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Safia Lebdi
Safia Lebdi, 2009 (cropped).jpg
Safia Lebdi, en 2009
Fonction
Conseillère régionale d'Île-de-France
Biographie
Naissance
Nationalité
Activités
Autres informations
Organisation
Parti politique

Safia Lebdi, née à Clermont-Ferrand le , est une femme politique française d'Europe Écologie Les Verts, militante féministe laïque et présidente des Insoumis-es.

Sommaire

BiographieModifier

Safia Lebdi s’engage dès 1998 auprès des femmes de son quartier, animant des réunions et par la suite une marche nationale dans 23 villes de France « la marche des femmes contre les ghettos et pour l’égalité » qui donnera naissance à l'association Ni putes ni soumises. Fondatrice et porte parole, elle refuse la récupération politique et crée Les Insoumis-e-s. En 2010, elle est élue conseillère régionale d'Île-de-France avec EELV, elle préside pendant six ans la commission du film d'Île-de-France et est également membre de la commission culture (aide après réalisation et de l'aide à l'écriture de scénarios) dotée, pour le fonds de soutien régional en Île-de-France, d’un budget de 14 millions d’euros pour développer la production cinématographique.

En 2011, elle est l’initiatrice de l'usine de films amateurs de Michel Gondry à Aubervilliers[1]. Une usine désaffectée d'allumettes, la Manufacture des allumettes d'Aubervilliers, est transformée en un lieu d'éducation à l'image pour les jeunes des quartiers[2]. Safia Lebdi soutient de nombreuses créations issues des banlieues dont Houda Benyamina, qui obtient en mai 2016 au festival de Cannes la Caméra d'or pour son premier long métrage Divines, ou le recyclage des décors de la culture avec Arstock et La Réserve des arts.

En 2012, Safia Lebdi organise la venue à Paris des Femen d’Ukraine installant le mouvement à l’international[2]. Apparaîtront ainsi d'éminentes Femen dans le monde arabe militant pour les droits LGBT, particulièrement en Tunisie et au Maroc.

Engagement associatif et politiqueModifier

 
Safia Lebdi au forum Libération de 2013 à Grenoble.

Safia Lebdi fréquente très jeune la Maison des potes de Clermont-Ferrand, elle grandit à Herbet[3] ce qui l'amène plus tard à être la cofondatrice aux côtés de Fadela Amara du mouvement Ni putes ni soumises. Elle s'y investit en menant de nombreux projets, dont le Guide d'éducation au respect vendu à plus de 650 000 exemplaires en France et à l'étranger, et dont elle dirige la publication.

Lors de l'exposition « Mariannes d'aujourd'hui », son portrait est un de ceux choisis pour être accrochés aux colonnes de l'Assemblée nationale[4], afin d'illustrer l'engagement quotidien de femmes sur le terrain. Elle répond à Jean-Louis Debré, ancien président de l'Assemblée nationale, qu'elle n'a aucune fierté d'être sur ces colonnes, son combat c'est de rentrer à l'intérieur de cette assemblée pour servir son pays.

Elle organise et participe au succès de la manifestation du 8 mars 2003 à Paris, réunissant 50 000 personnes sous l’étendard de l’émancipation des femmes « partout et pour toujours ». Considérant qu'en affirmant que le féminisme n'était ni de droite ni de gauche, Ni putes ni soumises s'était peu à peu composé majoritairement de personnes de droite conservatrice, elle tente de reprendre démocratiquement la main sur le mouvement mais échoue. Elle le quitte donc en juin 2007 pour créer les Insoumis-es[5], ce nom se voulant une réponse à la question du philosophe Bruno Latour « Si vous n'êtes ni putes ni soumises, alors qu'est-ce que vous êtes ?

Les Insoumis-es mouvement indépendant incarné par Safia Lebdi fait l'objet dès sa création d'une agression préméditée avec violence. Six personnes cagoulées reconnues comme faisant partie du SO de SOS racisme font irruption dans les locaux et ils menacent directement Safia Lebdi. Huit ans plus tard a lieu un procès politique qui condamne les agresseurs mais aucun commanditaire reconnu n'est inquiété.[réf. nécessaire]

En 2004, Nicole Ameline, alors ministre de la Parité et de l'Égalité professionnelle, lui propose de rejoindre son cabinet ; elle refuse, considérant qu'on peut travailler avec la droite mais pas au sein de la droite. C'est d'ailleurs ce qu'elle reproche à Fadela Amara, quand celle-ci accepte de devenir secrétaire d'État dans le gouvernement de François Fillon et sous la tutelle de Christine Boutin.

En mai 2008, Bertrand Delanoë la rencontre pour éventuellement l'intégrer dans son équipe. Cependant, à cette période, le Parti socialiste se déchire à propos de l'élection de son premier secrétaire : cette guerre de personnes l'empêche de franchir le pas, tant elle la trouve déconnectée du terrain et des réalités des citoyens.

Le 18 décembre 2009, Cécile Duflot dévoile la liste d'Europe Écologie qu'elle mène en Île-de-France à l'occasion des élections régionales. Safia Lebdi y est candidate, et tête de liste pour le Val-d'Oise, son premier pas dans la sphère politique[6]. La liste obtient 14,47 % au premier tour, fusionne avec la liste du PS, menée par Ali Soumaré dans le département, et obtient 57,48 % au second tour[7]. Safia Lebdi, en deuxième position sur cette liste d'union, entre au conseil régional d'Île-de-France.

En 2012, elle soutient le rassemblement du Front de gauche en participant au meeting de lancement, elle fait le pari que l’écologie et les femmes doivent être le moteur des nouveaux partis de Gauche. En 2015, elle est titulaire sous l’étiquette EELV aux élections départementales sur le canton de Saint-Fargeau-Ponthierry en Seine-et-Marne, en tandem avec Norbert Petit. Le binôme obtient 9,82 % des voix au premier tour, score insuffisant pour accéder au tour suivant.

Engagement laïque féministe anti-racisteModifier

 
Safia Lebdi, ici avec Aleksandra Shevchenko, participant à une action du groupe Femen en mars 2012.

Elle s'aventure durant plus d'un an dans les pays de l'est en Russie et en Ukraine à la rencontre de militantes féministes, c'est ainsi qu'elle rencontre les Femen et Voina certaines membres sont les fondatrices des Pussy Riot. Elle manifeste à leurs côtés plusieurs fois en Pologne en Ukraine pendant l'Euro 2012 pour dénoncer la prostitution qu'engendre les rencontres sportives. C'est ainsi qu'elle décide de faire venir les Ukrainiennes en France pour travailler aux côtés des femmes arabes et agir contre les intégrismes et le capitalisme grandissant en Europe. En 2012, elle participe à plusieurs actions avec les Femen, qui utilisent la nudité des seins comme arme contestataire, dont une action à Paris pour dénoncer l’intégrisme, en soutien et en hommage aux femmes du monde.

Juillet 2012, elle s'attaque aux Jeux olympiques de Londres contre le CIO qui accepte de changer la charte olympique sous l'influence du Qatar et l'Arabie Saoudite introduisant le voile comme symbole des pays arabes. Ce qu'il faut retenir de cette action, ce sont l'attitude du gouvernement anglais face à la dénonciation de la Charia de ces pays, ce qui leur a valu une arrestation musclée avec test ADN et inscription au ficher Interpol.

Le 8 mars 2014, elle organise une action sous l’appellation Woman Révolution à Paris. Sept femmes se présentant comme des militantes du monde arabe et musulman, ont manifesté nues devant la pyramide du Louvre à Paris contre « l’oppression », à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes. Munies de drapeaux tunisien, iranien, égyptien, algérien, arc-en-ciel et français, elles se sont dévêtues devant l’entrée du musée, avant de marcher sur les rebords des bassins qui jouxtent la pyramide. Elles ont scandé « liberté, laïcité, égalité ». Sur leurs corps, on pouvait lire des slogans tels que « game over associé au drapeau français, ou « liberté associé au drapeau tunisien», ainsi que des inscriptions en arabe. Parmi elles, se trouvaient Amina Sboui, Aliaa Magda Elmahdy, Maryam Namazie et Solmaz Vakilpour.

Elle participe au forum Libération le 11 avril 2014 sur le thème « En 2030, les féministes au pouvoir ? »

Le 31 décembre 2015, nous avons assisté à une opération étrange. Une vague d'agressions sexuelles collectives, de vols, de braquages et au moins deux cas de viol — tous dirigés contre des femmes — est rapportée à travers l'Allemagne, principalement à Cologne, mais aussi en Finlande, en Suède, en Suisse et en Autriche. En Allemagne, douze villes sont touchées : Francfort, Hambourg, Stuttgart, Bielefeld et Düsseldorf principalement. 12 des 16 Länder ont été impactés dans un bilan revu à la hausse le 24 janvier 2016.

Les Insoumis-es découvrent la manipulation orchestrée par la police et les médias européens, suite à l'annonce de Merkel d’accueillir des réfugiés en Allemagne respectant le droit d’asile et la constitution européenne, ce que la France refusera de faire seulement pour des raisons électorales. Les Insoumis-es et Warless day organiseront une action nue sur les marches de la cathédrale de Cologne en soutien aux réfugiés.

À l’époque, Safia Lebdi est déjà conseillère régionale dans un parti qui se veut féministe, laïque et anti-capitaliste et pour elle, ça a du sens. D’ailleurs Caroline Fourest lui fera remarquer son choix d’adhésion chez les Verts qu’elle accuse de relativisme culturel. C’est ainsi que Stéphane Sitbon, aujourd’hui conseiller à France Télévision, se retrouve à la propulser tête de liste dans le 95 aux régionales en 2010, la meilleure façon de repousser les critiques.

Safia Lebdi s’intéressait aussi essentiellement au monde arabe et aux révolutions qui se déroulaient sous nos yeux. Alia el madji, la jeune Égyptienne aujourd'hui exilée en Norvège qui a posté une photo d’elle nue (très artistique), sera et restera un symbole de liberté ainsi qu’Amina qui vit actuellement en Tunisie et continue courageusement le combat dans des conditions pas toujours faciles, en particulier depuis qu'elle soutient les droits des LGBT, Ibtissam Lachgar la fondatrice du mouvement MALI, Solmaz Vakilpour fondatrice du collectif Warless Day, 'iranienne exilée à Cologne.

Safia Lebdi se bat depuis des années pour les libertés individuelles mais un certain carcan, dû à sa culture d’origine, aux traditions archaïques ainsi qu’à la religion, ne pouvait la mener à la nudité. C'est la rencontre avec le mouvement Femen qui lui fait passer ce cap et c’est ainsi qu'elle décide d’être leader et la première Femen issue de l’immigration pour diversifier cette nudité.[interprétation personnelle]

C’est ainsi que Safia Lebdi est partie négocier en 2012 avec Anna Hutsol fondatrice des Femen. L’utilisation du corps de la femme contre la marchandisation et la morale quelle belle idée. Si on veut faire tomber ce capitalisme qui nous dévore, la première chose que les femmes doivent faire c’est de reprendre possession de leurs corps et de leurs images et Amina Sboui résume le message avec son action en Tunisie : le 1er mars 2013, durant le mouvement de protestation qui suit l'assassinat de Chokri Belaïd et la démission du gouvernement tunisien, elle diffuse sur les réseaux sociaux une photographie d'elle-même, seins nus avec écrit « Mon corps m'appartient et n'est source d'honneur pour personne ». Nous avions gagné et installé une idée de la femme arabe libre et indépendante.

PublicationsModifier

Notes et référencesModifier

  1. « L’Usine de films amateurs d’Aubervilliers présentée à Cannes », sur www.dailymotion.com (consulté le 11 mai 2012).
  2. a et b « France – Safia Lebdi : verte de rage – JeuneAfrique.com », JeuneAfrique.com,‎ (lire en ligne, consulté le 28 novembre 2017)
  3. Samuel Déprez, « CLERMONT-FERRAND - Les Cités Saint-Jean d'Herbet - (Documentaire) », (consulté le 27 décembre 2016)
  4. Voir sur carrefourlocal.senat.fr.
  5. Voir sur lesinsoumises.org.
  6. Voir sur ile-de-france.regions-europe-ecologie.fr.
  7. Voir les résultats sur lejdd.fr.

Voir aussiModifier

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Liens externesModifier