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Stéphane Lambert
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Stéphane Lambert par Julien Pohl
Naissance (44 ans)
Bruxelles
Activité principale
écrivain
Distinctions
prix Lucien Malpertuis, prix Franz De Wever, prix Roland de Jouvenel
Auteur
Genres
poésie, roman, essai

Œuvres principales

Les couleurs de la nuit, Mon corps mis à nu, Mark Rothko : rêver de ne pas être, Avant Godot

Stéphane Lambert né le à Bruxelles est un écrivain belge, licencié en langues et littératures romanes de l’Université libre de Bruxelles. Il vit à Bruxelles.

Sommaire

BiographieModifier

Il a été éditeur littéraire en Belgique, cofondateur de la collection de littérature contemporaine Le Grand Miroir. Il a été lecteur pendant une année à l'Université Charles à Prague. En 2014, il a codirigé la Maison internationale des littératures à Bruxelles.

Journaliste, il a écrit sur l'actualité littéraire, et a signé des portraits de personnalités dans la presse culturelle. En 2010, il a réalisé un important dossier sur l'écrivain et dramaturge norvégien Jon Fosse pour la revue Alternatives théâtrales[1].

Ses livres Filiations (2006) et Mon corps mis à nu (2013) ont été finalistes du prix Victor-Rossel.

En 2009, il a réalisé un documentaire sonore Le commun des mortels pour la RTBF, inspiré de son récit autobiographique Mes Morts. Il a également signé trois fictions radiophoniques sur Monet, Spilliaert et Nicolas de Staël pour France Culture.

Il a été auteur en résidence à l'Academia Belgica à Rome et au Literarisches Colloquium à Berlin, et a représenté la Communauté française de Belgique aux Jeux de la Francophonie à Beyrouth.

Il a été deux fois primé par l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique (prix Lucien Malpertuis 1999, prix Franz De Wever 2005).

En août 2008, le comédien Sébastien Dutrieux a créé au festival Scènes à Seneffe le spectacle Impacts des balles à blanc à partir de courts textes de Stéphane Lambert.

En mai 2009, l'actrice Micheline Presle, avec laquelle il a publié un livre d'entretien Di(s)gressions aux éditions Stock, a lu son texte L'Adieu au paysage consacré à Claude Monet dans la salle des Nymphéas du Musée de l'Orangerie (lecture reprise au Grand Palais en 2010 dans le cadre de la rétrospective Claude Monet). En 2012, le livre Dans le désordre de Claude Régy (Actes Sud), coécrit avec Stéphane Lambert, obtient le prix du Meilleur livre sur le théâtre décerné par le Syndicat de la critique théâtrale.

En 2011, il écrit le conte Le mythe de la Tête d'or qui servira de trame à un parcours son et lumière dans le parc de la Tête d'or à Lyon dans le cadre de la Fête des Lumières.

En septembre 2013, la comédienne Édith Scob a lu des extraits de ses livres Mark Rothko : rêver de ne pas être et Mon corps mis à nu au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris. Ce dernier texte a également été lu par le comédien Manuel Blanc au Marathon des mots de Toulouse en juin 2014.

Son livre, Avant Godot, qui scrute le lien entre l'écrivain Samuel Beckett et la peinture de Caspar David Friedrich, a obtenu le prix Roland de Jouvenel de l'Académie Française (2017).

Thématiques de son œuvreModifier

Le désir, le corps, l’identité, la famille, le deuil, la mort, le chaos du monde contemporain, sont les thèmes majeurs qui traversent les textes de Stéphane Lambert, habités par « une sensibilité douloureuse ». Une mélancolie, parfois empreinte d’ironie, traverse en filigrane ses fictions et ses récits autobiographiques. La rigueur et la précision d’observation, ainsi que le devoir d’authenticité, ont pour objectif, dans son travail d’écriture, de faire entrer en résonance sa propre expérience intérieure avec celle d’autres vécus.

L’art occupe également une place centrale dans son univers. La compréhension du processus de création et la description de l’impact des œuvres d’art forment une matière intime qui permet d’approcher au plus près le sentiment trouble d’être au monde. Il a publié dans la revue Le Règle du jeu des textes sur de grands artistes contemporains (Twombly, Tàpies). "Stéphane Lambert, par sa position liminaire entre la peinture et l'écriture, crée une nouvelle expérience de l'entre-deux des arts, renouvelant ainsi l'approche du réel, la transférant en un vécu remémoré, qui la préserve de l'engloutissement."[2]

Ses romans décrivent souvent "le trouble homosexuel"[3].

Il mène de front l'écriture de deux cycles en prose [4], l'un de nature autobiographique qu'il qualifie de "trinité profane" qui compte déjà les deux récits Mes Morts et Mon corps mis à nu, l'autre de nature romanesque qu'il compare à une forme de triptyque littéraire visant à rendre compte de l'état de l'être dans la réalité éclatée du monde contemporain. Ce dernier cycle inauguré par les romans Les couleurs de la nuit et Paris Nécropole sera complété par un dernier volet. Un extrait de Paris Nécropole a été publié sous le titre The Two Writers dans l'anthologie américaine Best European Fiction 2017[5].

"Stéphane Lambert s'est imposé comme un des auteurs les plus remarquables et les plus exigeants de sa génération. De livre en livre, il a construit une œuvre qui mélange, à la manière du poème, discours, espaces et temporalités."[6]

Ses livres sur la création inaugurent "une nouvelle manière d’approcher une œuvre et son créateur, qui ne relève ni de la biographie stricte, scientifique ou non, ni de la fiction, mais qui participe des deux, innovant dans un genre particulier qu’il faut saluer."[7] "Stéphane Lambert tisse de subtiles correspondances entre la peinture et l’écriture, oscillant entre l’essai, la précision biographique et la modestie d’un lecteur passionné."[8] « De livre en livre, Stéphane Lambert nourrit une quête existentielle qui le conduit auprès d’artistes tels que Mark Rothko, Nicolas de Staël et Samuel Beckett. Dans cette fréquentation intime, il noue un écheveau de correspondances, de concordances émotionnelles, de temps par-delà la temporalité. »[9] En 2016, l'originalité et la pertinence de son approche sont saluées par la critique à la parution de son livre Avant Godot, où l'auteur offre une "subtile réflexion"[10] sur l'influence d'un tableau de Caspar David Friedrich sur la pièce de Samuel Beckett. "L’ouvrage de Stéphane Lambert est bon, note Michel Crépu sur le blog de la NRF. Si l’on pense aux milliers d’ouvrages dont Beckett a été la victime, c’est un miracle. »[11]

Écriture et artModifier

Auteur de livres sur des artistes tentant d'approcher au plus près l'expérience de la création, Stéphane Lambert est considéré comme l'une des "figures contemporaines majeures de la liaison de l’œuvre à l’image"[12]. De son "remarquable Adieu au paysage à Fraternelle mélancolie en passant par Avant Godot, Stéphane Lambert dessine une zone neuve de l’apparaître au Visible et au Dicible. Convoquant Monet, Rothko ou encore Caspar David Friedrich, Lambert fait de sa phrase le creuset sombre d’une création active où écrire et voir se mêle dans une phénoménologie de l’apparaître à la toile, à la phrase et à l’œil. L’image, dans son surgissement, disperse l’éclatement générique de ce qui relèverait de la biographie ou de l’essai pour faire de la pensée une ligne neuve capable de dire la création."[12]

Parallèlement il a développé une forme poétique cherchant à trouver dans le geste d'écriture les mêmes enjeux que ceux qui relèvent de la création artistique. « Stéphane Lambert avec Art Poems […] manifeste la profonde persuasion du poète qu’une parole mesurée peut équivaloir, dans sa singularité et ses prises de risques, à l’image peinte, sans volonté aucune d’une possible substitution. […] Le poème change de fonction pour l’œil auquel il s’adresse, il devient matrice de sensations et d’images et peut-être se rapproche-t-il ainsi des éléments qui ont présidé à sa naissance, qui l’ont suscité dans son désir d’outrepasser la seule description des surfaces peintes pour tenter de saisir l’émotion qui sourd du cadre ou du lieu d’une expérience en peinture, en traces dessinées, dans le mouvement des matières arrachées à la concrétude du monde, métamorphosées, mutées vers une abstraction dotée d’une puissance physique indéniable […] car le poème possède une force transcendante qui métamorphose la perception. […] Stéphane Lambert s’équilibre dans l’écriture du poème pour à la fois cerner ce qui nous échappe et ce que nos yeux regardent sans le voir vraiment. […] Dans ce livre exemplaire et sensible, Stéphane Lambert a su trouver et dessiner l’espace où se génère cette mutation si rare en poésie de l’image objective en poème… »[13]

ŒuvreModifier

Roman, récits, nouvellesModifier

  • Une histoire d’amour (roman), édition Luc Pire, 2002
  • Comme de se dire d’un amour qu’il sera le dernier (nouvelles), édition Labor, 2005. Prix Franz De Wever, 2005. Prix Lucien Malpertuis 1999 pour la nouvelle "Simone et Jean".
  • Filiations (récits), édition Labor, 2006
  • Mes morts (récit), éditions Le Grand Miroir, 2007 ; réédition Espace Nord, 2015
  • L'Homme de marbre (roman), éditions Luc Pire, 2008
  • Les Couleurs de la nuit (roman), éditions de la Différence, 2010
  • Mon corps mis à nu (récit), Les Impressions nouvelles, 2013
  • Paris Nécropole (roman), L'Âge d'homme, 2014
  • Charlot aime Monsieur (roman), suivi de Ensemble, Simone et Jean sont entrés dans la rivière et de Mes Morts, Espace Nord, 2015
  • Monet, impressions de l'étang, Arléa, 2016
  • Fraternelle mélancolie, Arléa, 2018

EssaisModifier

  • Bruxelles - Identités plurielles (reportage), Autrement, 2006
  • L'Adieu au paysage, Les Nymphéas de Claude Monet, éditions de la Différence, 2008
  • Mark Rothko. Rêver de ne pas être, Les Impressions nouvelles, 2011. Arléa-Poche, 2014
  • Nicolas de Staël, le vertige et la foi, Arléa, 2014. Arléa-Poche, 2015
  • Avant Godot, Arléa, 2016. Prix Roland de Jouvenel de l'Académie Française, 2017
  • Visions de Goya. L'éclat dans le désastre, Arléa, 2019

PoésieModifier

  • Le Sexe et la Main, L'Arbre à paroles, 2009
  • Le Jardin, le Séisme, hommage à François Muir, La Lettre volée, 2013
  • Chapelle du rien, L'Arbre à paroles, 2014
  • Art Poems, La Lettre volée, 2018

PréfacesModifier

  • "Et Maupassant, comme tout le monde" in Les dimanches d'un bourgeois de Paris de Guy de Maupassant, Ancrage, 2000
  • L'École de l'admiration in “Donnez-nous des maîtres qui célèbrent l’Ici-Bas” (Lettres à Emile Verhaeren suivi de Lettre du jeune travailleur) de Rainer Maria Rilke, préface et notes, Arfuyen, 2006
  • Regard in La vie est un voyage de Jacques Franck, Luce Wilquin, 2016

Livres en collaborationModifier

  • Micheline Presle, Di(s)gressions, conversations avec Stéphane Lambert, Stock, 2007
  • Claude Régy, Dans le désordre, propos provoqués et recueillis par Stéphane Lambert, Actes Sud, 2011 - Meilleur livre sur le théâtre, prix du Syndicat de la critique, 2012

Créations radiophoniquesModifier

  • Le Commun des mortels (documentaire), RTBF/La Première, émission "Par ouï-dire", 2009
  • Impressions de l'étang : les Nymphéas de Claude Monet (fiction), France Culture, réalisation d'Étienne Vallès, 2011
  • "Être moi, toujours plus fort" : les paysages intérieurs de Léon Spilliaert (fiction), France Culture, réalisation d'Étienne Vallès, 2011
  • Nicolas de Staël, portrait de l'artiste sur fond rouge (fiction), France Culture, réalisation d'Étienne Vallès, 2014

PrixModifier

  • Sélections : finaliste prix Victor-Rossel (2006 pour Filiations, 2013 pour Mon corps mis à nu), prix Paris-Liège (2015 pour Nicolas de Staël, le vertige et la foi; finaliste en 2017 pour Avant Godot).
  • Ensemble, Simone et Jean sont entrés dans la rivière, prix Lucien Malpertuis (Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique), 1999.
  • Comme de se dire d'un amour qu'il sera le dernier, prix Franz De Wever (Académie Royale de Langue et de Littérature françaises de Belgique), 2005.
  • Claude Régy, Dans le désordre, propos provoqués et recueillis par Stéphane Lambert, Meilleur livre sur le théâtre, prix du Syndicat de la critique, 2012.
  • Avant Godot, prix Roland de Jouvenel (Académie Française), 2017.

Notes et référencesModifier

  1. « Alternatives théâtrales »
  2. Anne Begenat-Neuschäfer, "Stéphane Lambert, le passeur de vécu" in "Nouveaux savoirs francophones", Revue des Sciences Humaines no 330, avril-juin 2018, Septentrion.
  3. Jacques De Decker, Le Soir.
  4. Jeannine Paque, "Un romantique de notre temps" in Le Carnet et les Instants no 182 (juin-septembre 2014).
  5. Best European Fiction, Dalkey Archive Press, 2016, p. 18-23
  6. Le Carnet et les Instants no 177 - juin-septembre 2013 (revue des Lettres belges).
  7. « Une rencontre capitale »
  8. Valérie Nigdélian, « La nuit en partage », Le matricule des anges,‎
  9. Veneranda Paladino, « Correspondances becketiennes », Dernières Nouvelles d'Alsace,‎
  10. « Sur Godot, on n'attendait plus que Beckett », sur lerepubliquedeslivres.com
  11. « Beckett au clair de la lune », sur lanrf.fr
  12. a et b « Cinéma, cinémas : de Didier Blonde à Suzanne Doppelt (Festival « Enjeux contemporains 12 ») », sur diacritik.com,
  13. « Art Poems de Stéphane Lambert par Yves Boudier », sur sitaudis.fr,

Article connexeModifier

Liens externesModifier