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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Trentin.
Silvio Trentin.

Silvio Trentin est un intellectuel italien et résistant antifasciste, forcé à l'exil.

Il est né le , en Italie, à San Donà di Piave. Il fut l’un des plus jeunes professeurs d’université de droit, lauréat de l’université de Pise. Il obtint son doctorat en droit à l’âge de 24 ans.

Après la Première Guerre mondiale dans laquelle il combattit comme aviateur, il fut élu en 1919 député Democrazia sociale de Venise. Dès 1921, il s’opposa de manière résolue à la montée violente du fascisme. La mise en place de la dictature de Benito Mussolini le contraignit à s’exiler en février 1926 dans le Sud-ouest de la France.

De retour en Italie pour combattre Mussolini il est fait prisonnier à Venise et meurt en détention le .

Son exil à Toulouse et son action durant l'occupation allemandeModifier

 
Silvio Trentin et sa fille Franca, enseignante, chevalière de la Légion d'Honneur le 14 juillet 1978 (il eut également un fils, Bruno).

Après cinq années de résistance contre Mussolini, Silvio Trentin s'exila avec sa famille en Gascogne en 1926 puis à Toulouse en 1935, sur les conseils d'amis italiens. Il ouvrit une librairie à Toulouse (n° 46 rue du Languedoc). Partisan des États-Unis d'Europe, dans la lignée de Pierre-Joseph Proudhon, il théorisa les concepts d'autonomie et de « fédéralisme interne ». Il va aider de toutes ses forces les républicains catalans et espagnols.

Il donna à Toulouse, le 13 janvier 1940, au Cercle des intellectuels républicains Espagnols, une conférence sur Giacomo Leopardi, poète et philosophe comparé à Schopenhauer. Leopardi, considéré comme le philosophe du pessimisme a sans aucun doute vécu à une période difficile où il a fallu se battre, comme Silvio Trentin. Dans le premier mouvement de sa conférence, en 1942, Silvio Trentin rappela que : « […] si la poésie est utile aux peuples libres, […] elle est, en quelque sorte, indispensable - ainsi que l'oxygène aux êtres que menace l'asphyxie - aux peuples pour qui la liberté est encore un bien à conquérir». [...] La poésie s'adresse aussi « à ceux parmi les hommes [...] qui ont fait l'expérience cruelle de la déception et de la douleur. » [1]

En raison de l'occupation de la zone libre, les forces allemandes entrèrent à Toulouse en novembre 1942. Silvio Trentin inspira le mouvement de résistance « Libérer et Fédérer », créé à Toulouse en 1942[2]. Il est rejoint notamment par Adolphe Coll. Ce mouvement de résistance toulousaine s'étendra jusqu'à Marseille et Lyon, en lien avec L'Insurgé. Recherché par les nazis, Silvio Trentin fut caché dans la maison des résistants Élise et Roger Mazelier, membres actifs du réseau Morhange.

En décembre 1942, sept étudiants sont arrêtés à Toulouse par la police de Vichy pour avoir distribué des tracts et avoir inscrit, à la peinture, sur les murs et sur les portes cette date : « 1918 ». Son fils Bruno Trentin fait partie de ceux-là, ainsi que Francis Naves, le fils de Raymond Naves, professeur français déporté en Allemagne, mort pour la France au camp d’Auschwitz.

Il eut pour compagne Giuseppina Nardari. Un boulevard de Toulouse porte le nom de Silvio Trentin.

Notes et référencesModifier

  1. Paul Arrighi, « Silvio Trentin et les poètes Lauro de Bosis et Giacomo Leopardi. », sur http://www.republique-des-lettres.fr/, (consulté le 17 février 2010)
  2. Paul Arrighi, « Silvio Trentin un libraire résistant », sur http://www.arkheia-revue.org/, Arkhéia, (consulté le 17 février 2010), p. 1

BiographiesModifier