Rivière Sainte-Marguerite

rivière de la région du Saguenay, au Québec (Canada)

La rivière Sainte-Marguerite est un cours d'eau du Québec, Canada s'écoulant dans les régions administratives du Saguenay–Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord. Cet affluent de la rivière Saguenay est particulièrement reconnu pour sa pêche au saumon.

Rivière Sainte-Marguerite
Illustration
Vallée de la Rivière Saint-Marguerite vue de la montagne du Chapeau.
Tracé du cours d'eau et de ses principaux affluents.[1]
Caractéristiques
Longueur 106,25 kmVoir et modifier les données sur Wikidata
Bassin 2 117,99 km2Voir et modifier les données sur Wikidata
Bassin collecteur Rivière Saguenay
Cours
Source Lac Sainte-Marguerite
· Localisation Mont-Valin
· Altitude 678 m
· Coordonnées 48° 37′ 02″ N, 70° 33′ 56″ O
Confluence Rivière Saguenay
· Localisation Sacré-Cœur
· Altitude m
· Coordonnées 48° 15′ 47″ N, 69° 56′ 46″ O
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Bras des Murailles, Rivière Sainte-Marguerite Nord-Est
Pays traversés Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Régions Saguenay–Lac-Saint-Jean, Côte-Nord

Sources : OpenStreetMap

La partie supérieure du cours de cette rivière traverse la partie Sud-Ouest de la zec Martin-Valin ; la partie inférieure, la zec de la Rivière-Sainte-Marguerite. La rivière Sainte-Marguerite traverse successivement les cantons de : Silvy, Saint-Germain, Durocher, Champigny, Labrosse et Albert.

La vallée de la rivière Sainte-Marguerite est surtout desservie par la route 172.

ToponymieModifier

Le toponyme est apparu sur la carte du domaine du roy du père Laure en 1731. Il est aussi appliqué à la baie et au cap situés près de son embouchure. Le toponyme a été officialisé le par le Gouvernement du Québec[2].

GéographieModifier

La rivière Sainte-Marguerite a une longueur de 106,25 km à partir du lac Saint-Marguerite et son bassin versant a une superficie de 2 117,99 km2[3],[4]. Ses deux principaux affluent sont le bras des Murailles (38,96 km de longueur) et la rivière Sainte-Marguerite Nord-Est (94,14 km de longueur)[3]. Le principal lac du bassin versant est le lac Tremblay avec une superficie de 2,37 km2. Seul 6 autres lacs dans le bassin versant font plus de 100 ha[5].

Cours de la rivièreModifier

 
Vallée de la Rivière Saint-Marguerite dans le parc national des Monts-Valin.

La rivière Sainte-Marguerite prend sa source dans les lacs Sainte-Marguerite et Castor Gras, à quelques dizaine de kilomètres au nord du parc national des Monts-Valin[6]. Elle coule à partie du lac Sainte-Marguerite (altitude: 678) ensuite en direction nord-ouest sur quelques kilomètres avant de tourner en direction sud-ouest sur une quinzaine de kilomètre où elle est encaissée dans un profond canyon dans le parc national des Monts-Valin. Elle tourne ensuite brusquement vers le sud-est, longeant la limite nord du graben du Saguenay[6],[7]. Elle coule ensuite presque en parallèle la rivière Saguenay sur environ 60 km. Elle reçoit les eaux du bras des Murailles à mi-parcours. Peu avant son embouchure dans la baie Sainte-Marguerite, elle reçoit les eaux de la rivière Sainte-Marguerite Nord-Est, qui est presque aussi longue que la rivière Sainte-Marguerite. Elle forme à son embouchure un delta de un kilomètre de large dans la baie Sainte-Marguerite[2].

Pour ce qui est de la pente, la rivière se divise en trois section, la section supérieure entre les km 78 et 98 à partir de l'embouchure ont une pente d'environ 1.99 %. La section médiane (entre les km 33,4 et 78) a plutôt une pente de 0,27%. Finalement, la section inférieur, qui est plus basse que le km 33,4, a une pente de 0,08 %[8].

Municipalités et municipalités régionales de comté traverséesModifier

La rivière Sainte-Marguerite est située dans les régions du Saguenay–Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord. Cette dernière traverse sur son cours deux municipalités régionales de comté MRC, deux municipalités et un territoire non-organisé:

Topographie et géologieModifier

La rivière Sainte-Marguerite est située dans la province naturelle des Laurentides centrales, qui est une portion de la province géologique de Grenville. Il s'agit des racines d'une chaîne de montagnes qui s'est formée il y a un milliard d'année. La vallée de la Rivière Sainte-Marguerite marque la limite de deux paysages distinct. Le nord de celle-ci, qui inclus le cours supérieur de la rivière est situé dans les monts Valin. Il s'agit d'un massif montagneux dont les sommets dépassent régulièrement les 700 m et qui atteignent par endroit les 1 000 m. Le versant sud du massif est très escarpé, avec des dénivelé pouvant atteinte 500 m sur un ou deux kilomètres[9].

Au sud de la vallée le paysage se situe plutôt dans le graben du Saguenay. Il s'agit d'un effondrement de la croûte terrestre qui s'est produit lors de la séparation du supercontinent Rodinia il y a 600 millions d'années. Les collines au sud de la vallée ont des sommets allant de 350 à 500 m. La vallée marque la faille qui marque la limite nord du graben. Les Glaciations quaternaires ont transformé la vallée étroite originelle en une vallée glaciaire encaissée avec un fond plat de quelques centaines de mètres de largeur[6].

Le socle rocheux est composé d'un complexe gneissique comprenant des gneiss charnockitiques et des gneiss mixtes qui inclut la partie est et ouest du bassin. Quant à la partie centrale, elle est composé de granitoïdes à orthopyroxène, qui forme la partie la plus spectaculaire de la vallée. Les dépôts meubles sont géneralement composés de till, tant au sud et au nord du bassin. Ce dernier est généralement mince, sauf dans les dépressions. Le fond de la vallée comprend une plaine d'épandage et des terrasses de kame d'origine fluvio-glaciaire[6].

Le fonde de la rivière est généralement composé de galets et de blocs rocheux. Quant à la section en bas du km 33,4, elle inclut aussi du gravier et du sable, étant donnée qu'elle reçoit les sédiments des tronçons supérieurs[8].

HydrologieModifier

Il n'y avait pas de station hydrologique sur la rivière Sainte-Marguerite avant 2018, année où une fut installée par le Centre interuniversitaire de recherche sur le saumon atlantique (CIRSA). Les débits de la rivière Sainte-Marguerite Nord-Est sont quant à eux connu par une station opérée entre 1975 et 1998 par le ministère de la Faune, des Forêts et des Parcs et une autre qui est active depuis octobre 1998 et qui est opéré par le CIRSA. Cette dernière est située à 1,7 km de l'embouchure de la rivière Sainte-Marguerite[10],[11].

Le débit de la rivière Sainte-Marguerite Nord-Est est à sont plus bas au mois de mars (2,97 m3/s) et à son plus élévé au mois de mai (336 m3/s). Elle connait une seconde crue, quoi que moins intense au mois de novembre. Le débit mensuel moyen varie entre 7,04 et 120,10 m3/s alors que le débit mensuel médian se situe entre 6,38 et 109,20 m3/s. Le débit de la rivière est généralement stable et connait un régime d'écoulement naturel. Si le déluge du Saguenay n'a pas eu d'influence sur le débits moyens annuels, on y a tout de fois noté un débit moyen de 608 m3/s sur 24 h, alors que le débit maximal médian précédament enregistré était de 56,64 m3/s[10].

Aucune donnée sur les zones inondables n'a été prélevée dans le bassin de la rivière Sainte-Marguerite. La rivière n'est pas située dans une zone où les inondations ou les glissements de terrain menacerait des zones habités[8].

HistoireModifier

Avant la colonisation européenne, la rivière Sainte-Marguerite était fréquentée par les Autochtones[12]. Selon les données archéologiques, la baie Saint-Marguerite est fréquenté depuis l'Archaïque moyen, 8 000 AP. Ces derniers y venaient principalement pour la chasse au phoque[13]. Elle est actuellement sur le territoire traditionnel des Innus d'Essipit selon l'Entente de principe d'ordre général entre les Premières Nations de Mamuitun et de Nutashkuan de 2004[12].

La pêche au saumon de la rivière Sainte-Marguerite y est réputée depuis longtemps. Dès 1838, la Compagnie de la Baie d'Hudson y exploitait un camp de pêche à son embouchure. Entre 1848 et 1853, un commis du poste de Tadoussac, James Grant, offre d'accompagner des officiers et des visiteurs sur la rivière. À la fermeture du poste de Tadoussac en 1859, David Edward Price obtient un bail lui conférant les droits exclusifs de la pêche au saumon de la rivière[14]. En 1860, une visite du prince de Galles Albert Edward crée un émoi à Bagotville¸alors qu'il préfère pêcher le saumon avec David Edward Price plutôt que visiter la population du Saguenay[13].

 
Fosse 54

Les derniers kilomètres de la rivière ont connu une forte activité industrielle durant les années 1840, en raison d'une grande scierie exploitée par Price Brothers and Company[15]. Willis Russell, un ami de Price ébloui par la qualité de la pêche au saumon dans la rivière, lui troqua les droits du cours principal contre d'importants quotas de coupe de bois vers 1870[14],[13]. Il était déjà l'un des actionnaires d’un hôtel et propriétaire d’une maison à Tadoussac[13]. En 1872, associé avec Robert Powell, de Philadelphie, il fait construire la maison de Lower Fork, aussi désignée comme Club House Station. Il construit d'autres camps de pêche, soit la maison Home Pool, à six kilomètres en amont, Le Château, à cinq kilomètres du précédent, Sand's Pool, à 13 km en amont, Bardsville, à 11 km plus haut et finalement Upper Forks, rebaptisé Grantville en l'honneur de James Grant, à 11 km de Bardsville[14]. En 1875, à la suite de la diminution de la population de saumons, on ouvre la pisciculture de Tadoussac et on commence à ensemencer la rivière à partir de saumons reproducteurs capturés autour de Tadoussac[13].

 
Site de pêche de la pointe de Bardsville.

En juillet 1885, le gouvernement du Québec adopte la Loi sur la protection du poisson et du gibier, ce qui force Russell à former le Ste. Marguerite Salmon Club. La même année le club est vendu à James Grant et ses associés de New York. Quant au guides de pêche, ils provenaient des villages avoisinant, ce qui leur offrait un travail saisonnier lucratif[13]. En 1974, le Gouvernement du Québec décide de renouveler le bail de la rivière Sainte-Marguerite de 5 ans et celui de la rivière Sainte-Marguerite Nord-Est de 9 ans. La zec de la Rivière-Sainte-Marguerite est créée en 1980 et la Corporation de pêche Sainte-Marguerite, qui détenait les droits de pêche depuis 1859 perd son exclusivité. La gestion de la zec est donnée à l'Association de la Rivière Sainte-Marguerite. La rivière est facilement accessible par la route 172, qui a été complété en 1964[14]. Quant au cours supérieur, il fait partie du parc national des Monts-Valin (créé en 1996) et de la zec Martin-Valin (créé en 1978)[16],[17]. Depuis 1995, le Centre interuniversitaire de recherche sur le saumon atlantique s’installe sur le bord de la rivière[18].

Le , le gouvernement du Québec décrète la création de la réserve aquatique projetée de la vallée de la rivière Sainte-Marguerite. Le statut, temporaire a été prolongé une première fois pour quatre ans en et une seconde fois pour 8 ans le . Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement a tenu une consultation en visant la création de 10 aires protégées, dont celle de la vallée de la rivière Sainte-Marguerite. Le rapport a été publié le [19]. La réserve aquatique de la Vallée-de-la-Rivière-Sainte-Marguerite est finalement créée le [20].

FloreModifier

Du fait sa position géographique, la flore de la vallée est fort diversifiée. Alors que le sud et le fond de la vallée font partie du domaine bioclimatique de la sapinière à bouleau jaune, le versant nord correspond à la limite septentrionale de la sapinière à bouleau blanc[21].

FauneModifier

La rivière Sainte-Marguerite est reconnu pour sa population de Saumon atlantique (Salmo salar), qui y est bien établi. Cette population fréquente aussi la rivière Sainte-Marguerite Nord-Est et le bras des Murailles. Elle est classée comme «rivière à saumons» par le Règlement de pêche du Québec[22]. Par sa population, la rivière est la plus importante rivière à saumons de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean et la 12e au Québec[13]. La rivière est aussi fréquentée par une population d'omble de fontaine anadrome (Salvelinus fontinalis), bien que moins populeuse et documenté que celle de saumons[22]. En plus de ces deux espèces, on y retrouve aussi le naseux des rapides (Rhinichthys cataractae), le meunier rouge (Catostomus catostomus), le meunier noir (Catostomus commersoni) et l'anguille d'Amérique (Anguilla rostrata)[23].

Notes et référencesModifier

  1. Relation OpenStreetMap
  2. a et b « Rivière Sainte-Marguerite », Banque de noms de lieux du Québec, sur Commission de toponymie (consulté le 30 juillet 2020).
  3. a et b Organisme de bassin versant du Saguenay 2015, p. 442.
  4. Organisme de bassin versant du Saguenay 2015, p. 4.
  5. Organisme de bassin versant du Saguenay 2015, p. 414.
  6. a b c et d Gouvernement du Québec 2019, p. 3.
  7. Association de la rivière Sainte-Marguerite et Fédération québécoise pour le saumon atlantique 2019, p. 6.
  8. a b et c Association de la rivière Sainte-Marguerite et Fédération québécoise pour le saumon atlantique 2019, p. 14.
  9. Gouvernement du Québec 2019, p. 2-3.
  10. a et b Association de la rivière Sainte-Marguerite et Fédération québécoise pour le saumon atlantique 2019, p. 12.
  11. Organisme de bassin versant du Saguenay 2015, p. 107.
  12. a et b Gouvernement du Québec 2019, p. 8.
  13. a b c d e f et g MRC du Fjord-du-Saguenay, « La Rivière Sainte-Marguerite: Site Patrimonial » (consulté le 9 août 2020).
  14. a b c et d Gouvernement du Québec 2019, p. 9.
  15. « Baie Sainte-Marguerite », Banque de noms de lieux du Québec, sur Commission de toponymie (consulté le 1er août 2020).
  16. « Portrait du parc », sur Sépaq (consulté le 1er août 2020).
  17. « Zec Martin-Valin », sur Zec Martin-Valin (consulté le 1er août 2020).
  18. « Rivière Sainte-Marguerite », sur Saumon Québec (consulté le 9 août 2020).
  19. Gouvernement du Québec 2019, p. 1.
  20. Canada, Québec. « Statut permanent de la réserve aquatique de la Vallée-de-la-Rivière-Sainte-Marguerite, le règlement sur cette réserve et son plan de conservation », Décret 434-2020 [lire en ligne]
  21. Gouvernement du Québec 2019, p. 4.
  22. a et b Organisme de bassin versant du Saguenay 2015, p. 197.
  23. Association de la rivière Sainte-Marguerite et Fédération québécoise pour le saumon atlantique 2019, p. 5.

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier

BibliographieModifier

  • Association de la rivière Sainte-Marguerite et Fédération québécoise pour le saumon atlantique, Plan de conservation du saumon atlantique et de développement durable de la pêche sportive de la rivière Sainte-Marguerite, Association de la rivière Sainte-Marguerite, , 49 p. (lire en ligne).
  • Gouvernement du Québec, Plan de conservation, réserve aquatique de la Vallée-de-la-Rivière-Sainte-Marguerite, Québec, Ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Direction des aires protégées, , 24 p. (lire en ligne).
  • Organisme de bassin versant du Saguenay, Plan directeur de l’eau des bassins versants du Saguenay : Portrait, Saguenay, , 412 p. (lire en ligne).