Mohsen Marzouk

homme politique tunisien

Mohsen Marzouk
Illustration.
Mohsen Marzouk en 2011.
Fonctions
Président de Machrouu Tounes[N 1]
En fonction depuis le
(3 ans, 11 mois et 9 jours)
Secrétaire général Hassouna Nasfi
Prédécesseur Création du parti
Secrétaire général de Nidaa Tounes

(6 mois et 21 jours)
Président Mohamed Ennaceur (intérim)
Prédécesseur Taïeb Baccouche
Successeur Slim Riahi (indirectement)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Mahrès (Tunisie)
Nationalité tunisienne
Parti politique Nidaa Tounes
Machrouu Tounes

Mohsen Marzouk (arabe : محسن مرزوق), né en juillet 1965 à Mahrès, est un homme politique tunisien.

BiographieModifier

FormationModifier

Né dans la ville de Mahrès, parent du sculpteur Hachemi Marzouk[1], il perd son père à l'âge de cinq ans, plongeant sa famille — sa mère illettrée, son frère et sa sœur — dans la précarité[2]. Il est contraint de vendre du jasmin et de pratiquer la couture pour aider sa mère[1]. C'est par l'entremise de son professeur d'anglais qu'il devient politisé au début des années 1980, le conduisant à rejoindre le mouvement lycéen, ce qui lui vaut d'être renvoyé du lycée de garçons de Sfax en 1981[2].

Réintégré un an plus tard, il passe son baccalauréat en 1984 et s'inscrit à l'Université de La Manouba où il fait la connaissance de Chokri Belaïd[2]. Tous deux sont arrêtés en 1987, détenus au secret, maltraités puis enrôlés de force dans l'armée, passant plus d'un an en plein désert dans le camp de Rjim Maâtoug[2]. Gracié en 1988 par le nouveau président Zine el-Abidine Ben Ali, Marzouk reprend ses études et ses activités militantes au sein d'une Union générale des étudiants de Tunisie[2] profondément divisée concernant son avenir[3] ; il intègre son bureau exécutif[1] alors que, dans le même temps, il est actif dans le mouvement clandestin de gauche El Amal Ettounsi[4].

Carrière politiqueModifier

À partir de 1989, Marzouk travaille comme coordinateur pour l'Organisation arabe des droits humains[5]. Après avoir rompu avec l'extrême gauche en 1992, il rejoint l'ONG El Taller spécialisée dans le renforcement des sociétés civiles[2]. Au début des années 2000, il coordonne un programme de développement pour le Bureau international du travail[1]. En 2002, il intègre l'organisation Freedom House comme directeur régional MENA et se spécialise dans l'étude des processus de changement politiques et des transitions démocratiques[2]. En 2008, il s'installe à Doha où il participe à la création de la Fondation arabe pour la démocratie, dont il devient secrétaire général[2], préside la commission exécutive du centre de formation Al Kawakibi — où il organise des ateliers de formation en matière de transition démocratique avec Chawki Tabib, Nedir Ben Yedder et Kamel Jendoubi[1] — et devient membre du International Steering Committee de la Communauté des démocraties[6].

 
De gauche à droite : John Kerry, Béji Caïd Essebsi et Mohsen Marzouk, le 20 mai 2015.

Rentré en Tunisie dans la foulée de la révolution de 2011, il devient membre de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique[1]. Après avoir rencontré Béji Caïd Essebsi, tout juste nommé chef du gouvernement intérimaire[2], il figure parmi les fondateurs de son parti, Nidaa Tounes, devenant membre de son comité constitutif[7] et de son comité exécutif[5] chargé des relations extérieures. Chef de campagne de Caïd Essebsi dans la perspective de l'élection présidentielle de 2014[8], il annonce la victoire de son candidat à l'issue du second tour le 21 décembre[9], indiquant que les Tunisiens étaient en train de tourner la page de la période transitoire[10] et que la Tunisie était désormais une démocratie stable[11]. Nommé ministre-conseiller politique au cabinet du nouveau président de la République le [12], il en démissionne le [13]. Le , il est décoré des insignes de grand officier de l'Ordre de la République tunisienne[14].

En parallèle, il est désigné le comme secrétaire général de Nidaa Tounes en remplacement de Taïeb Baccouche[15], sa faction au sein du parti soutenant un gouvernement plus séculier[16]. Toutefois, il démissionne en décembre de la même année, victime de manœuvres de ses rivaux Hafedh Caïd Essebsi (fils du président) et Ridha Belhaj (directeur du cabinet présidentiel), et annonce la création future d'un nouveau parti[17].

Le , il annonce le lancement de son nouveau parti, Machrouu Tounes[18] ; celui-ci annonce le sa charte constitutive[19]. Le , Marzouk est élu secrétaire général du parti sans opposition[20]. Le , son titre devient celui de président lors de la réunion du comité central du parti[21].

Le , candidat à l'élection présidentielle, il se retire au profit d'Abdelkrim Zbidi[22].

PublicationsModifier

  • (en) Mohsen Marzouk, « The Associative Phenomenon in the Arab World: Engine of Democratisation or Witness to the Crisis? », dans David Hulme et Michael Edwards, NGOs, States and Donors. Too Close for Comfort?, New York, Palgrave Macmillan, (ISBN 978-0312161910)

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Secrétaire général jusqu'au 14 avril 2019.

RéférencesModifier

  1. a b c d e et f « Mohsen Marzouk : pourquoi dérange-t-il tant ? », sur leaders.com.tn, (consulté le 25 janvier 2016).
  2. a b c d e f g h et i Samy Ghorbal, « Tunisie : Mohsen Marzouk, l'éminence grise de BCE », sur jeuneafrique.com, (consulté le 25 janvier 2016).
  3. (en) « Tunisia: The General Union of Tunisian Students (2003-2005) », sur ecoi.net, (consulté le 25 janvier 2016).
  4. (en) Daniel Tavana et Alex Russell, « Previewing Tunisia's Parliamentary & Presidential Elections » [PDF], sur pomed.org, (consulté le 25 janvier 2016), p. 9.
  5. a et b (ar) « The face of the political scene: Mohsen Marzouk », sur al-yawm.com, (consulté le 25 janvier 2016).
  6. (en) « Mohsen Marzouk, Tunisia », sur isc-cd.org (consulté le 22 décembre 2014).
  7. « Composition du comité constitutif du Mouvement « l'Appel de Tunisie » », sur espacemanager.com, (consulté le 25 janvier 2016).
  8. « Tunisians vote for first freely elected president of post-Ben Ali era », sur trust.org, (consulté le 25 janvier 2016).
  9. « Tunis : « Bajbouj Président », a annoncé Mohsen Marzouk aux partisans de BCE », sur africanmanager.com, (consulté le 25 janvier 2016).
  10. « Présidentielle : Mohsen Marzouk annonce la victoire de Caïd Essebsi », sur kapitalis.com, (consulté le 25 janvier 2016).
  11. « Tunisie : la campagne de BCE proclame la victoire, Manser conteste », sur gnet.tn, (consulté le 25 janvier 2016).
  12. « Caïd Essebsi se limite à une équipe restreinte à Carthage », sur leaders.com.tn, (consulté le 13 janvier 2015).
  13. « Présidence de la République : la démission de Mohsen Marzouk est officialisée », sur businessnews.com.tn, (consulté le 25 janvier 2016).
  14. « Mohsen Marzouk décoré de la catégorie de grand officier de l'ordre de la République », sur businessnews.com.tn, (consulté le 30 janvier 2016).
  15. « Tunisie : Mohsen Marzouk devient secrétaire général de Nida Tounes », sur huffpostmaghreb.com, (consulté le 25 janvier 2016).
  16. (en) « A rift in the ruling party may be the least of Tunisia's problems », sur economist.com, (consulté le 25 janvier 2016).
  17. Samy Ghorbal, « Tunisie : Mohsen Marzouk, le revenant », sur jeuneafrique.com, (consulté le 25 janvier 2016).
  18. « Mohsen Marzouk annonce le nom de son parti », sur businessnews.com.tn, (consulté le 4 mars 2016).
  19. « Le Mouvement du projet de la Tunisie présente sa charte constitutive », sur businessnews.com.tn, (consulté le 20 mars 2016).
  20. « Mohsen Marzouk élu à la tête de Machrou Tounes sans vote », sur directinfo.webmanagercenter.com, (consulté le 25 juillet 2016).
  21. Nadia Dejoui, « Mohsen Marzouk président du parti Machrouu Tounes », sur leconomistemaghrebin.com, (consulté le 16 avril 2019).
  22. « Tunisie – OFFICIEL : Mohsen Marzouk retire sa candidature et déclare son soutien à Zbidi », sur tunisienumerique.com, (consulté le 16 septembre 2019).
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Mohsen Marzouk » (voir la liste des auteurs).

Lien externeModifier