15]. Des entreprises entières telles les géants Vente-privee.com ou Groupon[16] basent leur stratégie commerciale sur ce ressort psychique.

Références culturellesModifier

Dans le domaine culturel, la fear of missing out n’est pas nouvelle car elle a notamment été évoquée dans une des répliques des Précieuses ridicules de Molière. Cathos, une des deux jeunes « précieuses » de la pièce s’exprime ainsi :

« En effet je trouve que c’est renchérir sur le ridicule, qu’une personne se pique d’esprit, et ne sache pas jusqu’au moindre petit quatrain qui se fait chaque jour ; et pour moi j’aurais toutes les hontes du monde, s’il fallait qu’on vînt à me demander si j’aurais vu quelque chose de nouveau que je n’aurais pas vu. »

Notes et référencesModifier

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Fear of missing out » (voir la liste des auteurs).
  1. (en) « I fear others have more rewarding experiences than me. »
  2. (en) « not at all true of me »
  3. (en) « extremely true of me »
  1. (en) Hephzibah Anderson, « Never heard of Fomo? You're so missing out »,
  2. a et b « syndrome fomo », Le Grand Dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française (consulté le ).
  3. a et b (en) Przybylski, Murayama, DeHaan, Gladwell, « Motivational, emotional, and behavioral correlates of fear of missing out », , p. 1814–1848
  4. Vincenzo Susca, « Alerte au retour du FoMO : la peur que la vie des autres soit meilleure que la nôtre fait son retour en force », sur Atlantico,
  5. Hakima Bounemoura, « Vie en ligne : "Je passe près de 20h par jour sur les réseaux sociaux", raconte Carrie, qui souffre du syndrome FoMO », sur 20 Minutes,
  6. (en) Simon Kellner, « Is FOMO depriving us of our ability to exist in the present and take pleasure in the here and now? »,
  7. Valérie de Saint-Pierre, « Le FoMO, nouvelle maladie du siècle ? », sur Madame Figaro,
  8. (en) Jonathan J. Kandell, « Internet Addiction on Campus: The Vulnerability of College Students » (version du 20 février 2010 sur l'Internet Archive),
  9. Nora Bussigny, « Quand les ados ont le FoMO », sur Le Point,
  10. « Soldes : pourquoi les périodes de promotions peuvent-elles rendre violent ? », Le Monde (consulté le )
  11. (en) Claire Cohen, « FoMo: Do you have a Fear of Missing Out? »,
  12. (en) Jenna Wortham, « Feel Like a Wallflower? Maybe It’s Your Facebook Wall »,
  13. The fear of missing out - April Dykman, Forbes,
  14. (en) « Understanding FOMO in the Context of the Internet - Create Scarcity », sur relevance.com, (consulté le )
  15. (en) [vidéo] "Psychology & Marketing : How Cognitive Bias Influence Us Online" by Sacha Greif sur YouTube - présentation de l'usage du FOMO en marketing à 3 min 44 s
  16. (en) « How OpiaTalk Uses "FOMO" To Turn Browsers Into Buyers », sur fastcompany.com, (consulté le )

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Theodor Schaarschmidt, "L'angoisse de l'occasion manquée", revue Cerveau et Psycho, no 104 - Novembre 2018, p. 78 - 81.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier