Omer Jodogne

philologue belge

Gilles François Antoine Omer Jodogne, né le à Saint-Gilles et mort le à Namur, est un philologue et linguiste belge, historien de la littérature française du Moyen Âge et éditeur d'œuvres théâtrales du XVe siècle.

BiographieModifier

Ses parents — Joseph Jodogne, employé, et Odile Dupuis, sans profession — étaient originaires d'Ében-Émael (village du Limbourg wallon rattaché depuis à la province de Liège). Orphelin de mère à l’âge de trois ans, l’enfant passe deux années chez ses grands-parents paternels, à Ében, où il apprend le dialecte wallon. Il fait ses études primaires et secondaires (« Humanités anciennes ») à l'Institut Notre-Dame de Cureghem (Bruxelles) et ses études de philosophie et lettres (groupe D : philologie romane) à l'université catholique de Louvain, où ses principaux maîtres furent Alphonse Bayot, la baron Bethune, Georges Doutrepont et le chanoine Remy. Il est proclamé docteur, le . Le de la même année, il obtient le diplôme d’archiviste-paléographe aux Archives générales du Royaume. De 1931 à 1933, il est professeur de rhétorique française à l'Athénée royal de Malines. De 1934 à 1938, il est archiviste-paléographe aux Archives générales du Royaume.

Il épouse, le , Jeanne Gaspard (Michamps, 1906 – Namur, 1975), dont il a trois fils : Pierre (1936), André (1938) et Thierry (1944). Le , l'université catholique de Louvain le charge des cours de linguistique française et d’histoire de la littérature du Moyen-Age. Il y devient professeur ordinaire, le , et poursuit son enseignement jusqu’à son éméritat, obtenu le . De janvier à , il est professeur associé de l'université de Lovanium, à Kinshasa (Congo).

En 1969, 1970 et 1971, il dispense des cours de littérature française médiévale en qualité de professeur associé à la Faculté des lettres et sciences humaines de l'université de Clermont-Ferrand. En 1974 et 1975, pour l’enseignement des mêmes matières, il est professeur associé à l'université de Bordeaux III.

Succédant à son ami Louis Michel (1906-1944), philologue décédé dans un bombardement en 1944, il est, de 1946 à 1956, directeur de la revue Les Dialectes belgo-romans. En 1947, avec le chanoine Pierre Groult, Charles De Trooz et Joseph Hanse, il fonde la revue Les Lettres romanes. En marge de ses études philologiques, Omer Jodogne consacre beaucoup de travaux à la dialectologie, à la toponymie et à l’anthroponymie. Ses publications sont couronnées deux fois du Prix Saintour de l’Académie des inscriptions et belles-lettres : en 1938 (avec Georges Doutrepont), pour l’édition des Chroniques de Jean Molinet, et en 1963, pour l’édition du Mystère de la passion de Jean Michel. Outre Louis Michel, déjà cité, ses amis les plus proches furent Armand Louant, Charles De Trooz, Albert Henry, Rita Lejeune, Charles Bruneau et Jean Frappier.

Omer Jodogne est élu membre de plusieurs sociétés savantes :

Il a été fait docteur honoris causa de l'université Blaise-Pascal (Clermont-Ferrand II) en 1972[1].

Publications principalesModifier

  • Chroniques de Jean Molinet (1474-1506), édition critique [publiée avec Georges Doutrepont], Bruxelles, Académie royale de Belgique, 1935-1937, trois volumes.
  • Inventaire des archives des Chambres suprêmes des Douanes et de la Judicature de Bruxelles. Tongres, Imprimerie Michiels, 1937, 27 pp. (Archives générales du Royaume).
  • Répertoire belge des noms de famille. Tome I. Arrondissement de Nivelles et communes wallonnes des arrondissements de Louvain et de Bruxelles. Louvain, Nauwelaerts, 1956, XXX-267 pp. ; Tome II. Arrondissement de Liège. Bruxelles, Commission royale de toponymie et de dialectologie, ministère de l’Éducation nationale et de la Culture, 1964, XXXII-694 pp.
  • Jean Michel, Le Mystère de la passion (Angers, 1486). Gembloux, Duculot, 1959, CXV-543 p.
  • Le Mystère de la passion d’Arnoul Gréban. Édition critique. Tome I. Bruxelles, Académie royale de Belgique, 1965, 456 p. ; Tome II (Observations, Variantes, Index, Glossaire), 1983, 449 p.
  • Le Fabliau, dans Typologie des sources du Moyen Âge occidental, publié sous la direction de L. Génicot, fasc. 13 (A-VII.B2*), Turnhout, Brepols, 1975, pp. 5-29.
  • Maître Pierre Pathelin, Farce du XVe siècle, translatée en français moderne. Gand, Éditions scientifiques Story-Scientia, 1975, III-70 p.
  • Miracle de saint Nicolas et d’un Juif. Genève, Droz, 1982, 200 p. (Textes littéraires français, 302).

BibliographieModifier

  • Jean-Marie Pierret, Omer Jodogne, membre émérite, dans la Chronique de la Société de langue et de littérature wallonnes, automne 1981, pp. 10-12; et In memoriam Omer Jodogne (1908-1996), dans le Bulletin de la Commission royale de toponymie & dialectologie, LXIX, 1997, pp. 35-48, suivie (pp. 49-78) de la bibliographie établie par Monique Coppens d'Eeckenbrugge.
  • André Goosse, Omer Jodogne (1908-1996), dans la Revue de linguistique romane, t. 61, 1997, pp. 308-310.
  • Albert Henry, Éloge. Omer Jodogne (1908-1996), dans le Bulletin de la classe des lettres et des sciences morales et politiques de l'Académie royale de Belgique, 1997, 1-6, pp. 59-65.
  • Guy Muraille, Omer Jodogne [notice nécrologique], dans Encomia, Bibliographical Bulletin of the International Courtly Literature Society, vol. XVII, 1995 [paru en ], pp. 9-11.
  • Guy Muraille, Omer Jodogne. In piam memoriam, in À l'heure encore de mon escrire. Aspects de la littérature de Bourgogne sous Philippe le Bon et Charles le Téméraire. Études rassemblées et présentées par Claude Thiry, Les Lettres romanes, 1997, N° hors série, pp. 263-264.
  • Shigemi Sasaki, In memoriam Omer Jodogne (1908-1996), in Studi Francesi (Turin), no 121, 1997, pp. 255-256.
  • H. Coppens et R. Laurent (eds), Les Archives de l’État en Belgique, 1796-1996. Histoire de l’institution et Répertoire bio-bibliographique des Archivistes, 1996 (Miscellanea archivistica. Studia 86)
  • Albert Henry, Omer Jodogne, dans l'Annuaire de l'Académie royale de Belgique, 1998, pp. 51-66.
  • Madeleine Tyssens, Omer Jodogne, dans la Nouvelle Biographie nationale, t. 9, 2007, pp. 225-229.
  • Claude Bruneel, Omer Jodogne, Bulletin de la Commission royale d’histoire no 175, (Deuxième partie : Les Membres de la Commission royale d’histoire de 1985 à 2009), pp. 93-95.

Notes et référencesModifier

  1. « Docteurs Honoris Causa », sur univ-bpclermont.fr (consulté le ).

Liens externesModifier