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Suzanne Voilquin

écrivaine, journaliste, et sage-femme française
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Voilquin.
Suzanne Voilquin
Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait de Suzanne Voilquin 1839
Nom de naissance Jeanne Suzanne Monnier
Alias
Suzanne
Naissance
Paris
Décès (à 74 ans)
Saint-Mandé
Nationalité Française
Pays de résidence France, Egypte, Russie, États-Unis
Profession
Sage-femme
Activité principale
Saint-Simonienne
Autres activités
Journaliste, politique, écrivaine
Formation
ouvrière, Sage-femme

Suzanne Voilquin (1801-1876), née Jeanne Suzanne Monnier, est une journaliste et écrivaine féministe française.

Elle livre, dans ses ouvrages et ses lettres, de nombreuses informations sur les événements de sa vie et les raisons de ses choix.

BiographieModifier

Jeunesse et originesModifier

Jeanne Suzanne Monnier, est née le à Paris[1]. Son père est un ouvrier chapelier ayant participé à la Révolution française, sa mère est une catholique pratiquante. À la demande de son père, elle est éduquée par sa mère qui l'envoie suivre un enseignement primaire à l'École des Filles de la Charité du quartier Saint-Merri. Lectrice des philosophes des Lumières elle rejette la foi catholique à la fin de son adolescence[2].

Elle devient ouvrière brodeuse. En 1821, sa mère meurt d'un cancer, après avoir caché sa maladie à sa famille. En 1825, à 24 ans, Suzanne se marie avec l'architecte Rémy Voilquin.

Saint-simonienneModifier

Suzanne Voilquin a 29 ans lorsque le couple rejoint le mouvement saint-simonien en 1830. Ils apprécient la vie communautaire, Eugène se voit confier l'organisation d'une table d'hôtes rue Taitbout, dans l'une des maisons d'association fondée par le degré ouvrier[3]. C'est Suzanne qui va diriger et gérer ce restaurant communautaire. La salle servait aussi à des réunions des saint-simoniens. Suzanne Voilquin est bien intégrée dans la communauté, elle compte parmi les plus enthousiastes[4] des disciples de Prosper Enfantin, avec Cécile Fournel, Claire Bazard, Aglaé Saint-Hilaire, Désirée Véret, Marie-Reine Guindorf et Clorinde Rogé. Lors du schisme de Saint-Amand Bazard, elle reste fidèle à Enfantin, mais bientôt elle se trouve exclue comme les autres femmes des réunions qui n'ont plus lieu qu'entre hommes dans la maison de Ménilmontant où s'est retiré Enfantin et ses disciples hommes.

JournalisteModifier

Au début du mois d'août 1832, peu de temps avant le procès des saint-simoniens deux jeunes femmes, Marie-Reine Guindorf et Désirée Véret, ont quitté la communauté et entrepris de faire paraître un petit journal hebdomadaire appelé La Femme libre. L'affirmation du caractère féministe du journal est présent dès le premier numéro, les articles ne sont écrits que par des femmes, des ouvrières, qui se revendiquent prolétaires et ont décidé de ne signer que de leur prénom, pour détacher du nom de l'homme trop lourd à porter [5]. Les fondatrices appellent Suzanne, elle débute sa participation à la deuxième livraison, par un article qu'elle juge bien timide, elle y appelle les femmes à un combat pacifique contre les abus du sexe fort.

Quelque temps plus tard Marie-Reine Guindorf et Désirée Véret quittent le journal pour rejoindre le Fouriérisme, Suzanne Voilquin en devient la directrice. Sa première décision est de changer le titre, La Femme libre devient la Femme nouvelle ou La Tribune des femmes. Suzane juge son nouveau titre plus ambigu, mais ne donnant nulle prise aux plaisanteries du monde. Suzanne souligne qu'elle changea plusieurs fois les titres, en fonction des écrits publiés. Parmi les jeunes femmes qui entourent Suzanne, il y a Claire Démar, jeune femme passionnée qui va se suicider, le 3 août 1833, avec son amant, en laissant un manuscrit Ma loi d'avenir qui sera fait remettre à Suzanne par Enfantin. Le texte sent la poudre, Suzanne attend et ne le publie qu'au printemps 1834, lorsqu'elle a décidé d'arrêter La Tribune des femmes à 33 ans.

DécèsModifier

Suzanne Monnier meurt le à Saint-Mandé[6].

TravauxModifier

Ouvrages publiésModifier

  • Souvenirs d’une fille du peuple : ou, La saint-simonienne en Égypte, E. Sauzet, 1866 (Google livres). Réédition F. Maspero, 1978.
  • Mémoires d’une saint-simonienne en Russie (1839-1846), Paris, Des Femmes, 1977

Articles de presseModifier

  • La femme nouvelle, 1e partie : "Apostolat des femmes" ; 2e partie : Tribune des femmes, Paris, [s.n.], 1832-1833 (Gallica bnf)

Notes et référencesModifier

  1. Bard et Chaperon 2017, p. 1249.
  2. Bard et Chaperon 2017, p. 1250.
  3. Dirigé par Henri Fournel et Claire Bazard.
  4. Lydia Elhadad, Femmes prénommées : les prolétaires saint-simoniennes
  5. Michèle Riot-Sarcey, Histoire du féminisme
  6. Archives du Val-de-Marne, acte de décès n°241, vue 144 / 311

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Liste chronologique

Articles connexesModifier

Liens externesModifier