Alberte d'Agen

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Sainte Alberte est une martyre de l’Église catholique. Elle est l'une des victimes de la persécution de Dioclétien à Agen. Elle a péri décapitée sous le joug du proconsul Dacien en compagnie de saint Caprais, le , deux semaines après sa sœur sainte Foy[1]. Elle a été décapitée tout comme sa sœur sainte Foy car un orage providentiel a éteint le bûcher sur lequel elles devaient périr.

ReliquesModifier

Historique de la redécouverteModifier

Ses restes sont conservés en l'église Saint-Pierre-et-Saint-Phébade de Venerque dans la Haute-Garonne. Ces derniers se trouvent dans le même reliquaire que saint Phébade. On doit cette invention à l'abbé Melet[2]. Il sait alors que la tête de Saint Phébade ne se trouve pas dans ce reliquaire car ce qu'il en reste est à Agen. Or il y découvre des ossements de crâne et d'autres os qui n'appartiennent visiblement pas à l'évêque d'Agen. Après de minutieuses recherches dans de vieilles archives, l'abbé Melet en perce le secret : il s'agit de restes de Sainte Alberte. Ils étaient réunis dans le même reliquaire depuis le XIe siècle.

DistributionModifier

Une partie des reliques ont été distribuées notamment dans la cathédrale Saint-Caprais d'Agen[2].

Réunion des deux sœursModifier

À la suite de cette redécouverte, le , l'évêque de Rodez fait don à Venerque d'une relique de Sainte Foy, "afin que les deux sœurs se trouvent à nouveau réunies"[3]. Ces nouvelles reliques proviennent de la châsse de Sainte Foy qui avait été découverte à Conques. Cet événement donnera lieu le à une cérémonie solennelle au lieu-dit Montfrouzi à Venerque par le vicaire d'Agen, l'abbé Rumeau. Le martyre de la sainte fut donné en exemple aux jeunes comme courage en face de la mort[3]. Trois évêques et quarante prêtres y seront présents aux côtés d'une foule immense.

Représentations et hommagesModifier

Le curé poète Jean Barthès a chanté la martyre dans son plus beau recueil Autour du clocher[4] par ces vers :

La vierge qui mourut à 12 ans, pour son Dieu, calme au milieu du cirque et souriant au glaive !

Sainte Alberte est vraisemblablement représentée sur le tympan de l'abbatiale Sainte Foy de Conques. Elle est à côté du Christ en majesté, sur sa droite là où est symbolisé le Paradis. Elle fait partie du cortège des élus emmenés par la Vierge. Il y a là Charlemagne, bienfaiteur légendaire de l'abbaye. Elle se situe entre Saint Caprais, évêque d'Agen, et Arosmède, le moine qui déroba à Agen les reliques de sa sœur sainte Foy[5].

Elle est fêtée le .

Dicton de la Sainte Alberte : "A la sainte Alberte, les fenêtres grandes ouvertes tu vois le Soleil qui brille, les arbres prennent leur belle couleur verte alors profites-en pour aller à la découverte du Domaine de Certes".

Notes et référencesModifier

  1. Frère Jean-Baptiste, Les saints d’Aquitaine : Sainte Foy, Monastère Sainte-Marie De La Garde, Castelculier, mars 2014, [PDF] [lire en ligne] ;
  2. a et b Abbé Philippe Melet, Le Trésor de l'église de Venerque, Éd. Imprimerie catholique Saint-Cyprien, 1885.
  3. a et b Maurice Tufféry, Documents sur Venerque, 1989, seconde édition par la mairie de Venerque et augmentée en juillet 2001.
  4. Abbé Jean Barthès, Autour du clocher, A. Lemerre Éditeur, 1896.
  5. Frère Jean-Régis Harmel et Vincent Cunillere, Le tympan de Conques en détail, Éd. Inteditprint, 1998.