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Ne doit pas être confondu avec Croix-Bleue des Arméniens de France.
Croix-Bleue
Situation
Création 1877
Siège Berne

Site web Fédération internationale

La fédération internationale des sociétés de la Croix-Bleue (IFBC) est une organisation internationale basée à Berne en Suisse dont le but est de venir en aide aux personnes dépendantes, notamment de l'alcool. Ses champs d'action sont la prévention, le conseil et l'accompagnement. Actuellement, elle est active dans plus de 40 pays sur 4 continents. Liée à l'Église Réformée par le statut de son fondateur au moment de sa création, l'ancrage religieux de l'action de la Croix-Bleue sur le terrain est aujourd'hui très variable d'un pays à l'autre. En Europe, cet ancrage est par exemple moins prépondérant dans les pays francophones que dans les pays germanophones. La taille de l'organisation en fait la deuxième organisation néphaliste (voir liste en note[1] pour les pays francophones) du monde après les Alcooliques anonymes.

Sommaire

HistoireModifier

En 1876, Louis-Lucien Rochat, pasteur dans le canton de Vaud, établit des contacts avec des groupes d'abstinents lors d'un séjour en Grande-Bretagne. Il y entrevoit une forme de réponse aux problèmes sociaux, médicaux et personnels que posait le rapide développement de l'alcoolisme parmi les populations défavorisées des milieux ruraux et de la classe ouvrière. Il choisit lui-même l'abstinence et commence son combat contre l'intempérance.

En 1877, il fonde en Suisse la Croix-Bleue avec 27 autres personnes membres. Ayant eux-mêmes été personnellement confrontés à des problèmes d'alcool, ils avaient acquis la conviction qu'il fallait faire quelque chose pour les personnes atteintes et leurs familles. Leur combat contre le mésusage de l'alcool se basait sur leur foi chrétienne. Les fondateurs s'inspirent du Comité international de la Croix Rouge récemment formé. Comme les secouristes de la Croix-Rouge, ils veulent aller avec des brancards au front de la vie pour sauver les victimes de l'alcoolisme.

En 1880, fondation par Arnold Bovet de la première association de langue allemande à Berne.

En 1886, fondation du « Comité international » présidé par Louis Lucien Rochat.

En 1890, développement de sociétés nationales dans de nombreux pays hors Suisse.

En 1902, à l'occasion des 25 ans de la Croix-Bleue, les épouses de 10.709 alcooliques libérés offrent une médaille d'or à Louis Lucien Rochat. Début du combat pour l'interdiction de l'absinthe.

En 1917, décès de Louis-Lucien Rochat.

En 1947, premier groupe de parole pour hommes à Berne.

En 1949, première semaine de cure pour alcoolodépendants à Walzenhausen canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures.

En 1977, lancement de la ligne téléphonique « SOS alcoolisme » ouverte 24h/24, 7j/7.

Jusqu'en 2001, professionnalisation de la prévention et du travail d'accompagnement. Formation intensive des aidants bénévoles.

En 2002, jubilé des 125 ans de la Croix-Bleue. Lancement de l'action RAID BLUE.

Un livre retrace l'histoire du mouvement de 1877 à 1910 : La flamme sous la cendre de Sophie Rossier, édité par la Croix-Bleue en 2006. Résultat d'un travail de recherche effectué dans le cadre de la chaire d'histoire de l'Université de Fribourg-Suisse.

Sa missionModifier

Elle a pour but de venir en aide aux personnes dépendantes, de l'alcool notamment, ainsi qu'à leurs familles et proches en leur proposant un accompagnement compétent, humain, empreint de respect et d'authenticité. Elle place la personne au centre de ses préoccupations et considère l’humain dans sa globalité bio – psycho –socio – spirituelle. Elle accompagne les personnes qui le souhaitent dans une démarche spirituelle chrétienne. Ce qui, dans le réseau spécialisé, est une spécificité. Pour elle, l’abstinence est le meilleur moyen pour que la personne dépendante puisse s’en sortir.

Son action se résume en trois verbes : Prévenir, Conseiller, Accompagner.

PrévenirModifier

La prévention auprès des enfants, jeunes et adultes fait l'objet de programmes spécifiques.

En Suisse romande : Actuellement, la Croix-Bleue après avoir créé en 2002 un concept de prévention Raid-Bleue destiné aux jeunes 14 à 25 ans, lance en 2008 :

  • Son blog internet relooké www.raidblue.ch.
  • Une nouvelle opération pour sensibiliser les jeunes dès 14 ans aux risques liés aux nouveaux modes de consommation Binge drinking, cuite rapide. Pour ce faire, des petits films téléchargeables sur le téléphone portable servent de support de réflexion, de discussion. La technologie bluetooth a l'avantage de ne pas imposer le message mais d'inviter celui qui le désire à télécharger.

Le développement et l'application de ce concept sont possibles parce qu'il s'inscrit dans une collaboration avec un maximum d'acteurs de « terrain » concernés par la prévention, par la vente et la consommation d'alcool lors de manifestations (organisateur de fêtes, Sociétés ou groupements de jeunesses, police, préfectures, communes, organismes de prévention, personnes sensibles...).

Une charte a été élaborée. Elle inclut plusieurs points auxquels les organisateurs répondent, dont les questions liées à la sécurité, au respect de la loi sur vente d'alcool aux mineurs, aux mesures à prendre pour réduire les risques liés à la consommation ou surconsommation d'alcool ([éthylotest]), etc. De plus, une canette Raid-Blue (clin d'œil à Red Bull) contenant du matériel de prévention avait été créée et distribuée à plus de 70,000 exemplaires dans le cadre de diverses grandes manifestations.

L'Espoir-Romand est un organisme de prévention auprès des enfants jusqu'à 16 ans par le moyen de camps et d'activités variées.

En Suisse alémanique, la jeune Croix-Bleue vise les jeunes jusque vers 25 ans. Elle s'est signalée par des actions comme les BlueCocktailBar dont le maître mot est : « des cocktails cool sans alcool, pour que la fête reste chouette » ; ainsi que les groupes de hip-hop : Roundabout destinés aux jeunes filles ou garçons, souvent dans une période sensible où l'on est mal dans sa peau, qui peuvent là travailler à l'estime de soi, l'acceptation de la différence, etc. sans avoir recours à des moyens de compensation (dont l'alcool et autres) et bien d'autres encore.

Conseiller, accompagnerModifier

Si certaines branches cantonales, régionales ou nationales établissent la prévention comme leur axe principal, d'autres mettent l'accent davantage sur le traitement ambulatoire ou résidentiel.

Résidentiel: Les centres de traitements de la Croix-Bleue existent en plusieurs endroits de la planète. En Suisse, même si la Croix-Bleue a joué un rôle historiquement dans la création de beaucoup d'institutions de soins spécialisés pour personnes dépendantes, celles qui sont actuellement actives sont toutes des établissements socio-éducatifs, médicosociaux, voire des cliniques privées ou des services hospitaliers de médecine.

Ambulatoire: L'accompagnement est assuré par des personnes ayant connu des difficultés en tant que consommateurs, comme proches, ainsi que des professionnels formés. La formation continue contribue à offrir des prestations de qualité. Les entretiens de suivi sont de type :

  • individuels avec la personne dépendante, le conjoint, le proche
  • de couple
  • de famille
  • de réseau, d'amis, de quartier, professionnel (médecin, psychiatre, assistant social, autorité civile, judiciaire...)

de groupe de personnes dépendantes, proches et solidaires, parfois spécifiques genre (groupe d'hommes, de femmes...)

Les moyensModifier

La croix-Bleue propose ainsi :

  • des groupes de paroles, des thèmes différents vont être abordés et approfondis en groupe (en lien avec les questions liées à la problématique alcool, produits, dépendance, addiction; mais aussi des thèmes de la vie, l'identité, la reconstruction, le sens de la vie...)
  • des groupes aux activités multiples et variées dont l'objectif est de trouver de nouveaux goûts de vivre, des occupations sans consommation d'alcool pour expérimenter de nouvelles sensations
  • des camps, des semaines, des week-ends, des sorties, etc. Ce sont des occasions pour les familles de se retrouver dans un cadre sécurisant, de pouvoir redécouvrir sous un jour différent un proche, de connaître d'autres personnes qui ont le cœur à la bonne place simplement, d'autres qui sont « passés par là »…

L'abstinence est souvent découverte, contre toute attente par certaines personnes, comme source de fêtes et d'épanouissement. C'est alors qu'elle ne devient plus contrainte, mais choix libre. L'alcool, ne manque plus, l'alcool ne sert même plus nécessairement de référence, on en vient à vivre « hors alcool ».

PrincipesModifier

Pour soutenir les personnes en difficulté avec leur relation à l'alcool, la Croix-Bleue propose des outils adaptés à chaque situation. Pour la Croix-Bleue, l'abstinence est le meilleur moyen, pour la personne dépendante, d'en sortir.
Dans une société où la consommation d'alcool sert de liant social, ne pas boire ou boire trop marginalise encore très souvent. Aussi :
L'abstinence peut être un choix de vie sans autre besoin de le fonder.
L'abstinence peut aussi être un moyen d'exprimer sa solidarité avec celles et ceux pour qui vivre est associé à ce choix.

Article connexeModifier

SourcesModifier

Liens externesModifier

NotesModifier

  1. Outre la Croix-Bleue, les organisations d'aide aux personnes en difficultés avec l'alcool les plus connues dans les pays francophones sont, les Alcooliques anonymes (AA) (organisation internationale présente en France, en Suisse, en Belgique et dans de nombreux autres pays francophones) ; le Mouvement Vie Libre (France, Ile de la Réunion et Belgique) ; Alcool Assistance (France et DOM-TOM) ; Alcool Ecoute Joie et Santé (France) ; La Santé de la Famille (France) ; Fédération nationale des amis de la santé (France).