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Mission populaire évangélique
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La Mission populaire évangélique, MPEF dit aussi « La Miss Pop », est une institution protestante française d’éducation populaire.

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HistoireModifier

En 1872, au lendemain de la Commune de Paris, le pasteur britannique Robert McAll s'installe dans le quartier de Belleville. Animé par le Réveil, il fonde la « Mission MacAll », pour annoncer l’Évangile aux ouvriers[Note 1]. En 1879, la mission aux ouvriers de Paris change de nom et devient la Mission populaire évangélique. La Mission se tourne vers la lutte contre l’alcoolisme et l'éducation des ouvriers, avec des bibliothèques gratuites, des écoles populaires, des dispensaires enseignant l'hygiène. Des postes de lutte anti-alcoolique, qui rejoignent les sociétés de la Croix-Bleue, sont créés. Cet engagement social vaut à Robert McAll plusieurs récompenses[Note 2]. L'église connaît un développement extraordinaire entre 1872 et 1893, date de la mort de son fondateur, où elle compte 136 salles dans 57 villes et 37 départements y compris en Corse et en Afrique du nord[1],[2],[3].

En 1891, est fondé le Foyer de Grenelle, dans le quartier industriel de Javel, à proximité des usines Citroën qui deviendront en 1983 le parc André-Citroën. La mission se développe dans une perspective de Christianisme social avec Élie Gounelle. Après une première expérimentation à Nantes en 1909, sont créés au Foyer de Grenelle à Paris les Éclaireurs et Éclaireuses Unionistes de France. C'est le premier groupe de scoutisme en France. Naissent aussi des colonies de vacances pour les enfants des ouvriers, qui occupent jusqu’à 15 propriétés et 2 préventoriums. Elle deviendront en 1931 l’Association Soleil & Santé.

Pendant la Grande Guerre, est créée à Nantes l’École de mutilés. Parmi les œuvres ou mouvements qui naissent au sein de la mission MacAll, on peut noter la Brosserie ménagère, créée à Nantes par Emmanuel Chastand, la coopérative de consommation de Fives-Lille créée par le pasteur Henri Nick avec l’aide de Charles Gide. La mission s'engage pendant l'Occupation pour le sauvetage des juifs[4].

La mission connaît une phase de déclin jusqu'en 1945 avec la sécularisation de la société. Au sein des usines, des Fraternités d'équipe ouvrières protestantes sont animés par des pasteurs-ouvriers, comme le pasteur Benjamin Atger, engagé en outre au Mouvement de la paix[5]. La Mission s'engage contre la guerre d'Algérie[4]. En 1969, la mission devient membre de la Fédération protestante de France. A partir des années 1980, elle recentre son action sur la réponse aux nouvelles attentes religieuses en milieu populaire, dans une tradition protestante et évangélique[6]. En 2018, la Mission populaire évangélique n'est pas une église régie la loi de 1905 mais une union rassemblant douze Fraternités[7],[8],[9],[10].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. L'orthographe du nom McAll a été délibérément francisée en MacAll selon le souhait de l'intéressé lui-même.
  2. Par exemple la médaille de la Société nationale d’encouragement au bien en 1879 et la médaille de la Société libre d’instruction et d'éducation populaire en 1880.

RéférencesModifier

  1. Elizabeth Siddall Hayward McAll, Robert Whitaker McAll, founder of the McAll mission, Fleming H. Revell Company, , 252 p.
  2. « Histoire – Mission Populaire Evangélique de France », sur missionpopulaire.fr (consulté le 13 juin 2019)
  3. Bruno Ehrmann, « Depuis quand et pourquoi des Fraternités à la « Mission Populaire Évangélique de France » ? », Fédération de l'Entraide protestante,‎ (lire en ligne)
  4. a et b Jean Paul Augier, « La Mission populaire évangélique », Évangile et Liberté,‎ (lire en ligne)
  5. « Oser de nouvelles formes de présence au monde », sur Mission populaire évangélique, Musée rochelais d’histoire protestante
  6. « La Mission Populaire évangélique », sur Musée virtuel du protestantisme (consulté le 13 juin 2019)
  7. Diane Barraud, « La Miss’ Pop aujourd’hui », Évangile et Liberté,‎ (lire en ligne)
  8. Bertrand Vergniol, « Une maison laïque et évangélique », Réforme (hebdomadaire),‎ (lire en ligne)
  9. Eliane Humbert, « Ça bouge à la Mission populaire évangélique de France ! », Paroles Protestantes - Paris,‎ (lire en ligne)
  10. « La Mission Populaire Evangélique de France (MPEF ou Miss Pop) a vécu une étape importante de sa longue histoire les 26 et 27 mai », Fédération protestante de France,‎ (lire en ligne)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Elizabeth Siddall Hayward McAll, Robert Whitaker McAll, founder of the McAll mission, Fleming H. Revell Company, , 252 p.
  • Jean-Paul Morley, 1871-1984, la Mission populaire évangélique: les surprises d'un engagement, Les Bergers et les Mages, , 205 p. (ISBN 978-2853041072)
  • Christian Bouzy, Vivre la fraternité : L’expérience du Foyer de Grenelle à Paris, Paris, Éditions Olivétan, , 129 p. (ISBN 2354793693, lire en ligne)

Liens externesModifier