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Oussama Atar
Surnom Abou Ahmed al-Iraki
Naissance
Laeken (Belgique)
Décès (à 33 ans)
(Syrie)
Origine Belge et Marocain
Allégeance Flag of al-Qaeda in Iraq.svg Al-Qaïda en Irak
(2003-2005)
Drapeau de l'État islamique État islamique (2013-2017)
Arme Amniyat
Commandement Amn al-Kharji
Conflits Guerre d'Irak
Guerre civile syrienne
Faits d'armes Bataille d'Alep

Oussama Atar, également connu sous le nom de guerre d'« Abou Ahmed al-Iraki », né le à Laeken en Belgique[1],[2] et mort le en Syrie, est un djihadiste belgo-marocain et un haut responsable de l'Amniyat, le service de renseignement de l'État islamique[3].

Sommaire

BiographieModifier

Fils de Malika et Ahmed Atar, résidents marocains originaires de la région de Talambote où ils sont retournés passer leur retraite, il détient les nationalités belge et marocaine. Il a trois sœurs et un frère avec lesquels il est resté en contact alors que les parents disent ne plus avoir de nouvelles de lui depuis 2003[1].

Arrêté en février 2005 à Ramadi en Irak, il est condamné à 20 ans de prison pour usurpation d'identité et appartenance à Al-Qaïda[2] avant d'être détenu trois ans dans la prison d'Abou Ghraib, ainsi qu'à Camp Bucca[1]. Remis aux autorités irakiennes après la fermeture de la prison d'Abou Ghraib, il est condamné à perpétuité, peine revue, ramenée ensuite à dix ans de prison.

En 2010, sa famille, qui tentait discrètement de le faire libérer, obtient l'appui du ministère belge des Affaires étrangères et d'organisations de défense des droits de l'homme, préoccupés par son état de santé. Une campagne le présentant comme une victime de la dureté des prisons irakiennes avait fait l'objet d’une campagne de libération intitulée « Sauvons-le » soutenue par plusieurs parlementaires belges des partis Ecolo, CDH et PS (notamment Zoé Genot, Jamal Ikazban et Ahmed El Khannouss[4]). Même l’ambassadeur des États-Unis en Belgique intervient par écrit pour accélérer son retour à Bruxelles[1]. Amnesty International avait lancé une « action urgente » réclamant son rapatriement sanitaire. Une manifestation en Belgique pour sa libération rassemble alors 300 personnes. Il est finalement libéré en 2012, après avoir purgé les trois-quarts de sa peine[2]. Il retourne en Belgique après sa libération en septembre 2012[5].

En 2013, il est intercepté en Tunisie, soupçonné de trafic d'armes[6]. En décembre 2013, il disparaît pour se rendre en Syrie où le retrouvent les frères El Bakraoui[7]. Il y développe les réseaux européens de Daech avec d'autres djihadistes belges dont Tarik Jadaoun, un des chefs de la brigade Tarik ibn Ziyad, qui regroupe des djihadistes francophones[1].

En janvier 2014, alors que l'État islamique est battu par les rebelles syriens à Alep, Oussama Atar fait partie du convoi qui évacue la ville[8]. Accompagné de Najim Laachraoui, c'est lui qui conduit la Toyota Hilux qui transporte d'Alep à Raqqa les otages Édouard Hélias, Didier François, Nicolas Hénin, John Cantlie et James Foley[8].

En 2015, Oussama Atar devient le chef de l'Amn al-Kharji, la branche de l'Amniyat — le service de renseignement de l'État islamique — chargée de mener les opérations terroristes en dehors des territoires contrôlés par l'État islamique[9]. Ses adjoints sont Boubaker El Hakim, Abdelnasser Benyoucef et Samir Nouad[10].

Il est chargé de la supervision des attentats du 13 novembre 2015 en France[11]. Quelques mois plus tard, l'Amn al-Kharji est également impliqué dans les attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles[12],[5]. Les frères Ibrahim et Khalid El Bakraoui, morts en kamikazes à Bruxelles, sont ses cousins éloignés. Son nom apparaît également dans l'enquête sur la cellule de Verviers coordonnée par Abdelhamid Abaaoud[5].

Fin décembre 2016, les juges d'instruction français émettent un mandat d'arrêt contre lui et Sofien Ayari, détenu en Belgique. Cette information n'est diffusée que le [13].

En juin 2018, la presse confirme que l'enquête fait bien d'Atar le principal coordinateur des attentats de 2015 en Île-de-France et de Bruxelles en mars 2016. Il est identifié par l'Algérien Adel Haddadi, suspecté d'avoir dû former un quatrième commando lors des attentats de Paris. Son nom est également retrouvé sur l'ordinateur abandonné par le commando de Bruxelles[7].

Arrêté en Belgique en 2016, son frère Yassine Atar est remis en juin 2018 à la France. Il est mis en examen pour "complicités" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle". Du 11 au 15 novembre 2015, les cartes SIM de ses téléphones sont localisées près des terroristes des attentats de Paris[7].

Oussama Atar est tué en Syrie le , par une frappe aérienne de la coalition internationale[14],[15].

Notes et référencesModifier

  1. a b c d et e Guillaume Dasquié, « Deux nationalités, plusieurs visages », lejdd.fr, (consulté le 10 juin 2018)
  2. a b et c Christophe Lamfalussy, « Pourquoi avons-nous libéré Oussama Atar ? », lalibre.be, (consulté le 8 novembre 2016)
  3. « Oussama Atar, coordinateur présumé des attentats de Paris et Bruxelles », sur lemonde.fr,
  4. « Quatre députés belges ont soutenu la libération d'un djihadiste, normal ? », lalibre.be, (consulté le 25 avril 2017)
  5. a b et c « Oussama Atar soupçonné d'être le coordinateur des attentats de Paris et Bruxelles », leparisien.fr, (consulté le 8 novembre 2016)
  6. « Le Belgo-Marocain Oussama Atar serait le coordinateur des attentats de Paris et de Bruxelles », lalibre.be, (consulté le 8 novembre 2016)
  7. a b et c Guillaume Dasquié, « 13-Novembre : Oussama Atar, itinéraire du cerveau présumé des attentats », sur lejdd.fr/, (consulté le 10 juin 2018)
  8. a et b Suc 2018, p. 101-102.
  9. Suc 2018, p. 197-198.
  10. Suc 2018, p. 199.
  11. Suc 2018, p. 209-210.
  12. Suc 2018, p. 307-312.
  13. « Attentats du 13 novembre : mandats d'arrêts contre deux hommes, dont un commanditaire des attaques », sur http://www.leparisien.fr/ (consulté le 10 mars 2017)
  14. Suc 2018, p. 348.
  15. Les commanditaires du 13-Novembre ont tous été éliminés, Mediapart, 6 novembre 2018.

BibliographieModifier

Voir aussiModifier