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8e arrt
Rue Quentin-Bauchart
Image illustrative de l’article Rue Quentin-Bauchart
Situation
Arrondissement 8e
Quartier Champs-Élysées
Début 44, avenue Marceau
Fin 79, avenue des Champs-Élysées
Morphologie
Longueur 360 m
Largeur Minimum : 11,30 m
Historique
Dénomination Arrêté du approuvé par décret du
Ancien nom Partie de la rue de Chaillot ( -1919)
Géocodification
Ville de Paris 7970
DGI 7954

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue Quentin-Bauchart
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La rue Quentin-Bauchart est une voie du 8e arrondissement de Paris.

Sommaire

Situation et accèsModifier

Elle commence au 44, avenue Marceau et se termine au 79, avenue des Champs-Élysées.

Origine du nomModifier

Cette voie rend hommage à Pierre Quentin-Bauchart (1881-1916), conseiller municipal, mort au champ d'honneur.

HistoriqueModifier

La rue Quentin-Bauchart est le prolongement jusqu'aux Champs-Élysées de la rue de Chaillot qui, dans sa partie comprise entre la rue Georges-Bizet et l'avenue Marceau, n'est autre que l'ancienne rue principale du village de Chaillot. Cette section porta d'ailleurs le nom de « rue de Chaillot » jusqu'à être rebaptisée en 1919 en l'honneur de Pierre Quentin-Bauchart, conseiller municipal de Paris mort au champ d'honneur à Bouchavesmes (Somme), pendant la Première Guerre mondiale.

André Becq de Fouquières écrit : « La rue Quentin-Bauchart actuelle n'est rien qu'une partie de la vieille rue de Chaillot, prise entre l'avenue Marceau et l'avenue des Champs-Élysées. Cette voie infortunée a changé d'âme et de nom et les administrateurs de la ville de Paris ont encore cru devoir modifier le numérotage des maisons ! Si bien que les quelques Parisiens restés fidèles à la résidence de leurs pères n'ont point gardé la même adresse[1]. »

Au nord de cette rue, à l'emplacement des actuelles avenue George-V et rues Bassano, Magellan, Christophe-Colomb et Euler, se trouvait autrefois l'hospice Sainte-Perrine, créé en 1806 à l'emplacement d'une abbaye supprimée en 1790. En 1858, pour permettre le percement de l'avenue de l'Alma (actuelle avenue George-V), cet hospice fut transféré au 17, rue Chardon-Lagache dans le 16e arrondissement de Paris.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoireModifier

  • No 4 (ancien 34, rue de Chaillot) : « L'hôtel de Mme Alfred Lot, qui était 34, rue de Chaillot, se trouve être celui de Mme Maurice Lot, 4, rue Quentin-Bauchart, et là figure aussi aujourd'hui le nom du comte Jean d'Aramon qui succède à cette place au comte Guillaume d'Aramon[1]. »
  • No 6 : siège du Centre national des indépendants et paysans jusqu'en 2017.
  • No 7 : Instituto Cervantes de Paris, centre culturel espagnol[2].

Bâtiments détruitsModifier

La mise en forme de cette section ne suit pas les recommandations concernant la typographie, les liens internes, etc. (juillet 2017). Découvrez comment la « wikifier ».
  • No 8 (ancien 38, rue de Chaillot) : hôtel de Kerjégu. Hôtel de James de Kerjégu (1846-1909), avec des jardins s'étendant jusqu'à la rue Pierre-Charron et l'avenue George-V[3],[1]. James de Kerjégu fut député du Finistère de 1889 à 1908, président du Conseil général à partir de 1895, et envisagea un moment de se présenter à la présidence de la République. Il avait épousé en secondes noces en 1883 Laure de Haber, fille d'un banquier du grand-duché de Bade, veuve en premières noces d'Octave de Béhague. La fortune considérable de sa femme lui permit d'acquérir l'hôtel de la rue de Chaillot et de faire construire en Bretagne le château de Trévarez.
  • No 10 (ancien 40, rue de Chaillot) : hôtel de La Ferronays[3]p. 87,[1]. Résidence du marquis Henri de La Ferronnays (1842-1907), maire de Saint-Mars-la-Jaille, député et président du conseil général de la Loire-Atlantique. Son fils, Henri de La Ferronays (1876-1946), diplomate puis également député et président du Conseil général de Loire-Atlantique, épousa en 1906 Françoise de Kerjégu (1885-1958), fille du propriétaire de l'hôtel voisin du no 8. La famille de La Ferronays était très catholique et conservatrice et ce mariage ne fut d'abord pas agréé par James de Kerjégu, républicain et libéral, proche de Jean Casimir-Perier (voir « Famille de La Ferronnays »).
  • No 20 (ancien no 96, puis no 50) : hôtel Roussel. En 1883, les parents de l'homme de lettres Raymond Roussel, Eugène Roussel (1832-1894), agent de change, et sa femme née Marguerite Moreau-Chaslon (1847-1911), fille d'Aristide Moreau-Chaslon, président de la Compagnie générale des omnibus, s'installent dans un vaste et luxueux hôtel particulier situé alors au 50, rue de Chaillot[4]. Marguerite Roussel « habituée de l'Opéra, […] est l'amie d'Albert Carré, successeur de Carvalho à la direction de l'Opéra-Comique en 1898, et de la cantatrice Rose Caron, interprète de Wagner. Elle les reçoit chez elle, rue de Chaillot, au milieu de nombreuses œuvres d'art, qui seront en partie dispersées après sa mort. Elle a dans son salon une harpe. Elle apprécie les peintres à la mode : Madeleine Lemaire […], qui fait un portrait de Raymond enfant ; et elle possède huit aquarelles d'Eugène Lami. Devenue veuve, elle bénéficie de deux millions-or de revenus et dépense sans compter : on la voit acheter chez Wildenstein une petite table ancienne pour la bagatelle de 75 000 francs-or, ou un ameublement de salon qui avait appartenu au comte Boni de Castellane et figuré à l'Exposition rétrospective de l'Art français au Petit Palais, en 1900. Elle reçoit somptueusement. Dans son hôtel de la rue de Chaillot, quatre valets de pied vêtus à la française se tiennent dans l'escalier. Jacques Doucet[Lequel ?] est invité à ses dîners. On dit aussi qu'elle est morphinomane…[5]. » Elle possède des tableaux de Snyders, Desportes, Drouais, Nattier, Fragonard, Lépicié, Greuze, Hubert Robert, Gainsborough, Sir Thomas Lawrence, Corot, etc., des tapisseries de Beauvais et des Gobelins ainsi qu'une collection de porcelaines de Saxe. Lorsqu'elle meurt en 1911, une part importante du mobilier et des collections est vendue[6]. L'hôtel passe à sa fille, Germaine Roussel (1873-1930), duchesse d'Elchingen par son mariage avec Charles Ney (1873-1933). « L'hôtel […] est devenu le siège d'un organisme américain qui veille à l'entretien des cimetières militaires » (en 1953)[1].
  • No 22 (ancien no 98, puis no 52 ; angle de l'avenue des Champs-Élysées) : hôtel de Gramont. Construit à l'emplacement d'une caserne qui existait sous le Second Empire. « Là fut l'hôtel du duc de Gramont, qui avait épousé en premières noces Mlle de Beauvau, puis avait contracté un second mariage avec Mlle de Rothschild et enfin un troisième avec la princesse Marie Ruspoli. C'est la troisième duchesse de Gramont qui donna deux mois avant la guerre, en 1914, ce fameux Bal des Crinolines qui fut un événement mondain[7]. » L'hôtel avait été acquis par le duc et la duchesse de Gramont des héritiers du comte Wladimir Anatole de Montesquiou-Fezensac[8]. Il est décrit avec précision par Élisabeth de Gramont dans ses Mémoires : « Cet hôtel était composé d'un corps de bâtiment précédé d'une cour, et de deux ailes reliées par trois grilles. Celles-ci étaient surmontées d'une paire de sauvages en bronze, armes parlantes de M. Sauvage de Brantes, beau-frère du comte de Montesquiou, qui avait épousé Mlle Sauvage[9]. La grille centrale ne s'ouvrit que deux fois pour laisser passer, à vingt ans d'intervalle, les chars funèbres de mes parents, celui de ma mère[10] en 1905, celui de mon père en 1925. Les jours de grande réception, les voitures entraient par la première grille et sortaient par la troisième. En face des grilles il y avait un perron de plusieurs marches abrité par une marquise et accédant à un haut péristyle soutenu par quatre colonnes. Le groupe allégorique en marbre Le Passage du Rhin (1892) sculpté par Dalou ornait le mur du fond[11]. Un escalier à double révolution partant du péristyle occupait le corps principal du bâtiment. Deux grands Hubert Robert provenant de l'hôtel de Luynes[12] trouaient les murs sur des perspectives de ponts et de torrents. L'aile gauche comprenait les salons de réception, en enfilade sur les Champs-Élysées : un grand salon, une salle de bal, le fumoir, le boudoir ; l'aile droite, la salle à manger et les chambres, donnant sur la rue de Chaillot. Nos chambres étaient au deuxième étage sur cette rue, et nos salles d'études au deuxième étage sur les Champs-Élysées. Il nous était défendu de passer par le couloir des cochers et des domestiques qui reliait les deux ailes, si bien qu'à la fin de chaque journée, la navette entre les chambres et les salles d'études représentait une bonne douzaine d'étages, ce dont notre institutrice se plaignait amèrement. Le boudoir de ma mère était aux Champs-Élysées, aussi se tenait-elle le plus souvent dans sa chambre. Cet hôtel était mieux conditionné pour l'apparat que pour l'intimité. Pour meubler ce volume, il y eut pendant plusieurs années un va-et-vient considérable d'ouvriers, de tapissiers et d'antiquaires. Mes parents suivaient les grandes ventes, achetant abondamment des meubles, des tableaux, des livres, des porcelaines précieuses[13]. » La duchesse de Gramont donne de grandes fêtes : Élisabeth de Gramont a calculé que ses parents reçurent 90 000 personnes rue de Chaillot. « La rue de Chaillot fut la maison de Paris où l'on reçut le mieux et le plus fastueusement. Mon père adorait avoir du monde et ma mère dirigeait cette usine à réceptions avec une science consommée[14]. » Parmi les habitués de la maison, on compte Mme de Cassin, Mme Howland, Mme Émile Straus[15]. « Les journées de la duchesse sont rythmées avec une régularité impressionnante : elle sort tous les jours en voiture à trois heures et demie, précédée d'un valet de pied, avec sous le bras une chemise pleine de billets à rendre, les visites à faire ; à sept heures et demie elle rentre et, pendant que la femme de chambre la débarrasse de ses fourrures ou de ses ombrelles, elle raconte à ses enfants ses après-midis. Une ou deux fois par semaine, assise en robe de Worth, elle reçoit rue de Chaillot de trois à huit heures[16]. » L'hôtel a été détruit et remplacé par un immeuble abritant le cinéma Le Biarritz. Depuis 2015, la boîte de nuit Queen, s'y trouve.
  • Ancien no 65, rue de Chaillot : hôtel de Bénardaky[17],[18] : « L'hôtel de Bénardaky […] était, au 65, le logis d'une des plus belles dames de la société parisienne. Mme Nicolas de Bénardaky, femme du conseiller d'État russe[19], était la belle-sœur de la comtesse Vera de Talleyrand et de Mme Nisard. Son arrivée, dans toutes les réunions où elle était conviée, était toujours saluée par des murmures admirateurs, et mon frère Pierre m'a conté que ce fut une véritable entrée à sensation que celle de Mme de Bénardaky, à un bal costumé donné en l'hôtel Cernuschi, et où elle apparut, minuit sonnant, drapée et casquée en Walkyrie, dans tout l'épanouissement de sa beauté[7]. » C’est dans la demeure parisienne de Nicolas de Bénardaky que fut créé le l’Andante cantabile du [[Quatuor à cordes no 1 de Tchaïkovski|Quatuor à cordes no 1]] (op. 11) de Tchaïkovsky.
  • Ancien no 99 : hospice Sainte-Perrine, transféré en 1858.
  • Ancien no 101 : hôtel de l'actrice Blanche Dantigny (1840-1874), occupé après elle par la courtisane Cora Pearl qui y mourut en 1886. Il avait déjà été démoli en 1910[3].
  • Ancien no 104 : hôtel de Choiseul-Gouffier. Construit en 1812 (voir « Rue Lincoln »).

Notes et référencesModifier

  1. a b c d et e Becq de Fouquières, op. cit., p. 112.
  2. Site de l'Instituto Cervantes, paris.cervantes.es.
  3. a b et c Rochegude, op. cit., p. 87.
  4. François Caradec, Vie de Raymond Roussel, Paris, Jean-Jacques Pauvert éditeur, 1972, p. 21-22.
  5. François Caradec, op. cit., p. 27-28.
  6. La vente a lieu à Paris, à la Galerie Georges Petit (8, rue de Sèze) les 25, 26, 27 et . Un luxueux catalogue de 120 pages augmenté de 66 planches hors-texte en phototypie est publié à cette occasion (Bnf Estampes : Yd 849 in-4°). La vente produisit 2 797 875 francs pour les peintures, 275 155 francs pour les porcelaines, 821 685 francs pour les meubles, près de 4 millions de francs-or au total. François Caradec (op. cit., p. 134-142) donne des détails sur les différents objets vendus qui permettent de se faire une idée de l'ameublement de l'hôtel. Il publie également plusieurs photographies de l'hôtel et de son grand salon prises avant la vente.
  7. a et b Becq de Fouquières, op. cit., p. 113.
  8. Wladimir Anatole de Montesquiou-Fezensac (1830-1887), fils du comte Anatole de Montesquiou-Fezensac, maréchal de camp, député de la Sarthe, avait épousé le Marie Louise Caroline Sauvage (†1887).
  9. Roger Sauvage (°1834), auditeur au Conseil d'État, obtint par décret du l'autorisation de changer son patronyme en Sauvage de Brantes avant d'épouser le Louise Marie Françoise Charlotte Lacuée de Cessac (1842-1914), petite-fille de Louise-Augustine du Blanc de Brantes (1779-1848), épouse du général Jean-Girard Lacuée. Sa belle-mère était née Zélia de Montesquiou-Fezensac (1818-1889).Voir généalogie Sauvage de Brantes (consulté le 28 mars 2009).
  10. En réalité, sa belle-mère.
  11. Notice en rapport avec l’œuvre sur la base Joconde, www.culture.gouv.fr.
  12. Situé au 33, rue Saint-Dominique et détruit lors du percement du boulevard Raspail et de la rue de Luynes.
  13. Élisabeth de Clermont-Tonnerre, Au temps des équipages. Mémoires I, Paris, Grasset, 1928, p. 129-131.
  14. Élisabeth de Clermont-Tonnerre, op. cit., p. 134.
  15. Francesco Rapazzini, Élisabeth de Gramont. Avant-gardiste, Paris, Fayard, coll. « Vies de femmes », 2004, 659 p. (ISBN 9782213618975), p. 51.
  16. Francesco Rapazzini, op. cit., p. 52.
  17. Henri Raczymow, Le Paris retrouvé de Marcel Proust, Paris, Éditions Parigramme, 2005, 199 p. (ISBN 978-2840964162), p. 114 ; André Becq de Fouquières, Mon Paris et mes Parisiens, Paris, Pierre Horay, 1953, vol. I, p. 113
  18. André Becq de Fouquières, Mon Paris et mes Parisiens, vol. I, p. 85, donne à tort le 65, rue Pierre-Charron.
  19. Nicolas de Bénardaky1838), fils de Dimitri Georgevitch Bernardaky et de sa femme Anne, née Egorouwna, d'une famille d'origine crétoise, ancien maître des cérémonies de la cour impériale russe et auteur dramatique, avait épousé Esther Marie de Leibrock (†1913). Ils eurent trois enfants : Marie (1874-1949), qui épousa en 1898 le prince Michel Radziwill (1870-1955), mariage annulé en 1915 ; Hélène, dite Nelly (°1875), par son mariage vicomtesse Antoine de Contades ; et Dimitri (1895-1915), engagé volontaire et tué dans les rangs de l'armée française durant la Première Guerre mondiale. Nicolas de Bénardaky avait deux sœurs : Véra de Bénardaky, qui épousa en 1862 le baron Charles de Talleyrand-Périgord (voir 3, avenue Montaigne) ; l'autre qui épousa l'ambassadeur Armand Nisard (voir 7, avenue Franklin-D.-Roosevelt).

SourcesModifier