Ruth Moufang

mathématicienne allemande
Ruth Moufang

Naissance
Darmstadt, grand-duché de Hesse
Décès (à 72 ans)
Francfort-sur-le-Main, Allemagne de l'Ouest
Nationalité Drapeau de l'Allemagne allemande
Domaines Mathématiques
Institutions Université Goethe de Francfort
Diplôme Université Goethe de Francfort
Directeur de thèse Max Dehn
Étudiants en thèse Hermann Heineken
Christoph Hering
Heinrich Lüneburg
Rolf Schneider
Renommée pour plan de Moufang
polygone de Moufang
Algèbre de Moufang–Lie

Ruth Moufang est une mathématicienne allemande née le à Darmstadt et morte le à Francfort-sur-le-Main.

BiographieModifier

Née en 1905, à Darmstadt[1], Ruth Moufang a pour père Eduard Moufang, scientifique travaillant dans le secteur industriel de la chimie. Elle étudie à l'université de Francfort à partir de 1925. Max Dehn dirige son doctorat de géométrie projective, qu'elle obtient en 1931. Ayant obtenu une bourse de recherche, elle prolonge ce doctorat par un séjour d'un an à Rome, puis revient en Allemagne. Elle travaille à l'université de Königsberg puis à l'université de Francfort. De 1931 à 1937, elle publie huit articles sur les fondements de la géométrie projective[1],[2],[3],[4].

Malgré sa thèse en 1936, Ruth Moufang n'obtient pas de poste d'enseignant d'université : le ministère de l'Éducation de Hitler, qui a pris le pouvoir trois ans plus tôt, lui en refuse l'accès à cause de sa condition de femme. Mais elle a la possibilité de travailler comme mathématicienne dans l'industrie (Krupp) en théorie de l'élasticité. Elle ne reprend l'enseignement qu'en 1946 à Francfort, devenant la première femme allemande occupant un poste d'enseignante dans un établissement universitaire[1],[2].

ŒuvreModifier

Ruth Moufang s'est spécialisée dans la géométrie projective. Elle est à l'origine des boucles de Moufang, des plans de Moufang (de) et des polygones de Moufang (en)[1].

Sa principale contribution concerne les fondements de la géométrie. Complétant le travail de Hilbert sur les coordonnées et les règles d'incidence, elle découvre que la règle d'invariance de quatre points harmoniques la conduit à travailler sur des coordonnées appartenant, au lieu d'un corps gauche, à une algèbre à division alternative mais non associative. L'étude plus approfondie de cette structure l'amène à définir un type particulier de quasigroupes : les boucles de Moufang[1].

Sélection de publicationsModifier

  • (de) (avec Erika Moufang), Elementare Geometrie – vol. 1 : Die Ebene, Leipzig, Akademische Verlagsgesellschaft, coll. « Mathematik und ihre Anwendungen in Monographien und Lehrbüchern » (no 6), , 402 p.
  • (de) « Zur Struktur der projektiven Geometrie der Ebene », Math. Ann., vol. 105,‎ , p. 536-601 (mémoire de doctorat)
  • (de) « Die Einführung der idealen Elemente in die ebene Geometrie mit Hilfe des Satzes vom vollständigen Vierseit », Math. Ann., vol. 105, no 1,‎ , p. 759-778 (DOI 10.1007/BF01455845)
  • (de) « Die Schnittpunktsätze des projektiven speziellen Fünfecksnetzes in ihrer Abhängigkeit voneinander (Das A- Netz) », Math. Ann., vol. 106,‎ , p. 755-795
  • (de) « Ein Satz über die Schnittpunktsätze des allgemeinen Fünfecksnetzes (Das A, B- Netz) », Math. Ann., vol. 107,‎ , p. 124-139
  • (de) « Die Desarguesschen Sätze vom Rang 10 », Math. Ann., vol. 108,‎ , p. 296-310
  • (de) « Alternativkörper und der Satz vom vollständigen Vierseit », Abh. Math. Sem. Hamburg, vol. 8,‎ , p. 207-22
  • (de) « Zur Struktur von Alternativkörpern », Math. Ann., vol. 110, no 1,‎ , p. 416-430
  • (de) « Einige Untersuchungen über geordnete Schiefkörper », J. reine angew. Math., vol. 176,‎ , p. 203-223 (mémoire de thèse)
  • (de) (avec Wilhelm Magnus), « Max Dehn zum Gedächtnis », Math. Ann., vol. 127, no 1,‎ , p. 215–227 (DOI 10.1007/BF01361121)

RéférencesModifier

  1. a b c d et e Isabelle Collet, « Mofang, Ruth [Darmstadt 1905 - Francfort 1977] », dans Béatrice Didier, Antoinette Fouque et Mireille Calle-Gruber (dir.), Dictionnaire universel des créatrices, Éditions Des femmes, , p. 3043
  2. a et b « Ruth Moufang », sur femmesenmaths.org
  3. (en) Marilyn Ogilvy et Joy Harvey, The Biographical Dictionary of Women in Science: L-Z, Routledge, (lire en ligne), p. 922
  4. (en) B. Chandler et W. Magnus, The History of Combinatorial Group Theory: A Case Study in the History of Ideas, Springer, (lire en ligne), p. 136-137

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier