Napoléon Peyrat

pasteur des Églises réformées, historien du catharisme et de la Réforme et poète

Napoléon Peyrat, (Bordes-sur-Arize en AriègeSaint-Germain-en-Laye) est un pasteur des Églises réformées, historien du catharisme et de la Réforme, et un poète français, surnommé « Napol le pyrénéen ».

Napoléon Peyrat
Biographie
Naissance
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Voir et modifier les données sur Wikidata (à 72 ans)
Saint-Germain-en-Laye (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Il est, avec la publication de son Histoire des Albigeois, à la fois le créateur de l'histoire légendaire et romantique qui assimile les Cathares aux protestants comme victimes des persécutions du clergé catholique, et un des premiers utilisateurs du mot Occitanie[1].

BiographieModifier

Napoléon Peyrat est né aux Bordes-sur-Arize, un petit village de l'Ariège. Il est le fils de Jean-Eusèbe Peyrat et de Marguerite Gardel. Il fait ses études à la faculté de théologie protestante de Montauban et devient pasteur en 1831. En 1847 il est pasteur au temple protestant de Saint-Germain-en-Laye.

On lui doit notamment une Histoire des Albigeois en cinq volumes, rééditée chez Lacour-Ollé, une biographie de Béranger et de Lammenais ainsi que trois recueils de poésies, et encore une Histoire des pasteurs du Désert depuis la révocation de l'édit de Nantes jusqu'à la Révolution française, 1685-1789.

Bien que montrant, à propos du catharisme, une intuition théologique étonnante pour son époque, Peyrat, par son imagination lyrique, est largement à l'origine de la mystification moderne de Montségur et des cathares. Par exemple, il a abusivement vu en Esclarmonde de Foix une diaconesse cathare, fondatrice et protectrice de la citadelle de Montségur où elle reposerait toujours dans une vaste crypte creusée au sein du pog. Il crée une vision élogieuse et largement romantique des cathares, présentés comme les prédécesseurs des camisards, les uns comme les autres s'opposant à un catholicisme toujours intolérant et lié aux « massacreurs ». Il invente une opposition idéalisée entre les doux cathares et la répression venant du pape, du roi de France et de la noblesse du Nord. L'imagerie qu'il met en place alimentera le régionalisme occitan et un certain hermétisme catharisant qui connaîtra un succès durable[2],[3],[4].

PublicationsModifier

  • Histoire des pasteurs du désert: depuis la révocation de l'Édit de Nantes jusqu'à la révolution, M. Aurel : Paris, 1842. (tome premier) [1]
  • Histoire des pasteurs du désert: depuis la révocation de l'Édit de Nantes jusqu'à la révolution, M. Aurel : Paris, 1842. (tome deuxième) [2]
  • Les réformateurs de la France et de l'Italie au douzième siècle, Meyrueis : Paris, 1860. [3]
  • Béranger et Lamennais: correspondance, entretiens et souvenirs, Ch. Meyrueis : Paris, 1861. [4]
  • Histoire des Albigeois: les Albigeois et l'Inquisition, Librairie Internationale : Paris, 1872. (tome premier) [5]
  • Histoire des Albigeois: les Albigeois et l'Inquisition, Librairie Internationale : Paris, 1872. (tome troisième) [6]
  • La Grotte d'Azil, précédée d'une Notice sur Siméon Pécontal, Grassart : Paris, 1874.[7]

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Notes et référencesModifier

  1. Claire Colombi, La Légende noire du Moyen-Âge, 2017.
  2. Roger Parmentier, « Napoléon Peyrat », Évangile et Liberté,‎ (lire en ligne)
  3. Michel Jas, « Le Rêve de l’Eglise Johannite chez le pasteur Peyrat », Évangile et Liberté,‎ (lire en ligne)
  4. Patrick Cabanel, « Napoléon Peyrat », sur camisards.net (consulté le 3 février 2019)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier