Rien ne va plus (film, 1997)

film français
Rien ne va plus
Réalisation Claude Chabrol
Scénario Claude Chabrol
Acteurs principaux
Sociétés de production Drapeau : France TF1 Films Productions
Drapeau : Suisse CAB Productions
Drapeau : Suisse TSR
Drapeau : Suisse Teleclub
Drapeau : France Rhône-Alpes Cinéma
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de la Suisse Suisse
Genre Comédie dramatique, Thriller
Durée 105 minutes
Sortie 1997


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Rien ne va plus est un film franco-suisse réalisé par Claude Chabrol, sorti en 1997. Il raconte l'histoire d'un couple de modestes escrocs qui voyagent en camping car à travers la France...

SynopsisModifier

Dans un casino, lors d'un congrès pour agriculteurs, Betty (Isabelle Huppert) séduit un homme et lui propose un verre. Elle le drogue, lui annonce qu'elle veut coucher avec lui et l’emmène dans sa chambre. Pendant qu'elle fait semblant de se préparer dans la salle de bains, l'homme s'endort rapidement et Betty fait entrer Victor (Michel Serrault), qui avait observé toute la scène depuis le bar. Ensemble, ils mettent en œuvre un stratagème bien établi pour dérober argent liquide et chèque à leur victime, sans toutefois que celui-ci ne croit à un vol à son réveil.

De retour dans leur camping car, le couple prépare sa prochaine cible : un congrès de dentistes qui aura lieu en Suisse deux semaines plus tard. Betty demande l'autorisation à Victor de partir quelques jours en vacances seule et lui propose de se retrouver directement au congrès. Elle va en effet retrouver Maurice (François Cluzet), un homme naïf qu'elle a commencé à séduire sans en parler à Victor. Maurice prépare un transfert de 5 millions de francs suisses vers la Guadeloupe, et Betty est persuadée qu'il a de mauvaises intentions...

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

Autour du filmModifier

  • Marie Dubois fait ici son avant-dernière participation dans un film, dans un très court rôle, crédité comme participation amicale.

Bande sonModifier

La musique originale est composée par Matthieu Chabrol. On entend également un extrait de La Nuit transfigurée d'Arnold Schoenberg (1899), et du final de Tosca, opéra de Giacomo Puccini (1899-1900, dans une interprétation dirigée par Giuseppe Sinopoli en 1992), avec notamment la citation dans le dialogue de Mirella Freni . ainsi que les chansons It's a Long Way to Tipperary (1912) et Changez tout de Michel Jonasz (1975).

AccueilModifier

La réception critique contraste avec La Cérémonie, la précédente réalisation du cinéaste, considérée comme une de ses meilleures.

« Trouble in Chabroland. Fidèle à sa dialectique, Claude Chabrol fait donc succéder à un chef-d’œuvre, La Cérémonie, ce qu’il a coutume d’appeler lui-même "une couillonnerie". Fondé sur la littérature de gare, les chromos de romans-photos, la laideur des mauvais téléfilms, Rien ne va plus ne fait que refléter vainement ces clichés et finit par ressembler à du Mocky auteuriste.

Comme Hitchcock avant lui, il est devenu un expert en publicité, tirant profit de sa tête malicieuse et de son physique débonnaire. Quand le film est réussi, il s'efface ; quand il est raté, il paie de sa personne, monte au créneau et trouve le truc marketing qui permettra de faire passer la pilule. Pour Rien ne va plus, où il est un peu question de jeu et de chiffres, Chabrol et Marin Karmitz son fidèle producteur ont inventé le leurre génial du "cinquantième film de Claude Chabrol". [...] Avec un peu de chance et pas mal de complaisance, l’opération devrait fonctionner correctement. »

— Les Inrocks, Frédéric Bonnaud[1]

« Gonflé, Chabrol ! Désinvolte, il s'offre une dernière demi-heure carrément délirante, comme si son film se déréglait de l'intérieur. Le duo se retrouve en Guadeloupe, piégé dans un imbroglio mafieux. Pastiche de polars du dimanche soir, le face-à-face goguenard avec le dangereux Balmer (grand numéro !), flanqué de lascars patibulaires, est un joyau de non-sens. Rien ne va plus est, paraît-il, le cinquantième film de Chabrol. Celui qui tourne plus vite que son ombre savait qu'il serait attendu au tournant par les distributeurs de lauriers. Et comme les anniversaires et les célébrations, ce n'est pas sa tasse de thé, c'était le moment où jamais, surtout après La Cérémonie (plus sombre, plus "auteur"), de ressortir l'habit du parfait déconneur. Inutile de dire que ça lui va toujours comme un gant. Jubilé peut enfin rimer avec jubilation... »

— Télérama, Jacques Morice, octobre 1997[2]

« L'existence peut manquer de talent. Chabrol, jamais. Il nettoie la conversation des demi-vérités qui l'encombrent. Empile les mots d'esprit. Avoue un pragmatisme qui céda parfois à la fumisterie. Au cœur de ses 50 films - oui, 50 films - gît le plaisir. Celui de manipuler son monde, de tourner, de s'en mettre, dans les bonnes tables du coin, plein le cornet. Plaisir, enfin, de rigoler. Car le rire fou de Chabrol, 67 ans, dit tout, et d'abord le recul, qui chez lui confine à l'hygiène de vie.

S'amuserait-on? Affirmatif, colonel Victor. Rien ne va plus lorgne du côté de Lubitsch, du cynisme tordant, du trafic de sentiments. C'est un jeu sophistiqué sur la ruse et l'argent virtuel.

Quoi d'autre? Ah oui, comme d'habitude, Rien ne va plus se fiche de l'intrigue (d'où plusieurs baisses de régime) pour privilégier la forme (dialogues étincelants), voire les lueurs, comme le doigt cassé, donc tendu, de Victor lorsqu'il grugera Monsieur K. »

— L'Express, Sophie Grassin, 16 octobre 1997[3]

DistinctionsModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier