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Silas Deane

personnalité politique américaine
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Silas Deane, né le et mort le , est un homme politique et un diplomate américain. Il est particulièrement actif pendant la guerre d'indépendance américaine (1775-1783).

Premières années et vie familialeModifier

Silas Deane naît le 24 décembre 1737[1] à Groton, dans le Connecticut, d'un père forgeron, Silas Deane et de son épouse Hannah Barker. Le jeune Silas poursuit des études complètes à Yale et obtient sa licence en 1758[2]. En avril 1759, il est engagé comme précepteur du jeune Edward Bancroft à Hartford[3]. En 1761, Deane est admis au barreau et exerce le droit pendant une courte période à l'extérieur de Hartford avant de déménager à Wethersfield et de fonder un commerce qui s'avère florissant[2].

Deane s'est marié deux fois, avec de riches veuves de Wethersfield. In 1763, il épouse Mehitable Webb (née Nott), après l'avoir aidée à régler la succession de son premier mari. Ils ont un fils, Jesse, né en 1764. Mehitable meurt en 1767[4]. In 1770, il épouse Elizabeth Evards (née Saltonstall), petite-fille du gouverneur du Connecticut, Gurdon Saltonstall (en). Elizabeth meurt en 1777 alors que Silas est en France[5].

Congrès ContinentalModifier

 
Deane en 1766, par William Johnston (en)

En 1768, Deane est élu à la Chambre des représentants du Connecticut ; en 1769, il est nommé au Comité de correspondance de Wethersfield ; et de 1774 à 1776, il est délégué du Connecticut au Congrès continental[2].

En tant que membre du Congrès, Deane use de son influence pour obtenir une commission dans la Continental Army pour son beau-fils, Samuel B. Webb, qui l'a accompagné à Philadelphie[6]. Deane excelle dans le travail de comité du Congrès, aidant à coordonner l'attaque du fort Ticonderoga et à établir la marine américaine[2].

Une dispute s'élève entre Deane et un autre délégué du Connecticut, Roger Sherman au sujet de la nomination d'Israel Putnam en tant que major général sous le commandement de George Washington. Ce différend conduit l'assemblée législative du Connecticut à remplacer Deane comme délégué au Congrès ; mais au lieu de revenir au Connecticut, Deane reste à Philadelphie pour assister au Congrès[2][7].

Missions en FranceModifier

Le 2 mars 1776, le Congrès nomme Deane envoyé secret en France avec pour mission d'inciter le gouvernement français à accorder une aide financière aux colonies. Dès son arrivée à Paris, il entame des négociations avec le ministre français des Affaires étrangères, le Comte de Vergennes. Celui-ci le met en rapport (18 juillet 1776) avec Beaumarchais, chargé d'approvisionner les Américains en équipements de guerre, et Jean-Joseph Carrier de Montieu[8].

S'étant entendus, ils vont faire une première expédition à partir du port du Havre, ce qui va être un échec et les inciter à choisir le port de Nantes et principalement l'armateur Jean Peltier Dudoyer. Jonathan Williams, le neveu de Benjamin Franklin, sera leur interlocuteur sur place. Ils se sont engagés à transporter 1 600 tonneaux ou plus d'armes, de marchandises, d'officiers, de soldats et de marins. Mais Deane n'est pas l'homme fort des commissaires américains et Beaumarchais avait vu rapidement les problèmes et écrivait le 7 décembre 1777 à Vergennes : "J’ai toujours mis une grande différence entre l’honnête député Deane avec qui j’ai traité et l’insidieux politique Lee et le silencieux docteur Franklin"...[réf. nécessaire]

C'est à cette période que Deane approuve tacitement le complot de l'Écossais James Aitken (John the Painter) pour détruire les magasins et les arsenaux de la Royal Navy à Portsmouth et Plymouth, au nom de la cause continentale[9].

La position de Deane est officiellement reconnue après l'arrivée de Benjamin Franklin et Arthur Lee à Paris en décembre 1776, sur ordre du Congrès qui nomme le trio comme délégation diplomatique en France[10]. Deane recrute un certain nombre d'officiers étrangers, dont Lafayette, le baron Johann de Kalb, Thomas Conway, Casimir Pulaski, et le baron von Steuben[11],[12].

Le 6 février 1778, Deane et les autres commissaires signent les traités d'amitié et de commerce et d'alliance, créant officiellement l'alliance entre la France et les colonies américaines[13].

Mise en cause au CongrèsModifier

Le 4 mars 1778, Deane reçoit une lettre de James Lovell contenant l'ordre de rappel du Congrès. Lovell ne fait mention que d'un rapport au Congrès sur les affaires européennes, et Deane s'attend à être renvoyé à Paris quelques mois plus tard[14]. La France renvoie Deane chez lui à bord d'un navire de guerre transportant le premier ambassadeur de France aux États-Unis. Louis XVI lui fait présent d'un portrait encadré de diamants, et Vergennes et Franklin écrivent tous deux des lettres de recommandation[12].

Arrivé à Philadelphie le 14 juillet 1778, Deane est choqué lorsque le Congrès l'accuse d'irrégularités financières sur la base des rapports de son collègue commissaire Arthur Lee[2]. Comme Deane a laissé ses livres de comptes à Paris, il n'est pas en mesure de se défendre correctement ni de demander le remboursement de l'argent qu'il a dépensé pour se procurer des fournitures en France[15],[16] (Alors qu'il attend de s'adresser au Congrès, Deane séjourne chez Benedict Arnold, qui vient juste d'être nommé gouverneur militaire de Philadelphie[17].)

RéférencesModifier

  1. Jeri Lynn Burket et Lorraine Cook White, The Barbour Collection of Connecticut Town Vital Records. Volume 15: Griswold 1815-1848, Groton 1704-1853, Baltimore, Genealogical Publishing Company, , 109 p. (lire en ligne)
  2. a b c d e et f Covart 2014.
  3. Schaeper 2011, p. 2-3.
  4. James Watson Webb, Reminiscences of Gen'l Samuel B. Webb of the Revolutionary Army, New York, Globe Stationary and Printing Co., (lire en ligne)
  5. Van Vlack 2013, p. 190.
  6. Van Vlack 2013, p. 41-42.
  7. Baker 2014, p. 63.
  8. Paul 2009.
  9. Warren 2005.
  10. Schaeper 2011, p. 84-86.
  11. (en-US) Jimmy Dick, « Silas Deane: Forlorn and Forgotten Patriot », sur Journal of the American Revolution, (consulté le 28 janvier 2019)
  12. a et b Flemming 2007, p. 58-59.
  13. Schaeper 2011, p. 114.
  14. Baker 2014, p. 67-68.
  15. Schaeper 2011, p. 210-211.
  16. Baker 2014, p. 66-67.
  17. Lefer 2013, p. 202.

BibliographieModifier

  • (en) Mark Allen Baker, Spies of Revolutionary Connecticut: From Benedict Arnold to Nathan Hale, Charleston (South Carolina), The History Press, (ISBN 978-1-62584-939-7, lire en ligne), « Silas Deane », p. 61-69
  • Julian P. Boyd, « Silas Deane: Death by a Kingly Teacher of Treason? », William and Mary Quarterly, vol. 16, nos 2-4,‎ , p. 165–187, 310–342, 515–550 (JSTOR 1916948)
  • Elizabeth M. Covart, « Silas Deane, Forgotten Patriot », sur Journal of the American Revolution,
  • (en) Thomas Patrick Chorlton, The First American Republic 1774-1789: The First Fourteen American Presidents Before Washington, Bloomington (Indiana), AuthorHouse, (ISBN 978-1456753894, lire en ligne), p. 68
  • (en) James West Davidson et Mark Lytle, After the Fact: The Art of Historical Detection, New York, McGraw-Hill, , « The Strange Death of Silas Deane », p. xxvii–xxxv
  • (en) Thomas Flemming, The Perils of Peace: America's Struggle for Survival After Yorktown, New York, Harper Collins, (lire en ligne)
  • (en) David Lefer, The Founding Conservatives: How a Group of Unsung Heroes Saved the American Revolution, New York, Sentinel, (lire en ligne)
  • (en) Edward J. Lowell, Narrative and Critical History of America vol. VII.1, Cambridge, The Riverside Press, (lire en ligne), « The United States of America 1775-1782: Their Political Struggles and Relations with Europe », p. 1-88
  • Joel Richard Paul, Unlikely Allies: How a Merchant, a Playwright, and a Spy Saved the American Revolution, New York, Riverhead Books, [détail de l’édition] (lire en ligne)
  • Thomas J. Schaeper, Edward Bancroft: Scientist, Author, Spy, New Haven, Yale University Press, [détail de l’édition] (lire en ligne)
  • Milton C. Van Vlack, Silas Deane, Revolutionary War Diplomat and Politician, Jefferson, North Carolina, McFarland & Company Inc., [détail de l’édition] (lire en ligne)
  • Jessica Warren, The Incendiary: The Misadventures of John the Painter, First Modern Terrorist, Toronto, McClellan & Stewart, [détail de l’édition] (lire en ligne)
  • Tugdual de Langlais, Jean Peltier Dudoyer, l'armateur préféré de Beaumarchais, de Nantes à l'Isle de France, Éd. Coiffard, 2015, 340 p. (ISBN 9782919339280).
  • American Biographical Bibliothèque, Le Dictionnaire biographique du vingtième siècle notables Américains, tome 3, page 186.
  • Thomas Balch, Les Français en Amérique pendant la guerre de l’Indépendance des États-Unis 1777-1783, [détail des éditions]

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