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Skateboard

type de matériel de sport ou de loisir
Un skateboard moderne de street
Un skateboard (cruiser) des années 1970 avec imprimé en fibre de verre
Un skateboard moderne de type longboard

Un skateboard[1] (prononcé : [skeɪt.bɔɹd]) ou skate[1],[2] ou plus rarement une planche à roulettes est un objet composé d'une planche (deck) sous laquelle sont fixés deux essieux (les trucks) maintenant chacun deux roues[3].

Un skateboard est utilisé comme moyen de déplacement ou pour réaliser des figures acrobatiques (tricks), le plus souvent en environnement urbain, ou dans des espaces spécialement aménagés (skateparks).

Le skateboard est aussi la pratique de cet objet, généralement considérée comme un sport, une activité récréative, une forme artistique ou un moyen de transport. Les pratiquants sont appelés « skateurs » ou « riders », et le verbe skater signifie « pratiquer le skateboard ».

En 2009, le marché annuel du skateboard était estimé à 4,8 milliards de dollars (3,5 milliards d'euro)[4] avec des pratiquants actifs généralement estimés entre 11 et 18 millions (2008)[5]. Les pratiquants seraient aux États-Unis 13 millions (2008)[5], au Brésil presque 4 millions[5] et plus de 200 000 en France (2010)[6].

Sommaire

HistoireModifier

Les origines variéesModifier

 
Patin à roulettes métalliques

Les origines des premières planches munies de quatre roulettes sont mal connues. Des jeux d'enfant constitués d'une « boite » ou « planche » équipée de quatre roulettes » ont été bricolés par différentes personnes en différents lieux des États-Unis. Dans la première moitié du XXe siècle, d'autres engins à roulette étaient populaire parmi les enfants américains : les patins à roulettes, les trottinettes bricolées avec une caisse de fruit et un patin (années 1910)[7], les trottinettes manufacturées (années 1930)[7]. A partir de 1945, le Skeeter Skate, planche à 4 grosses roues munie d'un guidon amovible, est équipé d'un axe (truck) permettant de diriger l'engin par appui sur les carres[7].

L'usage d'une planche munie de quatres roulettes est attesté chez des enfants afro-américain de Washington au début des années 1950[7]. Mais les premiers skateboard pourraient aussi avoir été expérimentés dès les années 1930 ou 1940 par des surfeurs de La Jolla (Californie)[7] ; des skates sont déjà produits en nombre et distribués auprès des surfeurs vers 1957[7]. La pratique concerne seulement la descente de pentes (downhill) et les petites roues métalliques se bloquent à la moindre aspérité de la route, provoquant la chute[7].

Années 1960 : le sidewalk surfboardModifier

L'engin, dont la pratique a été médiatisée, a été popularisé en Californie à la fin des années 1950 par la communauté des surfeurs[8], avec des pionniers comme Mickey Muñoz[9] et Phil Edwards. Cet engin est constitué d'une petite planche sur laquelle sont fixées des roulettes, dénommé roll-surf (« surf roulant » en français) [10]. Dérivant du surf, la pratique du skateboard reprend ainsi les valeurs des sports de glisse (marginalisation, rupture, fun, rébellion, etc)[10].

A cette époque les planches sont en bois et lourdes, les trucks fixes, les roues en métal. Au début des années 1960 apparaissent les roues larges en céramique : plus accrocheuses et confortables sur le sol, elle facilite aussi les virages et permettent les premières courbes. En 1969 apparait le premier tail relevé.

Les premiers skateboards industriels sont vendus sous la marque Humco[11] en 1956[réf. nécessaire]. En 1959 est commercialisé le skateboard « Roller Derby »[10].

Très vite le skateboard sera surnommé « sidewalk surfboard » ou « roll-surf », littéralement « planche à surfer les trottoirs », et deviendra de plus en plus populaire. Dans le film de Billy Wilder sorti en 1966 et tourné en 1965 The Fortune Cookie, une scène montre des enfants roulant sur des skateboards. En France, le magazine pour enfant Le Journal de Tintin tire un article sur le roll'surf en mai 1966, montrant des figures inspirées du surf, de la gymnastique et de l'athlétisme (saut en hauteur). Au Québec, toujours en 1966, Claude Jutra réalise Rouli-roulant, un court-métrage sur la passion de jeunes montréalais pour ce sport et la loi qui en interdit la pratique dans les rues.

La première compétition est organisée en 1963 en Californie[10]. Le premier magazine, Skateboarder, est publié brièvement en 1964 et 1965. En 1963, les premiers skates font leur apparition en Europe et en France notamment, où la première compétition se tient en 1965[10]. Arnaud de Rosnay s'illustre à l'occasion des éditions du championnat de France 1965, 1966 et 1967[12].

Toutefois, la pratique reste marginale et peine à se développer. Le skate est jugé difficile et peu amusant pour le grand public, ce qui explique le manque d'engouement comparé au surf[10]. A la fin des années 1970, concurrencée par d'autres modes, l'activité disparait rapidement et il devient même difficile d'acheter un skateboard[13].

Années 1970 : le skate grand publicModifier

 
Bill Mooney dans une piscine, années 1970

Au début des années 1970, les marques Bennett et Tracker inventent les trucks orientables, permettant des trajectoires en courbe[14].

En 1973, une innovation change la donne : les Californiens Frank Nasworthy (en) et Bob Bahn mettent au point la roue en polyuréthane (une matière plastique) ; le skateboard moderne est né[12]. Le succès est immédiat et le phénomène devient mondial dès 1974 avec la vente de plusieurs millions de planches : 15 millions de skates vendus en 1975 aux États-Unis[14]. Le polyuréthane atténue en effet les vibrations provoquées par les aspérités du sol et accroît l'adhérence, ce qui améliore la maniabilité de la planche et favorise l'invention de nouvelles figures et du freestyle[15].

Le dérapage en descente est popularisée par Cliff Coleman, avec la technique d'appui d'un gant sur le sol (Coleman slide) au milieu des années 1970, permettant de contrôler et freiner la planche à grande vitesse. Cette technique et ses dérivés permettent de skater de nouveaux environnements : pentes variées, routes à virages serrés et même route à traffic. Critiquée au début de la décennie, la pratique de la descente de routes montagneuses (downhill) est peu à peu médiatisée et diverses petites courses illégales sont organisées en Californie[16].

Durant l'été 1975 à Los Angeles, des figures marquantes sont réalisées dans des piscines vidées et des fosses de drainages (ditch), alors que sévit une sécheresse[17]. La légende mentionne notamment l'épopée d'un groupe de surfeurs, les Z-Boys, dont font partie Tony Alva (premiers aerials), Jay Adams et Stacy Peralta. Cette pratique spectaculaire est à l'origine des disciplines de rampe et bowl, mais aussi d'une nouvelle manière de skater « fluide et au raz du sol » ainsi qu'une image antisystème et élitiste[18].

Les innovations techniques et une production industrielle permettent une large diffusion du skateboard en Amérique du Nord et en Europe. Apparaissant comme un nouveau loisir à la mode et grand public, le skateboard rencontre un vif succès auprès des jeunes, avec une culture axée sur le fun (amusement) et un engouement pour les pratiques de saut, freestyle, slalom et descente. Les premiers skateparks voient le jour[14], tandis qu'une presse spécialisée émerge. En 1978, les pratiquants sont estimés à 11 millions aux USA, 1,2 millions en France[19].

En France, la discipline est reconnue comme sport en 1974 par le ministère des Sports et rejoint la fédération de surf[14]. 27 skateparks sont créés en France entre 1974 et 1978[19].

Années 1980 : le skate underground et trashModifier

 
Planche des années 1980
 
Pratique du street, Allemagne 1988

Effet de mode éphémère et sport jugé dangereux, la pratique, l'industrie et la presse du skateboard s'effondre au début des années 1980[19]. Aux Etats-Unis et en Europe, les skateparks publics sont abandonnés puis fermés[18].

Le skate devient alors un loisir underground. Les planches et la pratique évoluent vers un public restreint de passionnés, un esprit du trash (« malsain ») et le rapprochement avec d'autres cultures urbaines revendicatrices (graffiti, musiques)[19]. Cette nouvelle culture est diffusée par le magazine Thrasher Magazine (créé en 1981) avec sa devise « Skate and Destroy ». Le shape typique des planches devient large, avec un nose court et arrondi, un tail large et surélevé, à l'exemple des productions de Powell Peralta et d'autres petites entreprises fondées par des skateurs.

L'apparition d'une technique de saut sans tremplin ni pied au sol, le ollie, révolutionne la pratique tant en rampe que dans la rue. Avec le ollie sur le plat (1981), Natas Kaupas (inventeur du wall ride) et Mark Gonzales innovent dans l'utilisation du mobilier et des espaces urbains[19]. C'est la naissance de la discipline du street[19] et son utilisation des mains courantes, des rails, etc. Puis à la fin des années 1980, le franchissement des gaps : des sauts d'espaces, de marches. Apparaissent Rodney Mullen (inventeur du kickflip), Mike Carroll.

En 1985, le film Retour vers le futur participe à populariser cette nouvelle culture skate. Urbaine, celle-ci est liée à des attributs vestimentaires (pantalons amples, baskets basses en toile, t-shirts graphiques) et musicaux.

Parallèlement, la pratique sur rampes a de plus en plus de succès au début de la décennie, et répand de nouvelles manières de skater. De petites rampes en contreplaqué sont bricolées (DIY) par des particuliers. Le half-pipe est médiatisé par des compétitions et des skateurs de rampe se font connaitre, comme Tony Hawk, Steve Caballero, Colin McKay. Mais à la fin des années 1980, la pratique perd nettement en popularité au détriment du street[20].

Années 1990 : le succès du streetModifier

 
Tony Hawk, 2012

Concurrencé par de nouveaux sports à la mode, le skate subit une brève crise au début des années 1990. Après quelques années discrètes, le succès du street revient et la pratique ne cessera dorénavant de progresser à travers le monde. Le skateboard, et plus exactement la discipline sportive du street, devient un phénomène culturel mondial.

Entre 1992 et 1995, le skate met l'accent sur la technique, abandonnant quelque peu le côté esthétique. Cette époque verra l'émergence de centaines de nouveaux tricks : des flips, se créent et s'améliorent, Salman Agah "invente" le switch (le fait de pratiquer avec la jambe opposée à celle d'appel, à l'envers en quelque sorte).

Rodney Mullen est principalement, avec Natas Kaupas, celui qui est à l'origine du skate moderne et qui a inventé une vingtaine de figures dont le kickflip et le heelflip.

Après ces quelques années passées à parfaire leurs tricks (figures), les skateurs — imitant des stars comme Pepe Martinez (1973-2003) — reviennent à leurs premières amours, s'emparant plus que jamais de la rue. Une nouvelle fois, les gros gaps et les handrails sont mis à l'honneur, couplés cette fois-ci à la toute nouvelle technique.

À partir de 1995, la médiatisation mondiale des X Games crée un nouvel intérêt du grand public pour le skateboard. L'ancien skate rebelle et underground fait place à un grand spectacle de performances sportives, suivi par des millions de personnes[21]. En même temps, les skateurs professionnels deviennent les ambassadeurs du marketing de grandes marques (vêtements, chaussures) visant les jeunes consommateurs masculins[21].

Si la rampe, très à la mode dans les années 1980, semble se marginaliser au début des années 1990, elle demeure néanmoins une discipline importante dans les compétitions et la médiatisation du skate. C'est l'époque, de Danny Way (considéré par certains comme le « plus grand ramprider de l'Histoire » ou encore le « maître de la vert' »), mais aussi de Rune Glifberg, Bucky Lasek, Tony Hawk, John Cardiel, Tony Trujillo. Au fil des années, la construction de skateparks ouvrira la discipline à de plus nombreux pratiquants[21].

Des années 2000 à aujourd'huiModifier

 
Compétition de street, Argentine 2019

Les décennies précédentes, les skateurs étaient majoritairement des jeunes garçons (15-20 ans) issus de la classe moyenne ou aisés[22]. Ces dernières années sont marquées par le développement du skateboard féminin (sport, déplacement)[23], dans les milieux modestes[22], ainsi que l'émergence de pratiquants plus âgés (30-40 ans).

À côté d'une pratique dominée par le street, on assiste à une diversification ou un engouement des pratiques autour de la longboard et la miniboard[23]. En Amérique du Nord, la longboard semble particulièrement progresser en zone urbaine ou auprès de pratiquants âgés de 25-35 ans ; la progression des ventes était estimée à 15-25% par an[24].

De même la pratique de nouveaux engins voisins du skate s'est développée, à l'exemple du bladeboard et du waveboard[23], ou bien l'émergence à la fin des années 2000 du skateboard électrique comme moyen de transport. Le succès de nouveaux modèles de trottinette à partir des années 2000 crée des conflits d'usage dans les skateparks.

En 2016, le skateboard est sélectionné pour les Jeux olympiques de 2020 à Tokyo. C'est une évolution vers la normalisation de la pratique, qui ne fait pas consensus parmi les skateurs.

Éléments d'un skateboardModifier

Un skateboard se compose de plusieurs pièces distinctes.

La plancheModifier

 
Mini-cruiser Penny : matière plastique et forme ancienne fish
 
Planches de street modernes avec un popsicle shape, forme classique depuis de nombreuses années.

Il existe des planches (decks) de formes et tailles variées ; selon les époques, les disciplines pratiquées, mais aussi la taille, le poids, la pointure de chaussures ou les préférences du pratiquant[25].

L'avant de la planche est appelé le nose (« nez » en anglais), la partie intérmédiaire le wheelbase, et l'arrière de la planche le tail (« queue »). Sur la plupart des planches actuelles de street/bowl, il n'y a pas de réelle distinction entre l'avant et l'arrière de la planche.

Les planches contemporaines des disciplines du street et bowl ont une forme et des dimensions relativement standards. Le plateau est en bois (érable canadien le plus souvent pour les planches européennes), composée de sept à douze couches fines de bois séchées et collées (colle à base d'eau ou de résine époxy) puis compressées (contreplaqué)[25]. Depuis plusieurs années, le shape standard de la planche de street a la forme dite classic ou « popsicle shape », plutôt symétrique avec un nose et tail ayant pratiquement la même forme (twin-tip)[25]. Les planches de bowl sont plus larges, avec parfois un shape old school (tail moins arrondi)[25]. Plus récemment, des planches polyvalentes (bowl-street) ont adopté une forme intermédiaire dite « shaped deck »[25]. La courbure longitudinale (concave) varie selon les modèles et fabricants[25]. La longueur varie entre 28 et 33 pouces (70-80 cm)[25]. La largueur varie généralement de 7,4 pouces (190 mm (street) jusqu'à 9,5 pouces (bowl).

Les planches d'autres disciplines (longboard) ont des formes, dimensions et matériaux beaucoup plus variables, selon les pratiques ou les fabricants. Les matériaux peuvent être l'érable, le bambou, le plastique[25]. La longueur peut varier d'une trentaine de centimètres pour les plus petites (mini-cruiser) à plus de 2 mètres pour les plus longues.

D'autres éléments distinguent les planches, notamment les skate graphics, la décoration graphique. La planche en bois est généralement recouverte du grip, une feuille adhésive « anti-dérapante » comparable à du papier de verre, indispensable pour certaines figures (ollie) et responsable de l'usure rapide des chaussures.

Les trucksModifier

 
Un truck de la marque Independent
 
Détail de la fixation drop through d'un truck longboard

Un truck est un ensemble de pièces mobiles servant de liaison entre la planche et deux roues. Il y en a deux par skate, vissés à la planche. Un truck est constitué d'une armature en alliage d'aluminium, d'axes en acier et de pièces en gomme.

Il existe différentes variantes de trucks, notamment par la largeur (écartement des roues) ou le système de fixation à la planche (top mount ou drop through), mais ils ne diffèrent pas beaucoup de celui présenté sur la photo ci-contre. La forme et le type de « gommes » (bushings) plus ou moins dure et la force de serrage de l'écrou de l'axe déterminent la stabilité et la vivacité du skateboard.

Le terme axe (kingpin en anglais) fait également référence à la vis autour de laquelle toutes les parties du truck viennent s'assembler : l'embase, le hanger (partie sur laquelle le grind se fait) et les « gommes ».

Il existe des variantes de trucks, à l'exemple des trucks à suspension favorisant l'absorption de chocs[26] ou bien des trucks de surfskate facilitant les virages serrés.

Les roulements à billesModifier

 
Des roulements à billes de skate

Ce sont tous des roulements à billes. Il existe plusieurs types de qualité, classés selon les normes ABEC qui vont de 1 à 9. Les ABEC1 étant des roulements bas de gamme peu performants mais solides, les ABEC3 et 5 sont les plus courants, solides et rapides tandis que les ABEC7 et 9 ont tendance à être moins solides, mais bien plus rapides. Beaucoup de marques actuelles ne tiennent plus vraiment compte de ces standards pour leurs roulements haut de gamme. Une planche nécessite huit roulements (deux par roue). Les roulements sont le plus souvent espacés par un pallier (petit cylindre métallique qui sert à faciliter le glissement entre l'axe et le roulement).

Les rouesModifier

 
Roues de street

En polyuréthane, elles ont un diamètre qui peut varier de 45 à 60 mm pour les modèles les plus courants. En général les roues de petit diamètre sont préférées par les skateurs de street car elles offrent plus de réactivité au skateboard en abaissant le centre de gravité de la planche qui entre donc plus rapidement en contact avec le sol lorsque le skateur fait son trick. Les roues de grand diamètre offrent au contraire une moindre réactivité mais une plus grande stabilité ainsi qu'une vitesse de ride plus élevée et sont généralement utilisées par les ramp-riders ou les skateurs qui aiment la vitesse. La dureté des roues varie également, les roues de « filmeurs » étant généralement assez molles afin de diminuer les vibrations et le bruit lié au roulement sur le sol dans le but d'améliorer la qualité du film. Enfin, les roulements sont insérés dans la partie centrale des roues. Celle-ci se trouve parfois renforcée par un cœur en matière plastique afin d'améliorer la durée de vie des roulements. Cette dureté est écrite avec un chiffre suivi d'un A correspondant à la dureté Shore. Il en existe plusieurs types: 92A (plus pour le street), 95A, 99A et même 101A pour les plus durs (utilisés surtout pour les skateparks ainsi que les slides en longskate).

La visserieModifier

Des boulons (vis et écrou) ou parfois des clous sont utilisés pour fixer les trucks à la planche. Les vis peuvent être de longueurs différentes, selon que le skate possède des pads ou non. La taille classique de la visserie est de 1 pouce (25,4 mm).

Les padsModifier

Petits rectangles en plastique à placer entre le truck et la planche. Ils ont la même superficie que la base du truck avec une hauteur d'environ 1 ou 2 mm. Ils permettent l'absorption des vibrations du sol et l'amortissement des chocs et le surélevement des trucks pour accueillir des roues d'un plus gros diamètre pour éviter le wheel-biting (quand les roues touchent la planche) ; ces éléments sont optionnels.

Élements optionnelsModifier

Types de pratiquesModifier

StreetModifier

 
Saut au-dessus d'un obstacle, exemple de pratique moderne du street

La pratique du street (« rue » en anglais) consiste principalement à réaliser des déplacements et des figures (tricks) sur des mobiliers et éléments urbains (escalier, rampe, bordure). Mais le street inclut communément les tricks sur un espace dégagé et plat (flat) à l'identique de l'ancienne pratique du freestyle[19]. Le street est typiquement pratiqué dans la rue, mais il peut être pratiqué dans des skateparks dédiés, comportant des modules imitant le mobilier urbain : rampe, escalier, rail, box...

Depuis les années 1990, le street est la discipline la plus populaire et la plus pratiquée aux États-Unis et en Europe (environ 90% des skateurs[19]). Pour le grand public et les skateurs, la pratique du « skateboard » est ainsi souvent confondue ou rattachée par défaut avec celle du street.

Le skate pratiqué dans les espaces publics peut créer des conflits d'usage avec les riverains. La pratique de rue est fréquemment considérée par les pouvoirs publics comme une source de nuisance (bruits), de dégradation du mobilier urbain, d'insécurité (rassemblement de jeunes). Selon les pays et les villes, des règlementations visent à interdire partiellement ou totalement la pratique du skate dans les rues[27]. La création de skateparks pour le street est souvent considérée comme un moyen d'éloigner les skateurs des espaces publics.

Rampe et bowlModifier

 
Sean Goff exécute une figure aérienne (aerial) sur une rampe (half-pipe).
 
Skate dans un bowl

La rampe, le bowl, le half-pipe (ou parfois la « vert' » ou la « courbe ») consiste à réaliser des déplacements et figures sur des modules de skatepark constitués de pentes courbées plus ou moins hautes et verticales. Cette discipline spectaculaire a pour origine la pratique du skateboard dans les années 1970 dans des piscines californiennes vidées (poolriding).

Dans son déplacement, le skateur cherche les meilleures « lignes » (trajectoires) et réalise des transferts de poids sur sa planche (pompage) dans les zones de « transition » courbées entre le sol (flat) et le mur vertical (vert), afin de conserver ou augmenter sa vitesse. Une vitesse suffisante permet ensuite au skateur d'atteindre le rebord du module et de réaliser des figures en l'air (aerial) ou sur la bordure métallique (coping).

Les skates de rampe et bowl sont souvent légèrement plus large que ceux de street, avec des roues plus grosses. L'usage de protections (casque, genouillères, etc) est obligatoire dans certaines compétitions.

Freestyle et dancingModifier

 
One-handed handstand, 1989
 
Longboard dancing, 2012

Le freestyle consiste à réaliser des figures sur un terrain dégagé et plat (flat). Inspirée par les figures acrobatiques du surf et de la gymnastique et les performances de l'athlétisme, c'est l'une des plus anciennes pratique de skateboard. Le freestyle fut très populaire à certaines périodes entre les années 1960 et le début des années 1990, avec des figures emblématiques comme le saut en longueur (réception sur un second skate), le saut en hauteur (hippie jump), l'équilibre sur les mains (hand stand) et d'autres figures désignées depuis comme old school (« vieille école »)[28]

De nos jours, certaines pratiques acrobatiques modernes, comme le longboard dancing ou le street sur le plat, peuvent être comparées au freestyle.

Le dancing correspond à la discipline freestyle sur une planche de grande dimension (longboard). Des planches dédiées ont un nose et un tail pour pouvoir effectuer des figures artistiques, elles sont aussi plus souples afin de maitriser totalement l'utilisation de la planche et tourner plus facilement. Deux styles de dancing se distinguent : le boardwalking (d'après les figures de surf sur longboard) et le flat freestyle[29].

Descente et freerideModifier

 
Virage dans une descente sur route
 
Toeside Coleman grab slide

La descente (downhill, abrégé DH) consiste à descendre de longues routes montagneuses le plus rapidement possible avec des planches de type longboard[30]. La discipline trouve un regain d'intérêt depuis les années 1990. Des compétitions officielles sont organisées depuis 2002, notamment sur des routes fermées avec une pente de l'ordre de 10%[30]. Le record du monde de vitesse est une pointe à 147 km/h (2017)[31].

Cette pratique nécessite une maitrise d'un positionnement du corps pour la vitesse, le « tuck », afin d'optimiser l'aérodynamisme et la stabilité[32]. La technique fondamentale est le freinage « glissant », le slide, un dérapage avec la planche et les roues perpendiculaires à la trajectoire, le dos (backside/toeside) ou le torse (frontside/heelside) face à la pente. Plusieurs variantes de slide existent : le stand-up slide réalisé debout, le sitdown accroupi, le Coleman slide avec un gant s'appuyant sur la route[33], le grab en tenant la planche, le check, les tech slides, etc.

Vidéo de freeride

La descente nécessite des équipements de protection spécifiques contre les chocs et l'abrasion : casque intégral, combinaison en cuir, plaque dorsale, gants à puck (munis d'une plaque de glisse), genouillère renforcée, etc. Si le skate est l'engin le plus populaire pour la descente, la discipline peut également être pratiquée en roller, streetluge ou buttboard[30].

Le freeride consiste à se déplacer, souvent dans des pentes, à la recherche de sensations de glisse et de belles courbes, en réalisant de multiples manœuvres de virages dérapés (slides) et virages coupés (carving). Les planches de freeride sont typiquement rigides, avec une longueur variant de 90 à 105 cm[34].

Le carving est une manière de skater en virages coupés qui rappelle le surf, en recherche de courbes bien appuyées et bien fluides, généralement pratiquée sur des pentes modérées. Les planches dites de « carving » sont en général longues et flexibles (carving longboard), ou au contraire courtes et rigides (surfskate), et disposant d'un truck avant adapté permettant un virage plus serré

SlalomModifier

 
Compétition slalom, 1987

Le slalom consiste à se déplacer rapidement entre des plots. Les planches sont généralement courte et étroite (de type Penny), avec des trucks très souples, pour faciliter les virages nerveux et rapides. Si la discipline a été relativement populaire aux débuts du skate, la pratique du slalom est peu répandue aujourd'hui[19].

Promenade et longue distanceModifier

 
Promenade en longboard, avec poussée au bâton (land paddling)

La promenade, balade ou le cruising désigne l'usage du skateboard pour des déplacements. Munies de grosses roues molles, pour faciliter la vitesse et le roulement sur des sols irréguliers, les planches peuvent être de très petite taille (miniboard à l'exemple d'une Penny board) ou relativement longues (longboard dite « classique »).

L'endurance ou « LDP » (long distance pushing, « poussée de longue distance ») est une discipline consistant à parcourir de longue distance en skateboard, pour le voyage ou la performance sportive. Les planches d'endurance sont typiquement très basses, pour faciliter la poussée du pied[35].

Types de skateboardModifier

Depuis son émergence, la configuration des éléments constitutifs du skateboard a évolué. Au fil des décennies, il s'est créé divers types de planches correspondant à des pratiques distinctes. Depuis plusieurs années, la pratique dominante est celle du street (tricks sur plat ou mobilier urbain), mais il existe d'autres type de planches et pratiques :

  • le cruiserboard ou miniboard ou Penny planche très courte et à grosses roues. Utilisé par exemple pour les petits déplacements et la promenade (cruising), le slalom
  • le longboard ou longskate : la planche ainsi que les trucks sont plus longs pour permettre plus de vitesse et de stabilité. Utilisé pour la descente (downhill), le slalom, la danse (longboard dancing), la promenade...
  • le surfskate : le truck avant facilite les virages serrés à plat et le pumping
  • le buttboard : littéralement « planche à fesse » pour la vitesse en position allongée, qui évoluera vers la streetluge
  • la mountainboard : planche avec footstraps, 4 roues avec jantes et pneus.
  • la streetboard ou snakeboard

Il existe des skateboard à moteur dédiés au déplacement, notamment le skateboard électrique.

Il existe des objets apparentés au skateboard à quatres roues :

  • la Bladeboard : les roues sont en ligne
  • la Waveboard : Essboard ou Caster board, seulement deux roues en ligne, planche très flexible
  • la Freeboard : 3 roues à l'avant, 3 roues à l'arrière
  • les Freeline skate : chaque pied a une mini-planche avec deux roues
  • la Cut board : chaque pied a une mini-planche avec une roue
  • le Flowboard : la planche possède deux rangées de 7 roues à l'avant et à l'arrière de la planche.
  • le soleskate : la planche possède deux roues à l'avant, une seule à l'arrière.

Il existe des jeux d'adresse inspirés du skateboard :

  • le fingerboard : planche d'une dizaine de cm. de long, elle se manie avec les doigts
  • la handboard : planche d'environ 27 cm. de long, elle se manie avec les mains

TricksModifier

Article détaillé : Trick (skateboard).
 
Frontside lipslide sur rail incliné

Un « trick » désigne une manœuvre ou une figure acrobatique. Dans plusieurs disciplines, notamment le street, la pratique régulière consiste à essayer d'exécuter complètement une figure (« rentrer un trick ») encore jamais maitrisée par le skateur, par de multiples tentatives (parfois pendant des heures). Une fois le trick maitrisé, le skateur considère qu'il fait partie de son répertoire personnel (surtout s'il a une preuve, comme une vidéo). Le skateur se consacre ensuite à l'apprentissage d'un autre trick encore plus difficile.

Toutes les figures peuvent s'effectuer avec des variations dans le but d'augmenter la difficulté. Par exemple, des variations de position des pieds (nollie, switch), en « marche-arrière » (fakie), sur seulement deux roues (manual), en saisissant la planche (grab), à la suite d'un autre trick, obstacle devant (frontside), obstacle derrière (backside).

La figure fondamentale du street est un saut avec la planche depuis le plat, dénommé ollie. Ce saut permet de surmonter des obstacles, de poser le skate sur du mobilier ou d'initier de nombreux autres tricks aériens, tels que des pivotements (flip) de la planche (kickflip, heelflip, shove-it) ou une rotation du skateur (ollie 180).

Les interactions du skate avec un mobilier à la surface lisse (rampe d'escalier, bordure, marche d'escalier, coping de bowl, etc.) constituent de multiples tricks basés sur une « glissade » avec un appui du plateau du skate (slide) ou un appui des trucks (grind).

Sport ou artModifier

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Le skateboard est-il un sport ou un art ? La question se pose dès que l'on désire aborder le style et la philosophie de la discipline. Un sport est une discipline mettant l'accent sur la performance, tandis qu'un art vise à atteindre un idéal esthétique, par une technique, un style propre. En tant qu'art, le skateboard se rapprocherait de la danse, en ce que la recherche de beauté se fait à travers le mouvement.

Les systèmes d'évaluation des skateurs lors des compétitions montrent l'ambivalence de la discipline. Ainsi, à l'issue de son run (passage, prestation), le skateboarder sera jugé non seulement sur la technique et la performance, mais aussi sur la créativité et le style (l'esthétisme). Limité en temps, un run peut être comparé à un programme de patinage artistique, avec toutefois des règles moins strictes et l'absence de dichotomie entre programme libre et programme imposé.

La plupart des adeptes de skate ne considèrent pas leur discipline comme un sport à part entière. Deux voies différentes, mais néanmoins complémentaires se dessinent donc, le skateboard est un sport à 100 % — tous les aspects de la discipline n'étant pas quantifiable en termes de performance — la pratique de la discipline comme objet esthétique visuel (en photographie notamment) se répand.

Le skateboard est généralement considéré comme un sport extrême, même s'il peut être pratiqué à des niveaux bien différents. Il est aussi considéré comme un sport urbain.

CompétitionsModifier

Des compétitions internationales et nationales sont régulièrement organisées depuis les années 1980 pour différentes disciplines du skateboard, bien que la pratique compétitive concerne une minorité de skateurs. Ces compétitions prennent la forme de circuits ou d'évènements compétitifs isolés (contest). Sont distingués notamment les disciplines de street, de rampe ou bowl, de freestyle[36] ; et pour la longboard les disciplines de downhill, slalom, dancing[37]. Ces dernières années, les deux circuits professionnels majeurs étaient la Street League Skateboarding (SLS, discipline du street) et le circuit du Vans Park Series (discipline du bowl)[38]. Les compétitions internationales et leur médiatisation favorisent la professionnalisation des meilleurs skateurs, par les récompenses financières et le sponsoring de marques d'équipement ou de vêtements.

En France, le skateboard est rattaché depuis 1997 à la Fédération française de roller et skateboard et compte très peu de pratiquants fédérés (de l'ordre de 2000). Un circuit annuel de Championnat de France (street, bowl) est organisé[39].

Pour les Jeux olympiques de 2020, les disciplines de skateboard retenues sont le street et le « park terrain » (bowl), en partenariat avec la fédération World Skate et le circuit professionnel SLS (street)[40].

RisquesModifier

 
Le port de protections (casques, genouillères, coudières...) diminue les risques et la gravité des blessures.

Le skateboard est généralement considéré comme un sport extrême ; il est notamment intégré aux X Games, ce qui contribue à lui donner une image de sport à risques.

Selon la littérature internationale sur les blessures des sports à roulettes, la grande majorité des blessures sont liés à des chutes (89 % sur une étude d'un département français). Les autres circonstances sont les collisions avec des obstacles fixes (5 %), avec un véhicule motorisé, avec un vélo ou d'autres pratiquants à roulettes[27].

De nombreuses publications suggèrent une faible proportion (0-5 %) de collisions entre engins à roulettes et autres véhicules, mais les blessures sont alors les plus graves. Les collisions avec piétons sont rares[27].

Sur les circonstances des blessures, une étude sur des skateboarders canadiens rapportent que « 56 % des cas résultent de chutes lors d’une progression normale, 2 % de chutes lors d’une descente, et 41 % de chutes lors de la réalisations de figures (sauts ou autres : tricks) »[27]. La pratique de la descente sur route à grande vitesse (et l'accrochage aux véhicules) semblent à l'origine de la majorité des accidents mortels[41].

Sur la nature des blessures, les études relèvent une prédominance des atteintes aux membres supérieurs (fractures), mais également des atteintes fréquentes aux membres inférieurs et à la tête (tête et face)[27].

Selon une étude américaine de 2002 relative aux nombre de pratiquants, la pratique du skateboard apparait deux fois moins risquée (blessures) que celle d'un sport de contact comme le basket-ball[27]. La pratique du skateboard est néanmoins deux fois plus risquée que celle du roller en ligne[27].

Culture du skateboardModifier

AnglicismesModifier

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De par son origine américaine, le vocabulaire lié à la discipline est truffé de néologismes directement empruntés à l'anglais. Au niveau même de son nom, le skateboard, souvent raccourci en skate, revendique ses origines anglophones, étant aujourd'hui plus utilisé que l'appellation originelle et officielle : la planche à roulettes[42].

Il en va de même pour les noms des tricks (figures) : du varial flip au boardslide, toutes les figures sont nommées à l'anglaise. Il n'est pas rare d'entendre un skateur qualifier une simple rotation de 360° de three-sixty (litt. « trois (cent) soixante »).

Certains éléments ont une appellation double. Ainsi, dans un skatepark, on n'hésitera pas à parler de « rampes » (français), mais on précisera de quel type il s'agit en parlant de half-pipe (anglais) et de quarter-pipe (anglais). Dans d'autres cas, l'appellation anglaise côtoie l'appellation française sans que l'une prédomine sur l'autre forme (par exemple fifty-fifty (50-50) en anglais et « cinquante-cinquante (50-50) » en français).

Le skateboard et l'imageModifier

Les vidéos qui ont marqué, à chaque génération, l'histoire du skateboard, témoignent du lien entre skateboard et images. Même si l'innovation dans les figures et leurs enchaînements est devenue la mesure de référence d'une bonne vidéo, l'aspect esthétique de cet enchaînement, l'impression générale rendue, et le style demeurent indispensables pour que celle-ci entre dans l'histoire. Elle est, en général, associée à une bande-son qui « colle » aux séquences de chaque skateboarder.

On note la sortie du film Les Seigneurs de Dogtown, de Catherine Hardwicke, qui retrace l'évolution du skateboard à partir des années 1970 et des fondateurs d'une nouvelle discipline (le poolriding) qui va révolutionner le skateboard : Jay Adams, Stacy Peralta et Tony Alva.

Les vidéastes de skate Ty Evans et Spike Jonze, connus pour avoir réalisé la vidéo Yeah Right, sont les premiers à avoir franchi un cap au niveau de la réalisation des vidéos de skate. Ils utilisent des techniques et effets spéciaux de cinéma, et filment maintenant avec des caméras HD.

Mode vestimentaireModifier

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Paire de baskets Vans très utilisée dans les années 1980 et qui revient beaucoup à la mode à partir de 2010.

La récupération par les médias de l'image de la planche à roulettes et la profusion des marques de skate (Black label, Enjoi, Blind, DVS, World Industries, Element, Chocolate, éS,Lakai, Supra, etnies, Jart, Flip, toy machine, Girl, Globe, Independent, Matix, Osiris, Spitfire, Venture, Vinkel, Volcom, WESC, Circle, Cliché Skateboards, Emerica, Doble skateboards, Blend Matoël, Baker Skateboard, Anti Hero, Soldier Brand, Vans, Bones, Altamont Apparel, Carhartt, DC, Quicksilver, Plan-B , BoardBreaker, DGK, popular skateshop, Darkstar, Trauma , Alien Workshop (en), Magenta, Perdu et tant d'autres) a également fait du « style skateur » une mode à part entière. En effet, les habitudes stylistiques des adeptes, issues des cultures populaires californienne et urbaine américaine, se voient reproduites par une multitude de jeunes, la plupart n'étant même pas intéressés par la pratique du skate. Cette nouvelle génération est vue d'un drôle d'œil par certains « véritables » skateurs, qui les qualifient alors de « poseurs ». Ce style s'étant développé en mode, l'attirail vestimentaire des skateurs coûte cher, ce qui mène quelquefois à des situations où seuls les « poseurs » portent réellement des habits de skate, tandis que les pratiquants n'en voient pas forcément l'intérêt. Mais il ne faut pas voir là-derrière une imitation désœuvrée ou une reproduction ridicule. La récupération de cette mode est une façon de montrer son adhésion à une façon de penser, plus encore qu'à une discipline en soi. L'esprit du skateboard a donc beaucoup inspiré la nouvelle génération, devenant un phénomène de société, et une référence parmi les jeunes.

 
Un skateur pratiquant le sagging

Dans les années, 2000, le style « skateur » est caractérisé par des vêtements amples (influence Hip Hop) ou des vêtements serrés (influence Rock'n'Roll / Punk). La préférence est ainsi donnée aux t-shirts longs et aux pantalons « baggy », style que l'on qualifiera de « Big pants, small wheels » (littéralement grands pantalons, et petites roues) ou aux pantalons « slim » avec des chaussures fines et des T-shirt serré. Les pantalons sont, chez le skateurs, porté très souvent à la manière du sagging.

Les chaussures de skate, quant à elles, sont très particulières. Conçues à l'origine pour tenir au mieux sur un skateboard et s'abîmer le moins possible, avec de grosses semelles et munies de lacets épais, les "skate-shoes" sont désormais plus fines, privilégiant ainsi la sensibilité pour permettre aux skaters de réaliser des figures qui sont de plus en plus techniques.

Depuis 2010, les skaters représentent souvent le style « à la mode ». De nouvelles marques fleurissent autour de ce mouvement plus "hype" plus soigné, avec des marques comme Qhuit, Sixpack, Olow… La société a fait des skaters (à leur insu) « les gens branchés » du moment. Tatouées, Rock n' Roll, fêtards, ils représentent désormais une sorte de fantasme de liberté dans cette société qui tend à être de plus en plus normée.

MusiqueModifier

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La culture musicale qui se trouve derrière le skateboard est le résultat d'une longue évolution, et est ainsi très diversifiée. Les styles de musique varient, vers Los Angeles, on écoutera les chanteurs de rap de la côte Ouest (dit « West Coast »), alors qu'à New York, on écoutera la musique de la côte Est (dit « East Coast »).

Issu du surf, discipline à la culture profondément rock 'n' roll, le skateboard s'est ensuite développé dans la rue. Il n'y a pas de généralité absolue à faire. Le hip-hop est récupéré pour son appartenance à la street culture américaine, tandis que le rock rappelle l'euphorie des débuts. Néanmoins, il semblerait que la plupart des skaters écoutent du rock. Mais il faut également noter que certains skateurs, pouvant être qualifiés de roots, écoutent des genres musicaux différents, tels que le reggae, le dub ou encore le ska. Une autre branche des skaters écoute du metal. Il semblerait toutefois que les deux styles de musiques les plus écoutés par les skateurs sont du Rap (hip-hop, rap US, etc.) ou du Rock (Rock'n'roll, Metal, Hard Rock, etc.)

Les Skateurs écoutant du Rap se caractériseraient en s'habillant avec des jeans baggie, et la plupart aimeraient skater de la "street" (les manuals, curbs, flips parfois très techniques...). Tandis que ceux écoutant du Rock feraient plutôt de la "street" du genre hammer (Gros gaps, handrails...). Quant aux plus âgés d'entre eux, écoutant en général du Rock'n'Roll, pratiqueraient de la vert (les débuts du skate, années 1970) comme du bowl (qui étaient autrefois des piscines californiennes) et de la rampe. Ceci étant tout de même qu'une image (les skateurs pratiquent ce qu'ils aiment, un skateur qui écoute du rap peut aimer du hammer et vice-versa). La musique (dans les vidéos) a souvent une influence sur les jeunes skaters, qui parfois découvrent et s'ouvrent vers un nouveau genre musical. La musique de chaque part (section de vidéo), étroitement liée à l'image du skateur et de la marque, influencent certains jeunes qui se mettent à s'habiller comme le skateur qu'ils aiment bien et à écouter le même style de musique. Dans les vidéos, on peut souvent voir que le skateur enchaîne ses tricks dans les temps. Lorsque le skateur fera un gap ou un trick au ralenti quand il replaquera, il le fera en même temps que la musique. Cela vient aussi des montages vidéos qui sont faits.

Un style de musique apparenté au punk californien, le Skatecore, a pris un nom rappelant le skate.

Lors de compétitions ou sessions, dites AM (amateur) ou Pro (professionnel), il y aura toujours la présence de musique. La musique donne un rythme aux runs des skateurs, ils s'en inspirent et font preuve d'imagination. Tout combiné, le skateur, sa planche et la musique donnent un résultat qui sera noté par les jurys. C'est pourquoi la musique joue un rôle assez important pour les runs des skateurs.

Jeux vidéoModifier

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Plusieurs jeux vidéo ont tenté de recréer les sentiments que l'on peut éprouver en faisant du skateboard. Parmi ces jeux, on trouve entre autres :

  • Top Skater, un jeu d'arcade de simulation créé par Sega en 1997 qui n'est pas vraiment représentatif du skateboard pratiqué par la majorité puisqu'il s'agit de descente.
  • Skate and Destroy, sorti en février 2000 édité par Rockstar Games, qui peine à reproduire les figures au niveau de l'ergonomie des boutons mais qui est amusant pour les chutes où le skater devient un pantin désarticulé.

Mais le premier jeu de skateboard à avoir eu un gros succès est la série des Tony Hawk's Skateboarding développée par Activision et sortie en 1999 ; les personnages ont été créés à partir de skaters pro numérisés à l'aide de capteurs, ce qui ne devait surement pas être le cas sur Top Skater où les skaters ont leurs planches qui restent collées aux pieds. On n'avait jamais atteint ce réalisme dans un jeu de skateboard, tout est une reproduction de l'existant, les figures de bases, les vêtements, le matériels, certains spots. Seuls les enchainements interminables de figures que les joueurs créent peuvent souffrir d'un manque de réalisme, pour le plus grand plaisir de ces derniers. Ce jeu, de par sa diffusion, a énormément contribué à vulgariser les termes techniques de skateboard et le nom des pros auprès du grand public. En septembre 2007, Electronic Arts a publié un nouveau jeu de skate qui présente un gameplay qui imite bien les mouvements qu'on peut effectuer sur une planche.

  • Skate est un jeu vidéo de skateboard d'EA Sports sorti sur PlayStation 3 et Xbox 360 le 24 septembre 2007 aux États-Unis et le 11 octobre 2007 en France et en Europe. Une suite, intitulée Skate 2, est sortie en 2008 ainsi qu'un dérivé pour Nintendo DS et Wii appelé Skate It. Ce jeu a apporté ce qui manquait cruellement à Tony Hawk's Skateboarding. Alors qu'auparavant le réalisme était essentiellement « visuel », Skate se rapproche d'une simulation (si on exclut le fait de jouer avec les mains !). Lorsqu'on jouait à Tony Hawk's Skateboarding, les commandes servaient uniquement à se diriger et pour l'exécution de tricks (figures) si on lâchait la manette, le skater continuait sa route, chaque bouton correspondait à un type de figure différent. Ici le joueur fait face à de nouvelles difficultés, chaque poussée pour avancer doit être exécutée avec la manette. Ainsi, lorsqu'on se trouve a quelques mètres d'un obstacle, on doit gérer l'élan et se préparer à exécuter la figure comme si on était dans la rue. Le joueur doit apprendre à gérer l'espace comme dans la réalité, ce qui rend ce jeu excitant.

CinémaModifier

Films dans lesquels le skateboard tient une place importante ou centrale :

RèglementationModifier

 
Panneau d'interdiction du skateboard (Royaume-Uni)
 
Éléments métalliques « anti-skate » fixés sur un muret, pour empêcher les glissades (grind)

La pratique du skateboard dans les espaces publics est fréquemment considérée par les pouvoirs publics comme une source de nuisance (bruits), de dégradation (mobilier urbain), d'insécurité (rassemblement de jeunes), de danger (collision avec piétons ou automobiles)[27].

Selon les villes, de nombreuses règlementations locales ou nationales visent à interdire partiellement ou totalement la pratique du skate dans les rues, les places publiques, sur la chaussée ou les trottoirs.

Pour le chercheur Thierry Brenac, les interdictions du skateboard (en France) sont également motivées (au niveau local) par « une volonté de normaliser les conduites dans l’espace public, voire d’écarter une certaine population — jeune, peu consommatrice, et jugée susceptible de gêner ou d’effrayer les consommateurs et les touristes — d’espaces économiquement importants comme les secteurs touristiques et commerçants.[27] ».

En raison des risques de chute mortelle ou de collision, de nombreuses villes américaines interdisent (fortes amendes) la pratique de la descente sur route[43].

Ces interdictions sont parfois contestées par les skateurs à travers le slogan « skateboarding is not a crime » (auto-collant, T-shirt), qui fait écho aux fréquentes verbalisations et arrestations de skateurs américains[44] dans les années 1980 et au début des années 1990.

Règlementation en FranceModifier

Article principal : Skateboard en France.

En France, le skateur, lorsqu'il circule sur la voie publique, est un piéton au regard du code de la route. C'est en tous les cas le sens de la réponse du ministre de l'intérieur en 2004 à une question écrite[45] : « En l'absence de réglementation spécifique, les utilisateurs d'engins à roulettes sont, lorsqu'ils circulent sur la voie publique, assimilés à des piétons ».

Néanmoins, des règlementations locales (décrets municipaux) interdisent la pratique du skateboard (street, déplacement) dans l'espace public de nombreuses villes françaises, à l'exemple de Paris[46], Aix-en-Provence[47].

BibliographieModifier

Depuis les années 2000, des travaux et publications scientifiques traitent spécifiquement du skateboard, autour d'une thématique particulière (professionnalisation du skate, règlementation des municipalités). De nombreuses autres publications incorporent le skateboard dans l'objet de leur étude : urbanisme, sociologie des sports, culture et design contemporain, etc[48].

Ouvrages :

  • (en) Iain Borden, Skateboarding and the City : A Complete History, 2019, 384 pages (aperçu en ligne)

Articles :

  • * Claire Calogirou et Marc Touché, « Sport-passion dans la ville : le skateboard », Terrain, 1995 en ligne

Notes et référencesModifier

  1. a et b De l'américain skateboard formé de skate « patin » et board « planche » Dictionnaire Larousse
  2. Terme le plus courant chez les adolescents. (Calogirou, par. 12)
  3. Calogirou, par. 12)
  4. Montgomery, Tiffany (May 12, 2009). « The state of the skateboarding industry »
  5. a b et c Borden 2019, p.197
  6. Enquête pratique physique et sportive 2010, CNDS / direction des sports, INSEP, MEOS, cité dans http://www.sports.gouv.fr/IMG/pdf/la_pratique_des_activites_physiques_et_sportives_en_france.pdf
  7. a b c d e f et g Borden
  8. Xiradakis Milos, « Faire (de) la planche en ville », Spirale, 2013/4 (N° 68), p. 17-23. DOI : 10.3917/spi.068.0017. lire en ligne
  9. Skateboarding 1965 Mickey Munoz Surfers slalom, Youtube
  10. a b c d e et f Sébastien Cretin, La transmission des savoirs du skateboard à l'épreuve des nouvelles technologies de l'information et de la communication, Thèse de sociologie, Université de France-Comté, 2007, p.62 lire en ligne
  11. [(en) Aloha! Vintage Skateboard Gallery
  12. a et b Sébastien Cretin, op. cit., p.63 Thèse en ligne [PDF]
  13. Dogtown & Z-Boys, 2001, documentaire
  14. a b c et d Sébastien Cretin, op. cit., p.64 Thèse en ligne [PDF]
  15. Corinne Dubreuil, Guillaume Dufau, Skate, Editions Milan, , p. 11.
  16. (en) Iain Borden, Skateboarding and the City: A Complete History, 2019, p.183 aperçu en ligne
  17. Gaëtane Morin, « Les pionniers du skate », Le Parisien week-end, 11 août 2018, p. 34-37.
  18. a et b A Brief History of Skateboarding, liveabout.com
  19. a b c d e f g h et i Sébastien Cretin, op. cit., p.65 Thèse en ligne [PDF]
  20. https://skatehistory.weebly.com/1980s.html
  21. a b et c https://skatehistory.weebly.com/1990s.html
  22. a et b Caligourou, Le skateboard : une pratique urbaine sportive, ludique et de liberté, 2000
  23. a b et c Fédération française roller et skateboard, « SKATEBOARD
  24. https://journals.openedition.org/teoros/455
  25. a b c d e f g et h https://www.skatedeluxe.com/blog/fr/wiki/skateboarding/skateboard-wiki/decks-planches/
  26. (en-US) « Avenue Trucks – High Performance Suspension Skate Trucks », sur avenuetrucks.com (consulté le 26 octobre 2017)
  27. a b c d e f g h et i Thierry Brenac, « Sécurité et nouvelles pratiques de l’espace public : le cas des trottinettes, skateboards et autres engins à roulettes », 2015
  28. Voir en anglais Freestyle skateboarding tricks
  29. Dancing
  30. a b et c https://ffroller.fr/les-disciplines/evenements-descente/
  31. Record de vitesse 2017 sur Youtube
  32. Downhill tuck
  33. https://riders.co/en/longboard/slides/heelside-coleman-slide
  34. https://fulkit-skateboards.com/fr/81-descente-freeride
  35. https://fulkit-skateboards.com/fr/364-longboard-complet-endurance-ldp
  36. (Calogirou)
  37. Voir http://www.cns-l.fr
  38. 5 bonnes raisons de suivre les circuits pros de skateboard : les Vans Park Series et la Street League, 2019
  39. http://skateboard-france.fr/championnat-de-france-2019/
  40. http://skateboard-france.fr/haut-niveau-infos-generales/
  41. Borden p.185
  42. Voir Calogirou par. 12
  43. Borden, p.185
  44. Helen Woolley, « Freedom of the city: Contemporary issues and policy influences on children and young people's use of public open space in England », 2006
  45. no 45849 publiée au Journal Officiel le 10 août 2004 page 6 189
  46. Le Parisien, Le skateboard interdit dans Paris, 1998
  47. http://www.aixenprovence.fr/IMG/pdf/Arrete710.pdf
  48. #Borden

Articles connexesModifier

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Liens externesModifier