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Menne est une sainte martyre chrétienne honorée en Lorraine. Elle figure parmi les premiers chrétiens connus du diocèse de Toul, en Belgica prima. Cette religieuse serait morte le 3 octobre 362 au lieu-dit Fontenet (à Puzieux, Vosges), pendant les persécutions de l'empereur Julien. C'est là qu'une chapelle lui est consacrée et conserve des reliques de la Sainte. À Poussay (Vosges), lieu d'une ancienne abbaye dans le canton de Mirecourt dont elle fut la patronne, "l'arbre de Sainte Menne" demeure le symbole de son histoire.

Son hagiographie ou Vie de sainte Menne mentionne qu'elle est la fille du gouverneur Baccius et d'une femme nommée Litrude ou Lientrude. Elle serait ainsi la sœur cadette des saints céphalophores Élophe, Euchaire, Libaire, mais aussi de Suzanne, Ode et Gondrude. Elle est fêtée le 3 octobre et la commémoration du 15 mai correspond au jour de transfert de ses reliques à l'abbaye des chanoinesses de Poussay ordonné en 1026 par l'évêque Brunon de Dabo-Egisheim. Cette commémoration a été à l'époque moderne reportée au 2e dimanche de mai.

Le miracle de sainte Menne (version locale)Modifier

Après avoir reçu une éducation religieuse auprès d'un clerc de la région, Menne veut se consacrer à Dieu. Son père, quant à lui, voulait qu'elle se mariât. Menne se réfugie chez son précepteur afin qu'il la consacrât, mais il l'encouragea à obéir à son père. Un ange apparut et posa un voile sur la tête de la jeune vierge ; après cela, le père de Menne ne s'opposa plus à ce qu'elle devienne religieuse. Elle aurait vécu recluse entre Poussay et Puzieux.

Une jeune femme vierge de haute naissance vouée à Dieu (version abbaye de Poussay)Modifier

Menne de noble famille est éduquée par l'évêque de Châlons, Sanctissimus, dont elle reçoit le baptême. Elle gagne ensuite des lieux de prière ou solitudes, d'abord à l'ermitage de Blénod-lès-Toul, puis au lieu-dit Fontenet. Sa vertu exemplaire et ses bonnes œuvres ont font un modèle de foi vivante.

Le culte de sainte MenneModifier

 
La procession du pèlerinage de sainte Menne à Puzieux devant la chapelle de la sainte.
 
L'église Sainte-Menne à Deycimont.
 
L'église Sainte-Menne à Madecourt.
 
La chapelle Sainte-Menne à Puzieux.

Sainte Menne est vénérée dans de nombreux lieux, églises et chapelles : Blénod-lès-Toul, Crantenoy, Deycimont, Jeuxey, Poussay, Brignemont

Ses reliques sont dispersées. Son chef est à Mirecourt. Puzieux et Jeuxey possèdent les principales.

Un nom féminin aux deux sens symboliquesModifier

Le prénom se raccorde au verbe grec μενω désirer. Mais il faut le rapprocher surtout du grec μενος âme ou du latin mens, mentis, la pensée. Le substantif allemand der Mann l'homme, de même sens que le gaulois mano, ou encore le verbe allemand meinen penser viennent aussi de la même racine indo-européenne.

Menne représente ici l'âme chrétienne ou la pensée de l'humanité chrétienne. Elle ne peut être effacée par un massacre aveugle.

À Rome, la redoutée déesse Mēna présidait aux maladies des femmes. Ce second aspect de pouvoir féminin ici discriminant, associé à un culte antique peut-être local, semble s'être poursuivi avec la claustration en prière de la vierge moniale de la légende. Sainte Menne prend ainsi les maux et les péchés des femmes.

BibliographieModifier

  • Émile Badel, Les soixante saints de Toul, Imprimerie A. Crépin Leblond, Nancy, 1919, 184 pages. En particulier, le chapitre IV sur les saints du pays toulois.
  • Père Gitry, Vie des saints par les Bollandistes, nombreuses éditions au XIXe siècle
  • Abbé Jean-Louis L'Huillier, Sainte-Libaire et les martyrs lorrains au IVe siècle, 2 volumes in octo, René Vagner, Nancy, 1889.