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Place de la Carrière

place de Nancy, France
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Places Stanislas, de la Carrière et d'Alliance à Nancy *
Place de la Carrière, au fond le Palais du Gouvernement
Place de la Carrière, au fond le Palais du Gouvernement
Coordonnées 48° 41′ 45″ nord, 6° 10′ 54″ est
Pays Drapeau de la France France
Subdivision Lorraine
Meurthe-et-Moselle
Type Culturel
Critères (i) (iv)
Superficie .. ha
Zone tampon 166 ha (secteur sauvegardé)
Numéro
d’identification
229
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Année d’inscription 1983 (7e session)
Autre protection Logo monument historique Classé MH (1923)

Logo monument historique Classé MH (1924)
 Inscrit MH (1925)
Logo monument historique Classé MH (1928)
Logo monument historique Classé MH (2003)

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Places Stanislas, de la Carrière et d'Alliance à Nancy
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

La place de la Carrière est une place de la ville-vieille de Nancy, édifiée à partir du XVIe siècle.

Sommaire

Situation et accèsModifier

La place est située dans le prolongement de la célèbre place Stanislas, dont elle n'est séparée que par l'arc Héré et la rue Héré.

Elle appartient à cet ensemble urbain classique comprenant également la place Stanislas et la place d'Alliance, qui a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco en 1983.

Origine du nomModifier

Cette voie est ainsi nommée, parce que c'était l'endroit où se faisaient jadis les courses, tournois, jeux de bagues et autres exercices chevaleresques, où l'on se donnait carrière[1].

HistoriqueModifier

La Place Neuve de la Carrière est créée au XVIe siècle lors de l'agrandissement des fortifications de la ville médiévale, et les nobles de Nancy y firent édifier leurs hôtels particuliers. Dès sa création elle sera le lieu des tournois, joutes et autres activités équestres. Une eau-forte fidèle de cette place de l'époque de la Renaissance, due au graveur Jacques Callot est visible au Musée lorrain de Nancy.

Dès la fin du XVIe siècle, les occupants français percèrent une porte dans les remparts, la Porte Royale, pour créer un axe de communication vers la ville-neuve construite au sud, derrière les remparts. Au nord se situait une aile du palais des Ducs de Lorraine, aile détruite par le Duc Léopold désireux de se faire construire un nouveau Louvre[2] qui ne sera jamais achevé. Au sud-est sera édifié au début du XVIIIe siècle l'hôtel de Beauvau-Craon, actuellement cour d'appel, œuvre de Germain Boffrand.

 
La place avant les créations de Stanislas.

Stanislas Leszczynski, récent monarque de Lorraine, décide de réunir la ville-vieille à la ville-neuve en réutilisant la Carrière, la Porte Royale, et une vaste esplanade qui deviendra la place Stanislas. Au nord, sur les ruines inachevées du nouveau Louvre de Léopold, est édifié le Palais de l'Intendance (actuel Palais du Gouvernement) entouré d'une large colonnade en hémicycle ornée de statues et bustes de dieux de l'Olympe, bordée de deux hôtels particuliers qui s'alignent avec ceux de la Renaissance, l'Hôtel Héré et l'Hôtel de Morvilliers, son symétrique, également appelé Hôtel Guerrier de Dumast. Le Palais du Gouvernement, en référence au Gouvernement français qui gérait de facto la Lorraine sous le règne de Stanislas Leszczynski, est souvent appelé à tort « Palais du Gouverneur », en souvenir du gouverneur militaire de Nancy qui occupa ce bâtiment du milieu du XIXe siècle à la fin du XXe siècle.

Le long de Carrière, sur les côtés est et ouest, les façades des hôtels particuliers Renaissance bordant la place ont été unifiées par Emmanuel Héré en style classique. Au sud, la porte Royale est reconstruite en arc de triomphe. Au sud-ouest, également dans un souci de symétrie classique est construit la Bourse des Marchands, réplique de l'Hôtel de Beauvau-Craon, et lui faisant face. Au centre est aménagée une agréable esplanade, bordée d'orangers (aujourd'hui des tilleuls), de vases rocaille dus aux ciseaux de Mesny et Lépy[3], et aux angles sont disposées des fontaines représentant des groupes d'enfants.

Elle s'est appelée « rue Neuve » en 1551, « rue de la Carrière » en 1573, « rue Neuve de la Carrière » en 1600, « place de la Carrière » en 1764, « place de la République démocratique » en 1793, « rue de la Carrière » en 1839, puis « place de la Carrière », « place de la Préfecture », « place du Palais » avant de prendre sa dénomination définitive[1].

Bâtiments remarquables et lieux de mémoireModifier

Monuments historiquesModifier

L'arc Héré à l'entrée de la place et l'hémicycle ont été classés monuments historiques par un arrêté du 27 décembre 1923, et les sols avec leurs vases, statues, fontaines et grilles par un arrêté du 14 mai 2003[4].

Le palais du Gouvernement ainsi que ses deux exèdres ont été classés monuments historiques par un arrêté du 27 décembre 1923, et les bâtiments annexes dans leur totalité ainsi que les cours ont été inclus dans le classement en 2005[5]. Propriété de l'armée pendant plus d'un siècle, le palais a été rétrocédé à la ville en 2010 afin d'être inclus dans l'ensemble immobilier du musée Lorrain.

L'hôtel de Beauvau-Craon, actuellement cour d'appel de Nancy fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le [6].

L'ancienne Bourse des marchands (ancêtre de la Chambre de commerce et d'industrie de Meurthe-et-Moselle), actuellement tribunal administratif de Nancy fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 5 juillet 1924[7],[8].

L'hôtel Héré ou pavillon Héré fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 24 mai 1928[9].

Toutes les façades et toitures des bâtiments de la place sont également protégés et inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 7 février 1925.

Patrimoine mondialModifier

En décembre 1983, la place a été, au même titre que la place Stanislas et que la place d'Alliance, classée sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO[10]. L'inscription, rendue officielle lors de la septième session ordinaire de l'UNESCO, a été retenue pour les critères (i) : « chef-d'œuvre du génie créateur humain » et (iv) : « exemple éminent d'un type de construction ou d'ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une ou des périodes significative(s) de l'histoire humaine »[11].

ManifestationsModifier

Depuis 2004 s'y tient le salon du livre de Nancy, le Livre sur la place, qui était organisé auparavant sur la place Stanislas.

Notes, sources et référencesModifier

  1. a et b Émile Badel : Dictionnaire historique des rues de Nancy de 1903 à 1905 - Tome 1
  2. « Palais du Gouvernement et hémicycle de la Carrière »
  3. Didier Hemardinquer, « Patrimoine à l'encan », L'Est républicain, 10 décembre 2010.
  4. « Ensemble formé par la place Stanislas, la rue Héré et la place de la Carrière », notice no PA00106099, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  5. « Ensemble immobilier du Palais du Gouvernement », notice no PA00106305, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  6. « Hôtel de Craon », notice no PA00106113, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  7. « Bourse des Marchands (ancienne) », notice no PA00106100, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  8. Emmanuel Héré, « Bourse de commerce de Nancy bâti par le roy de Pologne en 1753 », Recueil des plans, élévations et coupes des châteaux et jardins que le roi de Pologne occupe en Lorraine, 3e partie (voir)
  9. « Hôtel Héré », notice no PA00106306, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  10. [PDF] « Comité du patrimoine mondial - Septième session ordinaire », UNESCO, (consulté le 11 août 2013).
  11. « Places Stanislas, de la Carrière et d'Alliance à Nancy - UNESCO World Heritage », UNESCO, (consulté le 11 août 2013).

AnnexesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

BibliographieModifier

  • Pierre Marot, « Nancy. La Carrière », dans Congrès archéologique de France. 96e session. Nancy et Verdun. 1933, Société française d'archéologie, Paris, 1934, p. 60-62
  • Pierre Simonin, Nancy. La ville de Stanislas, éditions Serpenoise (collection Itinéraires du patrimoine no 54) Metz, 1994, p. 12, (ISBN 2-87692-209-6)
  • Christian Corvisier, Mireille-Bénédicte Bouvet, « Nancy-Place de la Carrière et palais de l'Intendance », dans Congrès archéologique de France. 164e session. Nancy et Lorraine méridionale. 2006, Société française d'archéologie, Paris, 2008, p. 296-302, (ISBN 978-2-901837-32-9)

Articles connexesModifier