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La Sanousiyya (arabe : السنوسية) est une tariqa (confrérie soufie) fondée en 1837 à Mazouna (en Algérie)[1] par Mohammed bin Ali Al-Sanoussi (1787-1859) qui a émigré à Koufra (en Libye). La famille dirigeante de cette confrérie, la famille Al-Sanoussi, est d'origine arabe algérienne chérifienne de la région de Mostaganem (en Algérie).

Influencée par les idées de Mohammed ben Abdelwahhab (1703-1792), elle a milité pour le retour à la foi musulmane par l'imitation des Salafs (pieux prédécesseurs)[1].

HistoireModifier

Mohammed bin Ali al-Sanoussi, né dans la région de Mostaganem, fonda en 1843 la première zaouïa de son ordre au Djebel Akdhar, avant d'établir son centre en 1859 dans l'oasis de Djarboub. De là, elle a commencé à étendre son influence en Cyrénaïque, dans le Fezzan et dans une grande partie de l’Afrique (Tchad, Soudan et Egypte).

Dans le contexte du partage de l'Afrique, elle a combattu contre la pénétration italienne en Libye, où se trouvait le centre de l'ordre des Sanoussis ; son dirigeant était alors à la tête d'un empire qui s'étendait jusqu'en Afrique centrale. Le petit-fils du fondateur, le chérif Idris, d'abord défait par les italiens en 1931, puis devenu roi de Libye à son indépendance en 1951, fut renversé en 1969 par le colonel Khadafi [1].

Elle s'est implantée en Libye, au Tchad, en Algérie, au Soudan, au Niger et en Égypte.

IdéologieModifier

C'est un mouvement qui s'est définitivement éloigné du soufisme pour prôner un exotérisme de réforme islamique comme le wahhabisme d'Arabie saoudite et le mahdisme du Soudan[2].

Elle est toutefois la cible des madkhalistes, les disciples du cheikh saoudien ultraconservateur salafiste Rabi al-Madkhali, introduite par Kadhafi pour s’opposer aux Frères musulmans, et dont le grand prédicateur, Majdi Hafala, a ordonné à la milice Subul al-Salam, de la tribu des Zuwayya, la destruction de El Tag (« la couronne »), le tombeau à Koufra de Mohammed al-Mahdi al-Sanoussi, un des fondateurs de l’ordre sénoussiste, durant la deuxième guerre civile libyenne[3],[4]. Bizarrement, le corps avait déjà été déterré en 2012 et réenterré dans un cimetière à proximité jusqu'à ce que des membres de la famille le retrouvent et le redéposent dans le tombeau[4].

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Jean-Louis Triaud, Tchad 1901-1902. Une guerre franco-libyenne oubliée ? Une confrérie musulmane, la Sanûsiyya, face à la France, Paris, L’Harmattan, 1988, 208 + 32 p.
  • Jean-Louis Triaud, La légende noire de la Sanûsiyya. Une confrérie musulmane saharienne sous le regard français (1840-1930), Paris, Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme, et Aix-en-Provence, Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (IREMAM), 1995, 2 volumes, 1151 p.

AnnexesModifier

NotesModifier

  1. a b et c Dominique Frémy et Michèle Frémy, Quid 2002, Robert Laffont, , 2126 p. (ISBN 2-221-09465-4), p. 557
  2. « al-Sanusi, Muhammad ibn AH (ca. 1787–1859) : The International Encyclopedia of Revolution and a : Blackwell Reference Online », sur www.blackwellreference.com (consulté le 18 juin 2017)
  3. « SUD LIBYEN : LA STRATÉGIE RISQUÉE DU MARÉCHAL HAFTAR », TTU,‎ (lire en ligne, consulté le 15 janvier 2019).
  4. a et b (en) Andrew McGregor, « Salafists, Mercenaries and Body Snatchers: The War for Libya’s South », Terrorism Monitor, vol. 16, no 7,‎ (lire en ligne, consulté le 18 janvier 2019).