PubPeer
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Image illustrative de l’article PubPeer

Adresse www.pubpeer.com
Slogan le club de lecture de journal scientifique en ligne
Commercial non
Type de site commentaire anonyme d'articles
Langue anglais
Inscription sans inscription
Propriétaire The PubPeer Foundation
Créé par Brandon Stell
Lancement 2012
État actuel mis à jour en 2015

PubPeer est un site qui permet aux utilisateurs (principalement anonymes) d'émettre des commentaires sur des articles scientifiques en post-publication, mais aussi de signaler des soupçons de manquements à l'éthique scientifique[1].

OrigineModifier

PubPeer a été créé anonymement par Brandon Stell[2] en 2012. Ce chercheur au CNRS n'a révélé qu'en août 2015 en être le fondateur[3],[4]. Le site est administré par Brandon Stell et Boris Barbour[5]. Boris Barbour explique que le site permet d'échanger instantanément avec d'autres chercheurs au sujet d'un article publié, par exemple si on le considère non-fiable[6].

Soutiens et oppositionsModifier

Le site a mis en évidence des lacunes dans plusieurs articles de grande envergure, qui ont dans certains cas conduit à des rétractations et à des accusations de fraude scientifique[7],[8],[9],[10], comme remarqué par le blog Retraction Watch[11].

Certains chercheurs dénoncent en PubPeer un système de délation, mais Le Monde note dans un éditorial que le site « a pourtant mis au jour de véritables fraudes, et n’existe qu’en raison de l’incapacité de la science à répliquer ses résultats et à s’autocorriger efficacement »[12].

Des accusations de diffamation ont été adressées à certains des contributeurs de PubPeer[13],[14],[15]. En conséquence, les commentaires sur PubPeer sont modérés et ne peuvent inclure que des faits objectifs et vérifiables[16].

Les fondateurs du site considèrent l'anonymat comme une condition essentielle au dépôts des commentaires. La divulgation de l'identité aurait un effet dissuasif. En vertu de la législation américaine, PubPeer est protégé contre les poursuites. Le premier amendement de la Constitution des États-Unis protège également le droit à la liberté d'expression anonyme[17].

En mai 2018, dans une lettre ouverte "Éthique Scientifique, Éthique Journalistique" comptant plus de 500 signataires prenant la défense de Catherine Jessus, le principe du site est critiqué ainsi: « [des] dénonciations, certes maquillées par la modernité d'un site participatif, ne sont que des instruments utilisés par des groupes de pression ou pour des règlements de comptes personnels »[18]. Francis-André Wollman, biologiste membre du conseil scientifique du CNRS et impliqué d'après certains observateurs dans la gestion de l'affaire Jessus[19], décrit PubPeer comme « une plate-forme anonyme de dénonciation [qui] rappelle des temps qui pour [lui] sont épouvantables »[20].

À l'antenne de France Culture, le président du CNRS Antoine Petit a fait un parallèle entre les commentaires anonymes sur PubPeer et les accusations pour pédophilie[1],[21]. Antoine Petit réaffirme son opposition à l'utilisation de cette plateforme lorsqu'il dévoile le 13 novembre 2018 le « plan d’action [du CNRS] sur l’intégrité et la déontologie scientifiques », enjoignant aux chercheurs de ne pas correspondre sur ce site[22].

Le site reste influent et l'audience centrée sur les États-Unis, la Chine et l'Europe (principalement la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni) [23],[24].

Notes et référencesModifier

  1. a et b « PubPeer, le site par qui le scandale arrive », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. (en-US) « Brandon Stell | », sur www.biomedicale.parisdescartes.fr
  3. David Larousserie et Hervé Morin, « Brandon Stell, chasseur d’inconduite scientifique », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. (en) Ewen Callaway, « Pioneer behind controversial PubPeer site reveals his identity », Nature,‎ (ISSN 1476-4687, DOI 10.1038/nature.2015.18261, lire en ligne, consulté le 3 juin 2018)
  5. David Larousserie, « Les grandes revues distordent la science », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. « Séance 3 « Intégrité scientifique ? », Politiques des Sciences, 17 janvier 2019 - Boris Barbour (PubPeer), « Evaluation post-publication avec PubPeer et Peeriodicals » » [audio] (consulté le 21 janvier 2019)
  7. (en) « Researcher admits mistakes in stem cell study », sur Times, (consulté le 1er octobre 2015)
  8. (de) « Zellbiologe gibt Fehler in Klonstudie zu », sur Zeit, (consulté le 1er octobre 2015)
  9. (en) « Stem-cell cloner acknowledges errors in groundbreaking paper », sur Nature, (consulté le 1er octobre 2015)
  10. (en) « ‘STAPgate’ shows Japan must get back to basics in science », sur apanTimes, (consulté le 1er octobre 2015)
  11. (en) « Leading diabetes researcher corrects paper as more than a dozen studies are questioned on PubPeer » (consulté le 19 janvier 2018)
  12. « L’intégrité scientifique est intangible », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  13. (en) Paul Jump, « Can post-publication peer review endure? », sur timeshighereducation.co.uk,
  14. (en) « PubPeer's first legal threat » [blog], sur pubpeer.com, (consulté le 5 décembre 2014)
  15. (en) « PubPeer Threatened with Legal Action », The Scientist,‎ (lire en ligne)
  16. https://pubpeer.com/howto « Copie archivée » (version du 15 novembre 2016 sur l'Internet Archive)
  17. (en) « Peer-review website vows to fight scientist's subpoena », sur nature.fr, (consulté le 12 février 2019)
  18. « Ethique Scientifique, Ethique Journalistique », (consulté le 18 février 2019)
  19. (en) Leonid Schneider, « Jessus investigator identity leaked, CNRS President to expose whistleblowers », sur For Better Science, (consulté le 18 février 2019)
  20. « L’Affaire Olivier Voinnet : la saga est relancée », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 18 janvier 2019)
  21. Nicolas Martin, « Grand entretien avec Antoine Petit » [audio], sur France Culture,

    « Antoine Petit: Je suis pour ma part très choqué du principe de dénonciation anonyme qui permet à n’importe qui de porter un doute sur les travaux de n’importe qui (...) Imaginez que de façon anonyme on puisse vous accuser de pédophilie… je pense que on est un peu dans le même ordre de grandeur. (...) Aujourd’hui on est dans un système où des gens anonymes peuvent semer le doute sur des scientifiques qui a priori sont de renom en ne risquant rien. On pourrait me dire il est normal de respecter les lanceurs d’alerte. Je crois qu’aujourd’hui [on pourrait] dire aux gens: vous faites un accusation anonyme, on fait une enquête mais si l’enquête montre que vos accusations sont infondées, votre nom sera dévoilé. (...) On ne peut pas se permettre de jeter la suspicion sur le travail des gens. »

  22. « Le plan du CNRS pour lutter contre les tricheurs », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  23. (en) « https://www.similarweb.com/fr/website/pubpeer.com », sur https://www.similarweb.com, (consulté en février 2018)
  24. Nicolas Chevassus-au-Louis, « La biologie à l’heure de la délation: PubPeer, le site qui fait peur aux scientifiques », sur Mediapart (consulté le 17 janvier 2019)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier