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Scala (Paris)

ancienne salle parisienne de music-hall
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Affiche pour les représentations de Jules Mévisto à la Scala en 1891 par Maximilien Luce.

La Scala est une salle de théâtre parisienne reconstruite et rouverte en 2018, ancienne salle de café-concert, située 13 boulevard de Strasbourg dans le 10e arrondissement de Paris.

La salle, créée en 1874, fut un célèbre music-hall. En 1936, elle a été transformée en salle de cinéma Art déco. En 1977, elle est reconstruite et devient le premier multisalles de la capitale spécialisé dans le cinéma porno. Le 12 février 2016, la Scala a été rachetée par Mélanie et Frédéric Biessy qui en font un théâtre de 550 places dédié aux arts de la scène, à la musique et aux arts visuels ouvert aux créations françaises et internationales.

Sommaire

HistoireModifier

 
Affiche pour les représentations de Germaine Gallois à la Scala en 1901 par Maurice Biais.

En 1787, le sieur Gauthier ouvrit à cet endroit une auberge à l'enseigne du Cheval Blanc. Elle devint plus tard une guinguette, avec tables et chaises installées en extérieur, sous des tonnelles, et un orchestre juché sur des tréteaux, composé de deux violons, une basse et une flûte. En 1857, le Cheval Blanc est devenu un café-chantant[1].

En 1874, bluffée par La Scala de Milan, Marie-Reine Rameau, veuve Roisin, propriétaire du bal de l'Élysée Montmartre, fait édifier à cet emplacement par les architectes Delarue et Beaupied, le café-concert de la Scala[2]. La salle de 340 m2 peut contenir environ 1400 places. Elle est surmontée d'une coupole vitrée amovible[3] (disparue depuis, malgré une hauteur sous plafonds de 25 mètres[4]). On y donne la première revue en 1878. Le chanteur Paulus, transfuge de l'Eldorado situé de l'autre côté du boulevard, est engagé et devient une grande vedette.

En 1895, Édouard Marchand monte à la Scala la première grande revue de music-hall à l'anglaise en France. Toutes les grandes vedettes du caf'conc' s'y produisent : Polin, Yvette Guilbert, Fragson, Mayol, Polaire, Paulette Darty, Max Dearly ou encore Mistinguett[2]. En 1903, Erik Satie réside plusieurs mois à La Scala, où il accompagne Paulette Darty.

En 1916, la Scala est utilisée comme théâtre de vaudeville, où se produisent Pauline Carton ou Marie Dubas et où l'on joue Feydeau. La salle est modernisée en 1926 et accueille Raimu, Georgius, Dranem, Fréhel (elle était venue une première fois en 1900) et en 1934, en guise de final, le tour de chant de Damia.

En 1936, la Scala est confiée à une société d'exploitation cinématographique, et transformée en une salle de cinéma de 1200 places par l'architecte Maurice Gridaine dans le style art déco, avec un savant jeu de miroirs dans le hall. À partir de 1977, le volume est divisé en cinq salles et la programmation est désormais consacrée au cinéma porno. La salle ferme au cours de l'été 1999, affaibli par la concurrence des cassettes VHS[2].

Quelques mois plus tard, la Scala est rachetée par l'Église universelle du royaume de Dieu, devenue depuis Centre d'accueil universel, pour en faire un lieu de culte, mais les oppositions du quartier amènent la mairie de Paris à refuser les permis de construire successifs. La salle était fermée en 2009 et mise en vente selon Le Parisien. La ville de Paris a envisagé d'y installer des logements sociaux et une pépinière d'entreprise, loin du projet du producteur de cinéma, Maurice Tinchant[5], qui, en 2000, souhaitait faire renaitre ce lieu en un cinéma d'art et d'essais[6]. Abandonné, l'endroit a dès lors l'aspect d'un hangar vide.

En février 2016, la Scala a été rachetée par Mélanie et Frédéric Biessy (producteur de théâtre, de danse, de musique et de nouveau cirque avec Les Petites Heures) qui ont entièrement reconstruit un théâtre de 550 places, un restaurant et un bar. L'agence d'architecture Archidev a réalisé la rénovation de ce théâtre, accompagné des scénographes de Changement à Vue[7]. La Scala Paris a ouvert le 11 septembre 2018 avec le spectacle Scala, écrit et mis en scène par Yoann Bourgeois[4],[8],[9]. La Scala Paris est ouverte à tous les courants de la création : théâtre, danse, musique, nouveau cirque, arts visuels et numériques. Conçu avec et pour les artistes les plus exigeants[non neutre], elle est entièrement modulable - elle peut recevoir jusqu'à 750 spectateurs selon la configuration de son gradin – et dotée d'une acoustique variable de nouvelle génération conçue avec les meilleurs ingénieurs. Articulé autour de 172 enceintes acoustiques Amadeus et du processeur de son spatial HOLOPHONIX, ce système de diffusion sonore offre au nouveau théâtre parisien un outil aux possibilités infinies afin de favoriser le meilleur de la création musicale[non neutre][réf. nécessaire].

La Scala Paris met l'accent sur une identité visuelle conçue par le graphiste Rudi Meyer, qui en a dessiné le logo, une identité physique – tous les espaces ont été décorés par le scénographe et designer Richard Peduzzi – et une identité sonore assurée par les algorithmes du compositeur Philippe Manoury[10]. L'ouverture est assurée par un spectacle d'acrobatie, de magie et de machineries de Yoann Bourgeois[11],[12].

Mélanie et Frédéric Biessy ont confié à Olivier Schmitt l'écriture d'un livre, L'Intégrale des ombres, La Scala Paris, édité par Actes Sud. Il réunit plus de soixante-dix documents iconographiques inédits conservés à la Bibliothèque nationale de France et au Centre national du graphisme de Chaumont, qui viennent illustrer l'histoire de la Scala.

Notes et référencesModifier

  1. André Sallée et Philippe Chauveau, Music-Hall et café-concert, Paris, Bordas, 1985
  2. a b et c Pierre Groppo, « Retour de flamme pour la Scala », Vanity Fair n°61, septembre 2018, p. 54.
  3. César Daly, Revue générale de l'architecture et des travaux publics", 1876
  4. a et b Armelle Héliot, « La Scala, oui, mais à Paris ! », Le Figaro, samedi 11 / dimanche 12 mai 2016, page 35.
  5. « Retour à la Scala avec Maurice Tinchant », sur Paris-Louxor.fr, (consulté le 29 septembre 2016)
  6. Le Parisien, 7 nov. 2009
  7. Garance Sornin, « Une nouvelle vie signée Archidev pour le théâtre de la Scala à Paris », amc-archi.com, 6 novembre 2018.
  8. Benjamin Locoge, « À Paris, la Scala renaît de ses cendres », Paris Match, semaine du 7 au 12 juillet 2016, page 19.
  9. « La renaissance de la Scala », sur Paris-Louxor.fr, (consulté le 29 septembre 2016)
  10. Victor Tribot Laspière, « Réouverture de la Scala de Paris avec une « identité sonore » signée Philippe Manoury », sur France Musique, (consulté le 18 décembre 2018)
  11. « La réouverture de la Scala à Paris », sur France Bleu (consulté le 18 décembre 2018)
  12. « Scala - Journal La Terrasse », sur Journal La Terrasse.fr (consulté le 18 décembre 2018)

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Brigitte Salino, « La Scala, saga d’une salle aux milles visages » in Le Monde sur papier daté des samedi 24 et dimanche 25 décembre 2016, page 14.
  • Martine Robert, "La Scala : un ovni dans le paysage théâtral parisien" in Les Echos du 13 mars 2017, page 13.
  • Armelle Héliot, "Mélanie Biessy, le goût du jeu" in Le Figaro du 30 mars, page 35.
  • Olivier Schmitt, L'intégrale des ombres, 162 p., 120 illustrations, Actes Sud, 2018.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier