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Pour un syndicalisme autogestionnaire (PSA) était un syndicat étudiant fondé par la CFDT en septembre 1982[1], sous la houlette d'une institutrice spécialisée de 35 ans, Nicole Notat, responsable régionale du SGEN-CFDT, qui venait d'intégrer la direction de la CFDT au poste stratégique de secrétaire nationale à l'éducation.

HistoriqueModifier

Les statuts de l'association sont déposés en novembre 1982[2] quelques jours avant qu'elle présente une liste aux élections universitaires à Dauphine. Très vite, une convention nationale est ensuite organisée à Paris les 17, 19 et 19 juin 1983, pour accueillir des militants de province[2].

L'équipe dirigeante de PSA à la création en 1982 voit son mandat renouvelé lors du premier congrès à Bierville, les 9, 10 et 11 mars 1984[2]. Le président est Jacques Maire (responsable d'entreprise), le secrétaire général Daniel Kaplan et le trésorier Stéphane Leccia. Domicilié au 5 rue Mayran, dans le IXe arrondissement de Paris, le jeune syndicat était dirigé par un "collectif d'animation", où se retrouvaient également Christian Paul, Gilles-Laurent Rayssac, Eric Loiselet, Patrick Borel, futur dirigeant syndical de la CFDT à la Caisse des dépôts ou encore Pierre Orsatelli, futur cadre au secrétariat de la commission européenne et candidat socialiste aux élections européennes en 1999[3]. Parmi les militants, des responsables aussi de la Jeunesse ouvrière chrétienne, comme Pascal Martineau[4], futur journaliste, ou Marie-Chantal Toutain.

PSA est alors très proche des idées de Michel Rocard et de Pierre Rosanvallon, et se veut anti-jacobin, anti-corporatiste, pour une réforme des rigidités de la machine universitaire. Réformiste et moderniste, le jeune syndicat participe, là où il est présent, à la réforme du 1er cycle universitaire initiée par le ministre de l'éducation nationale Alain Savary, qui consiste à proposer à chaque UFR de mettre en place sa propre réforme locale, en éclatant les filières pour jouer la carte de la pluridisciplinarité. C'est l'époque du grand virage de la rigueur, pour la gauche au pouvoir, avec les plans de rigueur initiés par le ministre des finances Jacques Delors en septembre 1982 puis au printemps 1983, un virage appelé de ses vœux par Edmond Maire, secrétaire général de la CFDT dès 1982.

Malgré le soutien du SGEN CFDT, et l'apport militant du Mouvement d'action étudiante, PSA échoue dans un premier temps à s'implanter sur les grands campus de l'Université Paris VI (Jussieu), de l'Université Paris VII (Diderot), de l'Université Paris X (Nanterre), de l'Université Paris XI (Orsay), de l'Université Paris XII(Créteil) et l'Université Paris XIII (Villetaneuse), dominés par les deux syndicats rivaux de l'époque, l'Unef-ID et l'Unef-SE, dont PSA critique la politisation et l'archaïsme. Les rocardiens de l'Unef-ID, alors présidée par le trotskyste Jean-Christophe Cambadélis, ont pour la plupart d'entre eux préféré rejoindre PSA à sa création.

Le jeune syndicat a obtenu des élus et de bons scores aux élections universitaire à l'Université Paris IX(Dauphine) et l' IEP de Paris, et dans une moindre mesure à l'Université Paris II (Assas) et l'Université Paris I, avec quelques implantations aussi à Lyon, Lille, Strasbourg et Besançon, ainsi qu'à l'Essec.

En 1986, ses fondateurs, pour la plupart nés en 1962, ont achevé leurs études et l'ont presque tous quitté. Il n'a obtenu qu'un seul élu au congrès de la MNEF, Pierre-Étienne Rosenstiehl, responsable de la section de Strasbourg et échoué également aux élections aux conseils d'administration des CROUS. Son audience étant restée modeste, il a du mal à survivre au mouvement étudiant de 1986, qui profite à l'UNEF-ID. Faute d'assise suffisante, PSA sera au tournant des années 1990 infiltré par des trotskystes, comme l'avait été en 1977 son prédécesseur le MAS, qui avait alors perdu le soutien de la CFDT. Le recentrage de la CFDT, dont PSA avait été l'un des fers de lance entre 1982 et 1987, nécessitait sa dissolution le , juste après cette infiltration trotskyste. Son dernier secrétaire général sera donc Gilles Desbordes (actuel SG de la fédération CFDT des services)

PSA a toutefois survécu à Paris-II : la section syndicale a intégré l'UNEF-ID, en associant les deux noms. La sauvegarde des deux noms est due à l'histoire de l'université d'Assas. PSA a été le premier syndicat de gauche à s'implanter durablement à Paris-II, malgré les menaces et les agressions physiques perpétuelles contre ses militants, notamment du Groupe union défense. Surtout, c'est PSA qui a été le premier mouvement étudiant de gauche à sortir vainqueur à toutes les élections universitaires à Paris-II depuis 1993.

En 2003, le nom PSA a disparu, ainsi que les derniers militants se réclamant de son histoire. PSA avait également survécu à Bordeaux, mais a finalement disparu en 1999.

Notes et référencesModifier

  1. Article d'Alain Blainrue (pseudonyme d'Alain Bauer) Le syndicalisme Étudiant in revue Pouvoirs no 26 "le Pouvoir syndical" PUF 1983
  2. a b et c http://www.germe.info/guide/inventaires/psa.htm
  3. http://resume.liberation.fr/albert-batteux.html
  4. http://www.dazibao-orleans.net/pages/Mon_CV-79541.html