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Scarpe

cours d'eau français

La Scarpe est une rivière de la région Hauts-de-France et un affluent de l'Escaut.

la Scarpe
La Scarpe, quelques kilomètres en amont d'Arras.
La Scarpe, quelques kilomètres en amont d'Arras.
Caractéristiques
Longueur 102 km
Bassin 1 322 km2
Bassin collecteur Bassin versant de l'Escaut
Débit moyen 2,6 m3/s (Sainte-Catherine-lès-Arras)
Régime pluvial océanique
Cours
Source Fond de Guestreville
· Localisation Tincques
· Altitude 121 m
· Coordonnées 50° 22′ 16″ N, 2° 30′ 27″ E
Confluence l'Escaut
· Localisation Mortagne-du-Nord
· Altitude 15 m
· Coordonnées 50° 30′ 03″ N, 3° 26′ 46″ E
Géographie
Pays traversés Drapeau de la France France
Départements Nord, Pas-de-Calais
Régions traversées Hauts-de-France

Sources : SANDRE:« E2--0110 », Géoportail

Sommaire

GéographieModifier

La Scarpe prend sa source à Berles-Monchel, près d'Aubigny-en-Artois.

Elle mesure 102 kilomètres dont les deux-tiers sont canalisés (à partir d'Arras)[1],[2],[3],[4]. La Scarpe-rivière se jette à Arras dans la Scarpe canalisée à une altitude de 55 mètres. Elle traverse notamment Douai, Saint-Amand-les-Eaux, et rejoint l'Escaut à Mortagne-du-Nord.

HydrologieModifier

Le débit de la Scarpe est 2,6 m3/s à Sainte-Catherine-lès-Arras[5].

HydrogéographieModifier

La Scarpe est une des rivières du bassin versant de l'Escaut.

Dans la portion qui relie Arras à l’Escaut, elle a 19 écluses réparties sur un parcours de 66 km et un dénivelé d’une quarantaine de mètres.

Une dérivation de la Scarpe réalisée entre Corbehem et Flers-en-Escrebieux permet une liaison avec le Canal Dunkerque-Escaut (à grand gabarit).

La zone dite « Scarpe-Aval » couvre (selon le SAGE qui la concerne[6]) un vaste bassin versant (624 km2) pédologiquement « complexes : limons lœssiques sur les contreforts et alluvions hydromorphes dans la Plaine », couvert par 75 communes (sur 3 arrondissements : Lille, Valenciennes et Douai), répartis en 3 communautés d’agglomération et 5 communautés de communes, avec un syndicat mixte (du Parc naturel régional Scarpe-Escaut, plusieurs syndicats d’assainissement, d’eau potable ou d’hydraulique qui gèrent ensemble

  • la Scarpe canalisée : 37 km de long, gabarit Freycinet, perchée, débit moyen de 4,5 m3/s ;
  • la Plaine alluviale avec pente de 0,2 %, altitude de 16 à 20 m, débit inférieur à 1 m3/s ;
  • les Contreforts dont la pente est faible (inférieure à 3 %, pour une altitude de 25 à 50 m) ;
  • un réseau hydrographique dense et très hiérarchisé, équipé de nombreux ouvrages hydrauliques, parfois anciens avec des interconnexions avec les canaux du nord en amont (avec Sensée, Scarpe, Deûle) et avec le district international de l'Escaut, à l’aval.

Trois entités paysagères sont concernées : la Pévèle, la plaine alluviale de la Scarpe et le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais (caractérisé par des problèmes de pollution historique métaux lourds et autres éléments traces métalliques, hydrocarbures aromatiques polycycliques.) et/ou contemporaine (nitrates, turbidité, perturbateurs endocriniens, d'affaissements miniers à l'origine de la création de la Mare à Goriaux et qui exacerbent le risque d'inondation) d'autant qu'on assiste dans l'ancienne zone minière, à la suite de l'arrêt des grands pompages industriels, à une lente remontée de la nappe de la craie / Ostrevent autrefois pompée et surexploitée, moins prélevée depuis 30 ans « 35 millions de m3/an dans les années 70 contre 22 à 25 millions de m3/an ces dernières années », avec une recharge encore précaire (insuffisante en période de successions de sécheresses tel qu'en 1997 ou 2006). Sous ce territoire se trouvent quatre formations géologiques (quaternaire (limons, alluvions), éocène (argiles, tuffeaux, sables), crétacée (craies, marnes) et primaire (schistes, grès, calcaire). Le paysage est dominé par l'agriculture intensive et est très urbanisé, avec (données 2003 et évolutions depuis 1998) :

  • 42 % de cultures annuelles (+1,7 %),
  • 16 % de prairies (- 7,1 %),
  • 15 % de zones urbanisées (+ 0,9 %),
  • 14 % de bois et forêts (stable),
  • 13 % d’autres types d’occupation du sol : marais, étangs, voies d’eau, etc.

Ces territoires sont marqués par de lourdes séquelles industrielles, dont témoignent 780 sites et sols pollués, 130 installations (en 2006) classées ICPE, 60 industries redevables et beaucoup de PME et PMI ;

HistoireModifier

 
Le Moulin de Louez sur la Scarpe à Duisans.
 
La Scarpe, à Louez-lès-Duisans.
 
La Scarpe à Douai.
 
La Scarpe à Douai.
 
La Scarpe canalisée à Rœux.

La rivière et ses marais étaient autrefois particulièrement riche en faune, flore, dont poissons (des documents anciens citent des aloses, barbeaux, lottes, chabots, chevesnes, truites et même des vandoises dans la Scarpe[7]. Les marais et les berges ont probablement connu une occupation préhistorique, au moins depuis le milieu du Néolithique, mais qui serait restée modérée en raison de sa mauvaise accessibilité (zone alors très marécageuse).
D'après la thèse de Jean Jacques Dubois, l'ancienne Scarpe semble être en effet restée plus longtemps qu'ailleurs dans la région dans un état de naturalité proche de celui de la préhistoire, avec des ripisylves qui jusqu'au Haut Moyen Âge pourraient avoir été des reliques de la forêt charbonnière... aujourd'hui remplacées par des successions d'étangs de pêche, de chasse et de loisir et de populicultures. Saint-Amand-les-Eaux a été la principale ville de la Plaine de la Scarpe. Elle s'est développée en accompagnant la croissance de la fameuse abbaye bénédictine élevée sur un site autrefois habité par les Romains par saint Amand (évêque de Maastricht) près de son oratoire en 639, et dotée par le Roi Dagobert Ier, mais aussi grâce à ses Eaux & boues dont les vertus étaient largement vantées et étudiées par les médecins bien avant la Révolution française.

L'hydrographie actuelle est trompeuse ; Elle résulte en fait d'une capture anthropique du Haut Moyen Âge (probablement au Xe siècle[8]. La Scarpe d'Arras appartenait auparavant à la partie supérieure du cours de la Satis citée par les Romains, dont le haut cours a été détourné via le canal de Vitry-en-Artois vers la ville de Douai et la petite « Scarpe de Douai ». Ces travaux semblent avoir été commandés par un des comtes de Flandre, vraisemblablement pour rendre la petite « Scarpe de Douai » navigable. Le cours inférieur est aujourd'hui emprunté par la Sensée.

Le toponyme « Scarpe » ne s'est étendu à l'aval de Vitry-en-Artois que tardivement, vers la fin du Bas Moyen Âge, et le souvenir de la capture s'est effacé jusqu'à sa mise en évidence, sur des preuves géologiques, par Jules Ladrière au XIXe siècle[9].

Avant cette capture, le bassin versant de la Scarpe se confondait avec la plaine de la Scarpe entre les régions de la Pévèle et de l'Ostrevent. Il était limité à environ 770 km2 et l'Escrebieux en était probablement le principal contributaire.

La Scarpe a de nombreux petits affluents, en amont de la capture (l'Ugy, le Crinchon, les Fontaines d'Hertain) et en aval (l'Escrebieux, le courant de Coutiches, le courant de l'Hôpital, l'Elnon...). Ces derniers ont de faibles débits mais se dirigent de manière centripète vers la large plaine de la Scarpe. Le canal de la Scarpe, est doublé par les canaux de la Traitoire et du Décours qui drainent la plaine.

Son schéma d'aménagement et de gestion des eaux est en cours d'élaboration.

La Scarpe en peintureModifier

  Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Charles Desavary et Constant Dutilleux, peintres de l'école d'Arras, ont peint la Scarpe.

Lieux et monumentsModifier

Liens externesModifier

 
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BibliographieModifier

  • Chloé Deligne, La vallée inférieure de la Scarpe aux XIIe et XIIIe siècles ; Archaeologia duacensis ; 1998

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. Sandre, « Fiche cours d'eau - La Scarpe canalisée (E2--0110) (E2--0110) » (consulté le 26 mars 2013)
  2. Sandre, « Fiche cours d'eau - Rivière Scarpe (E2010600) » (consulté le 26 mars 2013)
  3. Sandre, « Fiche cours d'eau - Rivièrette ou Scarpe Amont (E2050600) » (consulté le 26 mars 2013)
  4. Sandre, « Fiche cours d'eau - Rivièrette ou Scarpe Aval (E2350700) » (consulté le 26 mars 2013)
  5. Agence de L'eau Artois Picardie, « Scarpe » (consulté le 9 mai 2008)
  6. e À propos du Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) de la Scarpe aval, approuvé par arrêté préfectoral du 12 mars 2009, constitue le 1er SAGE approuvé dans le Département du Nord et le 46e en France
  7. Gildas Kleinprintz, Animation et assistance scientifique et technique pour l’aménagement et la restauration écologique et piscicole des cours d’eau du Nord / Pas-de-calais (cadre : convention cadre 2011-2013)] voire page 8 sur 19
  8. Etiennes Louis, « L'alimentation en eau de la ville de Douai, au Moyen Âge », dans : P. Demolon, H. Halbout, E. Louis et M. Louis-Vanbauce, Douai, Cité médiévale. Bilan d'Archéologie et d'histoire, Archaelogica Duacensis, 3, 1990, p. i-5 à i-40.
  9. Jules Ladrière, « L'ancien lit de la Scarpe », Annales de la Société Géologique du Nord, 15, 1888