Socle interministériel de logiciels libres

Le socle interministériel de logiciels libres (SILL) est un ensemble de logiciels libres préconisés par l'État français depuis 2016, dans le cadre de la modernisation globale de ses systèmes d'informations (SI). Sa gouvernance est réalisée par le Premier ministre sous trois grands principes :

  • « L'approche de l'État privilégie l'efficacité globale, en dehors de tout dogmatisme, pour lui permettre de choisir entre les différentes solutions, libres, éditeurs ou mixtes. » ;
  • Pour chaque fonctionnalité, un logiciel est préconisé en précisant la version ;
  • La préconisation est évolutive dans le temps et elle fait l'objet d'une validation annuelle[1].

PrésentationModifier

Le SILL s'appuie sur l'article 16 de la Loi no 2016-1321 du « pour une République numérique » : « Les administrations mentionnées au premier alinéa de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration veillent à préserver la maîtrise, la pérennité et l'indépendance de leurs systèmes d'information. Elles encouragent l'utilisation des logiciels libres et des formats ouverts lors du développement, de l'achat ou de l'utilisation, de tout ou partie, de ces systèmes d'information. Elles encouragent la migration de l'ensemble des composants de ces systèmes d'information vers le protocole IPV6, sous réserve de leur compatibilité, à compter du [2]. »

Dans sa version 2020, le SILL intègre 190 logiciels libres référencés dont 144 sous le statut « recommandés » et 46 sous le statut « en observation »[3].

Mise en œuvreModifier

Le SILL a été initialement mis en œuvre par Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, en [4].

Depuis , Bastien Guerry est le référent logiciels libres à la DINSIC[5].

Le catalogue de référence des logiciels libres, pour les administrations françaises, est le fruit d'une collaboration fructueuse d'agents publics informaticiens, avec l'appui de la direction interministérielle du numérique (DINUM).

PérimètreModifier

Le SILL englobe un large périmètre d'utilisation des outils numériques : gestion des mots de passe, suite bureautique, système d'information géographique, publication assistée par ordinateur, courrielleur, bloqueur des publicités et des pisteurs, capture d'écran, défragmentation, dépôt d'artéfacts, serveur java, etc.

ApplicationsModifier

Le SILL, simple préconisation, est plus ou moins appliqué dans les ministères et services de l'État. Par exemple, des logiciels propriétaires de Microsoft sont utilisés par l'Éducation nationale ou la Défense, malgré quelques polémiques[6],[7],[8].

Principaux outils numériques préconisés par le SILL 2020Modifier

Fonctionnalité Logiciel
Gestion des mots de passe KeePass
Compression 7-zip
Suite bureautique LibreOffice
Éditeur de texte Notepad++
Lecture simple de fichiers PDF Sumatra PDF
Système d'information géographique QGIS
Publication (PAO) Scribus
Dessin (matriciel) Gimp
Courrielleur Thunderbird
Client de messagerie instantanée Jitsi
Microblog Mastodon
Client FTP Filezilla
Navigateur web Firefox ESR
Moteur de recherche Qwant
Grapheur d'idées Freeplane
Gestion de projet ProjectLibre
Wiki MediaWiki
Lecteur multimédia VLC
Régie vidéo enregistrement et/ou streaming Open Broadcaster Software
Capture d'écran Greenshot
Montage vidéo OpenShot Video Editor
Enregistrement et édition de sons Audacity
Logiciel de visioconférence à usage pédagogique BigBlueButton

Contrôle du socleModifier

Il est réalisé par la Direction interministérielle du numérique et du système d'information et de communication de l'État. La dernière mise à jour a été produite le 4 mai 2020[9].

Notes et référencesModifier

  1. Article de Michael Guilloux – developpez.com - du 13 février 2018 : https://www.developpez.com/actu/187614/SILL-2018-l-Etat-actualise-son-referentiel-de-logiciels-libres-qu-est-il-recommande-pour-la-conception-et-le-developpement-logiciel-cette-annee/
  2. « Loi no 2016-1321 du  », sur legifrance.gouv.fr
  3. Socle interministériel des logiciels libres 2020, 4 mai 2020, Direction interministérielle du numérique[1]
  4. Circulaire n° 5608/SG du 20 septembre 2012 relative aux orientations pour l'usage des logiciels libres dans l'administration ([2])
  5. Interview de Bastien Guerry, référent logiciels libres à la DINSIC, linuxfr, 3 juin 2019 (en ligne).
  6. Delphine Bancaud, « Pourquoi le partenariat entre Microsoft et l'Éducation nationale fait-il polémique ? », 20 Minutes,‎ (lire en ligne, consulté le 5 octobre 2018)
  7. Thierry Noisette, « Quand la Défense a changé de cap en faveur de Microsoft », sur zdnet.fr, (consulté le 5 octobre 2018)
  8. « Le lobbying d'enfer de Microsoft pour se payer l'école », Le Canard enchaîné,‎ , p. 4
  9. Socle interministériel des logiciels libres 2020 – communication du 4 mai 2020 ([3])

Articles connexesModifier

Liens externesModifier