Pierre Louis Guyet de La Villeneuve

explorateur français

Pierre Louis Guyet de la Villeneuve est un navigateur français né le à Rennes et mort en à Vanikoro.

Pierre Louis Guyet de La Villeneuve
Biographie
Naissance
Décès
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Activité

Il fut membre de l'expédition de La Pérouse ( - ).

BiographieModifier

 
Le naufrage de la Boussole et de l'Astrolabe dans lequel disparu Pierre Louis Guyet de La Villeneuve en 1788. Lithographie de Louis Le Breton.

Pierre Louis Guyet est né le à Rennes, rue Chateaurenault, fils de Jean Guillaume Élisabeth (1727-1780), avocat au parlement, et de Laurence Narbonne (1739–1779), descendante à la 8e génération de Guillaume Bodin[1], père de Jean Bodin.

Ses frères et sœurs sont :

  • Jeanne Marie Laurence (1761, Rennes-1796, Rennes) ;
  • Julien Marguerite (1762, Rennes-1838, Morlaix), receveur des enregistrements et conservateur des hypothèques ;
  • Jean Baptiste Marie (1765, Rennes-1835, Melesse), homme de loi et rentier ;
  • Laurence Perrine Anne (1768, Rennes-1845, Melesse) mariée à Mathurin Leduc, maire de Melesse de 1815 à 1830 ;
  • Louis François Hyacinthe (1775, Rennes-1856, Melesse), officier de santé, médecin et maire de Melesse de 1804 à 1815 et de 1848 à 1856. Il donna son nom à la rue Guyet-de-la-Villeneuve située à Melesse.

Sa famille possédait un petit manoir nommé la Villeneuve à Guipel d’où était originaire sa grand-mère paternelle Jeanne Robiou, cousine des Robiou de La Tréhonnais.

Après le décès de sa mère, il embarqua en sur son premier bateau et fut nommé garde de la marine le .

Le , il embarqua sur le Glorieux où il participa aux Caraïbes à la guerre d'indépendance des États-Unis. Ils réussirent à prendre Tobago mais en , le navire fut pris par les Anglais à la bataille des Saintes qui fit plusieurs victimes. Pierre Louis Guyet de La Villeneuve resta prisonnier au moins du au à Saint-Domingue, nourri et logé par Mme Nogaret[2] avec plusieurs autres prisonniers de guerre. Il rentra à Brest en novembre tandis que le Glorieux, ramené par les Anglais, fut pris dans une tempête et coula.

Guyet de La Villeneuve repartit en campagne sur l’Astrée du au en destination du Cap, puis sur la Bayonnaise du au où il passa à la table des officiers sur ordre du capitaine[3] le après être arrivé au Sénégal.

Après être rentré en France pour deux mois, il fut engagé, en tant qu’officier (garde de la Marine) sur la Subtile, avec pour capitaine Scipion de La Croix de Castries, cousin de Charles de La Croix de Castries, ministre de la marine de cette époque. La Subtile partit en de Lorient et accomplit des missions à partir de l’ile de France[4].

De 1784 à 1785, La Subtile accompagne le vicomte de Souillac, gouverneur général des établissements français au-delà du cap de Bonne Espérance, jusqu’à Pondichéry où il allait devenir gouverneur. La Subtile en profita pour débarrasser la côte ouest de l’Inde de quelques pirates. De retour à l’ile de France, Pierre Louis Guyet de La Villeneuve passa enseigne de vaisseau.

En 1786 est négocié un nouveau traité de commerce avec un roi de Madagascar, tout en s’occupant du comte de Beniowski qui y avait créé une petite dictature illégale.

En 1786 et 1787, La Subtile seconde le vaisseau La Résolution conduit par le capitaine d’Entrecastaux, afin de trouver un trajet pour rejoindre la Chine à contre mousson. Ils arrivent ainsi avec succès à Canton en où une mission pour assister les Chinois sur une expédition punitive contre Formose fut avortée à la suite des machinations des Anglais. D’Entrecastaux les laissa ensuite à Macao pour répertorier les navires y ayant fait escale puis pour retrouver à Cavite, port de Manille, La Pérouse qu’ils avaient manqué de peu.

À la suite des contacts des équipages de La Pérouse et de La Croix de Castries, Pierre Louis et son collègue Le Gobien proposèrent de passer sur l’équipage de La Pérouse afin de combler les pertes d’officier que La Pérouse avait subies.

Guyet de La Villeneuve passa ainsi sur le vaisseau amiral, la Boussole, avec son esclave Benjamin, et ils quittèrent les Philippines en . Dans une lettre du , La Pérouse écrit qu’il a « beaucoup d’éloges à faire sur M. Guyet de la Villeneuve. »[5]

L’expédition continua vers le nord et passa entre le Japon et les côtes de Tartarie (Russie) qui avait été très rarement exploré. Ils atteignirent la péninsule du Kamtchaka en , puis après une longue traversée du Pacifique, ils arrivèrent aux îles Samoa où les habitants tuèrent 12 Français.

Début , ils arrivèrent en Australie à Botany Bay, un peu au sud de l’actuelle Sydney. Ils étaient les premiers Français à fouler le sol de ce pays où se trouvaient déjà des Anglais. La Pérouse leur remit des courriers où l’on apprend que son intention était de continuer l’exploration dans le Pacifique en commençant par la Nouvelle Calédonie et qu’il devait rejoindre l’île de France en .

Ainsi, le , la Boussole et l'Astrolabe quittèrent l’Australie et Louis XVI n’entendit plus jamais parler de son expédition.

Notes et référencesModifier

  1. « Arbre généalogique Jean Malo CHOLET - Geneanet », sur gw.geneanet.org (consulté le ).
  2. Archives nationales MAR/F/2/101.
  3. Archives nationales MAR/C/6/853.
  4. Souvenirs maritimes, Archives nationales, 306AP.
  5. Lettre de M. de La Pérouse du [réf. nécessaire].

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Pierre Larue, « Vanikoro. Dernières nouvelles de La Pérouse », Plongée magazine, no 16, p. 52.
  • Association Salomon, Le Mystère Lapérouse, ou le Rêve inachevé d'un roi, Éditions de Conti, .
  • Pierre Bérard, Le voyage de La Pérouse : Itinéraire et aspects singuliers, Albi, Un Autre Reg’Art, , 175 p. (ISBN 978-2-916534-60-2, lire en ligne).
  • Michel Vergé-Franceschi (dir.), Dictionnaire d'Histoire maritime, Paris, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1508 p. (ISBN 2-221-08751-8 et 2-221-09744-0).
  • Étienne Taillemite, Marins français à la découverte du monde : De Jacques Cartier à Dumont d'Urville, Paris, éditions Fayard, , 725 p..
  • C. Gaziello, L'expédition de Lapérouse, 1785-1788 : réplique française aux voyages de Cook, Paris, 1984.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier