Nicolas Frantz

cycliste luxembourgeois

Nicolas Frantz, né le à Mamer et mort le à Luxembourg, est un coureur cycliste luxembourgeois. Aux côtés de François Faber, Charly Gaul, ainsi que des frères Fränk et Andy Schleck, il est l'un des meilleurs cyclistes de l'histoire de son pays.

Nicolas Frantz
Nicolas Frantz (1899-1985).jpg
Nicolas Frantz
Informations
Naissance
Décès
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LuxembourgVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Équipes professionnelles
Principales victoires
Championnats
MaillotLuxemburgo.PNG Champion du Luxembourg sur route 1923 à 1934
MaillotLuxemburgo.PNG Champion du Luxembourg de cyclo-cross 1923 et 1924
2 grand tours
Leader du classement général Tour de France 1927 et 1928
20 étapes
Classiques
Paris-Bruxelles 1927
Paris-Tours 1929

Il a gagné le Tour de France en 1927 et en 1928 au sein de l'équipe Alcyon. Il est le deuxième vainqueur luxembourgeois sur l'épreuve après François Faber en 1909. Il est avec Ottavio Bottecchia (1924) et Romain Maes (1935), l'un des trois coureurs a porté le maillot jaune du Tour de France du début à la fin de la course. Il devient le directeur sportif de l'équipe Luxembourg ou Luxembourg-mixte de 1949 à 1957. Parmi ses principaux succès, il compte notamment douze titres de champion du Luxembourg consécutifs.

Une course féminine, le Grand Prix Nicolas Frantz est organisé en 2011 dans le cadre du Festival luxembourgeois du cyclisme féminin Elsy Jacobs[1].

BiographieModifier

Nicolas Frantz est issue d'une famille d'agriculteurs. Il grandit dans la ferme de ses parents à Mamer. Bon élève, ne souhaite pas devenir médecin, avocat ou ingénieur comme certains de ses camarades, mais juste être un honnête fermier en reprenant la ferme familiale. Lorsque son frère Jean-Pierre, qui a six ans de plus, reçoit un nouveau vélo chromé brillant pour ses 16 ans, Nicolas Frantz n'a alors qu'un souhait, posséder le même vélo. Il rejoint le Vélo-Club Mamer à l'âge de 13 ans, mais s'est initialement inscrit à la section course à pied. Il remporte sa deuxième course et en guise de prix, il obtient un couteau de poche qu'il conserve toujours sur lui. Il a également joué au football dans ce club. À 14 ans, il achète son premier vélo, grâce à l'argent économisé comme enfant de chœur. Au début, ses parents lui ont interdit de courir jusqu'à ce qu'ils cèdent. Le 24 juin 1914, il dispute sa première course officielle, qu'il remporte[2].

En raison du déclenchement de la Première Guerre mondiale, il doit suspendre ses ambitions cyclistes. En 1920, il passe du statut amateur à indépendant (professionnels sans contrat). Il devient dès sa première année champion national, puis remporte en 1922 sa première grande course internationale avec le Tour de Belgique des indépendants. En 1924, il signe son premier contrat professionnel avec l'équipe française de référence Alcyon-Dunlop.

En 1924, il entame pour la première fois le Tour de France et prend immédiatement la deuxième place. Il termine cinquième en 1925 et deuxième à nouveau en 1926. En 1927, le Tour de France compte seize étapes disputées en contre-la-montre sur les vingt-quatre au programme. Dès la onzième étape, il porte le maillot jaune et remporte le classement général avec 1 heure et 48 minutes d'avance sur le deuxième, le Belge Maurice De Waele. La même année, il gagne Paris-Bruxelles.

En 1928, il est le grand favori du Tour de France. Lors des nombreuses étapes disputées sous la forme d'un contre-la-montre par équipes, il bénéficie de la puissance de l'équipe Alcyon pour dominer l'épreuve dès la première étape. Cependant, à une centaine de kilomètres avant la fin de la dix-neuvième étape, il casse le cadre de son vélo. Il parcourt le reste de l'étape sur un vélo de femme trop petit pour lui, qu'il a emprunté sur le bord de la route. Il perd 28 minutes, mais conserve la tête du général et s'impose à Paris avec 50 minutes d'avance sur son coéquipier André Leducq. Il est avec Ottavio Bottecchia (1924) et Romain Maes (1935) l'un des trois coureurs a avoir porté le maillot jaune sur le Tour de la première à la dernière étape (même si Bottecchia n'a pas revêtu le maillot jaune après la première étape qu'il a gagné en 1924)[2].

Sur le Tour de France 1929, après avoir remporté la septième étape du à Bordeaux, Frantz est l'un des trois maillots jaunes classés dans le même temps avec Leducq et Victor Fontan. Cependant, le lendemain, Gaston Rebry récupère seul le maillot jaune. Frantz mène la course lors de la dixième étape, mais une crevaison lui coûte le maillot jaune avant la fin de la journée et il termine finalement le Tour à la cinquième place. Sa dernière chance de monter sur le podium est passée. La même année, il s'adjuge Paris-Tours et se classe deuxième du championnat du monde, battu au sprint par Georges Ronsse.

En 1930 et 1931, les organisateurs du Tour de France mettent en place une formule par équipes nationales. En l'absence d'équipe luxembourgeoise, Frantz ne peut participer. Il ne réintègre le Tour qu'en 1932 et termine à la 45e place. Il est également médaillé de bronze du championnat du monde.

Au total, Nicolas Frantz a remporté 59 victoires au cours de sa carrière active, dont 20 victoires d'étape sur le Tour. Douze années de suite (1923 à 1934), il est champion du Luxembourg sur route. Après une dernière victoire sur son championnat national en 1934, il met fin à sa carrière cycliste.

Après carrièreModifier

 
Frantz (2e en partant de la droite) à l'arrivée du Tour de France 1924 au Parc des Princes.

Après sa carrière de coureur, il devient directeur sportif des équipes luxembourgeoises sur le Tour de France de 1949 à 1957. Il est notamment le premier directeur national de Charly Gaul, mais il échoue à lui faire gagner le Tour de France. Frantz est remplacé en 1958 par Jean Goldschmit, qui parvient a décrocher la victoire finale en 1958[2].

Nicolas Frantz a également ouvert un magasin de vélos dans sa ville natale de Mamer[3]. Il est impliqué en tant que président du Velo Club Mamer. Sa fille Nicole se marie au footballeur luxembourgeois Leon Letsch[4].

La salle de sport locale porte son nom, le Hall Sportif Nicolas Frantz[5]. Devant la mairie, le château de Mamer, se trouve une sculpture, qui le montre au côté du coureur de 1500 mètres et champion olympique Joseph Barthel, également originaire de Mamer[6]. Une piste cyclable porte également son nom : la piste cyclable Nicolas Frantz[7].

Style et personnalitéModifier

Selon Jacques Augendre, spécialiste du cyclisme et du Tour de France, les principales qualités de coureur de Nicolas Frantz sont la robustesse, la régularité et la conscience professionnelle. Il est présenté comme un coureur pointilleux et méticuleux : « [il] préparait le Tour, son seul objectif véritable, avec un soin, un souci du détail qui lui donnaient déjà l'avantage, au départ, sur ses adversaires directs.[8] ».

Il possède un physique très solide et pèse dans les 80 kilos[9].

PalmarèsModifier

Palmarès année par annéeModifier

Résultats dans les grands toursModifier

 
Buste de Nicolas Frantz à Mamer.

Tour de FranceModifier

Nicolas Frantz fait partie des coureurs ayant remporté un minimum de 2 victoires consécutives sur la dernière étape d'un Tour de France.

  • 1924 : 2e, vainqueur des 11e et 12e étapes
  • 1925 : 4e, vainqueur des 4e, 5e, 9e et 15e étapes
  • 1926 : 2e, vainqueur des 7e, 9e, 12e et 13e étapes
  • 1927 :   Vainqueur du classement général et des 11e, 15e et 21e étapes,   maillot jaune pendant 14 jours
  • 1928 :   Vainqueur du classement général et des 1re, 6e, 12e, 18e et 22e étapes,   maillot jaune pendant 22 jours
  • 1929 : 5e, vainqueur des 7e et 22e étapes,   maillot jaune pendant 1 jour
  • 1932 : 45e

Notes et référencesModifier

  1. Grand Prix Nicolas Frantz (96 km) sur www.cqranking.com
  2. a b et c Petz Lahure : De Frantz vu Mamer sur tageblatt.lu
  3. (de) Luxemburger Unternehmerpersönlichkeiten und ihr Hobby: Cactus-Chef sitzt fest im Sattel
  4. [PDF] Footballeur originaire de Mamer - Léon LETSCH
  5. Infrastructures de sport
  6. La Maison communale
  7. Piste cyclable Nicolas Frantz
  8. Jacques Augendre, Petites histoires secrètes du Tour..., Solar, (ISBN 978-2-263-06987-1), p. 171
  9. Kraftakt auf dem Damenrad
  10. Parti social français Auteur du texte, « Le Petit journal », sur Gallica, (consulté le 22 février 2019)

Liens externesModifier

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