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Troodon formosus

Troodon (anciennement Troödon) est un genre éteint de dinosaures de la famille des Troodontidae, représenté par la seule espèce Troodon formosus. C'était un petit dinosaure aux formes aviaires de la fin du Crétacé supérieur (il y a environ entre 75 et 66 millions d’années). Découvert en 1854, il fut l'un des premiers dinosaures retrouvés en Amérique du Nord. Il a longtemps été considéré comme le plus intelligent, cette idée vient d'une analyse mené par H Jerison mais une étude plus récente montre qu'il n'était pas vraiment plus intelligent qu'un autre. Néanmoins il reste intelligent pour un reptile[réf. nécessaire].

Sommaire

ÉtymologieModifier

Le nom de Troodon vient du grec et signifie « dent blessante » en référence aux dents crénelées de l’animal. Le nom de l’unique espèce valide, formosus, est latin et signifie « bien fait, élégant »[1]. L'animal a d'abord été nommé Troödon (avec un tréma) par Joseph Leidy en 1856. En 1876, le paléontologue français Henri Émile Sauvage le renomme Troodon (sans tréma)[2]. De nos jours, les deux versions du nom persistent dans l'usage commun.

DescriptionModifier

 
Dents de Troodon du Children’s Museum of Indianapolis comparées à une pièce de 10 cents (de 17,91 mm de diamètre).
 
Taille de Troodon inequalis (Troodon formosus), comparée à celle d'un humain.

Troodon devait peser à peine 45 kg[1] et mesurer environ 2 m de long et possédait notamment de grands yeux, qui laissent penser qu’il s’agissait d’un animal nocturne[AP 1].

Il est surtout connu médiatiquement pour son intelligence en raison de la taille de sa cavité cérébrale par rapport à la taille de son corps, exceptionnellement grande pour un dinosaure, et de ses mains préhensiles à trois doigts avec des "pouces" partiellement opposables[3],[4]. Le paléontologue Dale Russell émit ainsi l'hypothèse que son intelligence aurait pu être supérieure à celle des autres dinosaures contemporains et commanda à l'artiste taxidermiste Ron Seguin la réalisation d'une sculpture de « dinosauroïde », en 1982, selon ses directives[5].

 
Dinosauroïde.

En outre, et contrairement à de nombreux autres théropodes, il possédait de nombreuses et petites dents, peut-être trente-cinq par côté de la mâchoire inférieure. On le considère aujourd’hui comme un proche parent des oiseaux ; il est également apparenté aux Dromaeosauridae à cause de son énorme griffe au second orteil, qui n’est cependant pas aussi importante que chez Velociraptor ou Deinonychus[6].

ComportementModifier

 
Œufs de Troodon.

La morphologie de Troodon en faisait probablement un chasseur nocturne agile et intelligent[AP 1]. La découverte d’œufs fossilisés et de lits d’ossements laissent penser qu’il vivait en groupe et s’occupait de ses petits[1].

SystématiqueModifier

Le dinosaure fut d’abord nommé Troodon à partir d’une simple dent, que Joseph Leidy pensait appartenir à un lézard, avant que l’on ne découvre des fossiles plus complets[1]. Philip John Currie a reclassé en 1987 les genres Pectinodon, Stenonychosaurus (nom donné en 1932 par Charles Mortram Sternberg) et Polyodontosaurus dans le genre Troodon, premier nom attribué à l’animal[7]. On le classe généralement dans la famille des Troodontidae, bien que cela ne fasse pas l’unanimité, certains l’assimilant à d’autres familles proches[8].

RépartitionModifier

Les fossiles de Troodon ont été trouvés dans des régions qui correspondent au continent du Crétacé appelé « Asiamérique »[AP 2]

Le premier fossile (une dent) fut découvert dans la formation de Judith River, dans l’Alberta au Canada[6]. D’autres spécimens furent par la suite trouvés dans le Nord des États-Unis. D’autres restes attribués à Troodon ont été découverts En Asie (est de la Russie et Ouzbékistan), mais seuls les spécimens d’Amérique et d’extrême-orient russe sont d’une espèce identifiée[9].

Culture populaireModifier

Le troodon est très connu du public pour sa particularité intellectuelle, il apparait dans de nombreux médias :

  • Nigel Marven ramène par inadvertance un troodon à Prehistoric Park, dans la série documentaire du même nom, lors du dernier épisode. L'animal causera un accident qui libérera toutes les créatures du parc.
  • Dans le film Sur la terre des dinosaures (2013), le troodon est l'un des dinosaures vu à l'écran, un troodon est d'ailleurs responsable du trou dans la collerette de Patchi, le protagoniste du film.
  • Le contrôleur du Dino Train est un troodon, espèce à la culture et à l'intelligence inégalées. Étant l'un des personnages principaux de la série, il apparaît régulièrement.
  • Les troodons apparaissent dans le jeu Jurassic Park: The Game, qui fait suite aux événements du premier film, où ils sont représentés comme des animaux venimeux qui pondent leurs œufs dans le corps d'autres animaux et possédant une intelligence similaire aux raptors. On découvre dans les notes du Dr Laura Sorkin que John Hammond, après avoir récréé et vu les animaux être venimeux, avait ordonné l'euthanasie complète de tous le spécimens, les jugeant trop dangereux. Les troodons furent cependant sauvés en cachette par Sorkin, qui ne pouvait se permettre de laisser une espèce s'éteindre une deuxième fois.
  • Dans les applications Android "Jurassic Park Builder" et "Jurassic World le jeu", il est possible de créer et d'élever des troodons. Dans le second jeu, il est possible de croiser un troodon avec un yutyranus pour débloquer un hybride : le Yudon.
  • Le troodon est présent dans le DLC "Secrets of Dr.Wu" du jeu Jurassic World : Evolution, où il a la capacité d’empoisonner ses proies.
  • Dans Lego Jurassic World (2015), il est possible de débloquer et d'incarner un troodon.
  • Dans le jeu L'Age de glace 3 : Le temps des dinosaures (2009), adapté du film du même nom, les troodons font partie des ennemis du jeu que Buck doit vaincre. Des troodons apparaissent brièvement dans le film, avec cependant un air stupide.
  • Les troodons apparaissent dans le jeu de survie en ligne Ark: Survival Evolved, où il n'est possible de les apprivoiser qu'en leur sacrifiant des animaux domestiqués.

Puisque possédant une intelligence supérieure, des mains préhensiles, des pouces (partiellement) opposables et des avant-bras pivotables[10], ils ont souvent été considérés par des auteurs de science-fiction comme utilisant des outils, bien qu’aucune trace n'en ait été retrouvée. En fait, même s’ils avaient utilisé des outils, cela n’aurait pas laissé de trace[11].

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

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Liens externesModifier

Références taxinomiquesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d Musée canadien de la nature, « Troodon formosus », Carnets d’Histoire naturelle, sur nature.ca, (consulté le 20 janvier 2013).
  2. H.-E. Sauvage, 1876, "Notes sur les reptiles fossiles", Bulletin de la Société Géologique de France, 3e série 4: 435-444
  3. http://www.le-monde-des-dinosaures.net/album2_320.htm
  4. http://savoirdesanimaux.kazeo.com/dinosaures/dinosaures-t,a813536.html
  5. (en) Jeff Hecht, « Smartasaurus – If they hadn't been wiped out in a global catastrophe 65 million years ago, could dinosaurs have evolved intelligence? », sur cosmosmagazine.com, (consulté le 18 mars 2013).
  6. a et b Christopher Brochu, John Long, Colin McHenry, John Scanlon, Paul Willis et Michael Brett-Surman (consultant) (trad. Daphné Halin, Arnaud Pâris et Sébastien Pessey, préf. Michael Brett-Surman), Dinosaures : Une introduction à la vie préhistorique [« Dinosaurs »], Paris, Succès du livre-Maxi-livres, (1re éd. 1997), 256 p. [détail de l’édition] (ISBN 2-7434-5079-7, OCLC 469896255, notice BnF no FRBNF39210006), chap. 5 (« Le guide des dinosaures »), p. 160.
  7. (en) David B. Weishampel, Peter Dodson et Halszka Osmólska, The Dinosauria, University of California Press, , 880 p. (lire en ligne), « Troodontidae », p. 193.
  8. (en) Référence Paleobiology Database : Troodon, Leidy 1856 (consulté le ).
  9. (en) Référence Paleobiology Database : Troodon formosus, Leidy 1856 (consulté le )
  10. http://nature.ca/notebooks/francais/stenony.htm
  11. Science et vie junior no 300, septembre 2014
  • Dougal Dixon, Barry Cox, RJG Savage et Brian Gardiner (trad. Marie-Louise Bauchot, Marie-Claire Groessens-Van Dyck et Marie-Charlotte Saint Girons, préf. Malcolm McKenna), Les Animaux préhistoriques : Du cœlacanthe aux dinosaures, des dinosaures à l’homme [« The Macmillan illustrated encyclopedia of dinosaurs and prehistoric animals »], Paris, Bordas, (1re éd. 1988), 312 p. [détail de l’édition] (ISBN 2-04-012983-9, OCLC 22730350, notice BnF no FRBNF35073333) :
  1. a et b p. 113 (Stenonychosaurus est synonyme de Troodon).
  2. p. 11, fig. 5.