Non-conformistes

mouvements protestants britanniques qui refusaient de suivre la doctrine anglicane

Les non-conformistes (dont certains étaient appelés autrefois aussi dissidents, en anglais : dissenters[1]) étaient des protestants anglais en rupture avec l'Église anglicane, associée au pouvoir royal. Il s'agissait notamment de puritains (aussi appelés presbytériens ou calvinistes), des baptistes et plus tard des quakers. On oppose les non-conformistes aux fidèles de l'Église anglicane, appelés alors conformistes.

Page d'entête d'une série de Sermons d'adieu préchés par les ministres non-conformistes dans leurs paroisses en 1662.

HistoriqueModifier

Le terme apparaît vers 1566, sous Élisabeth Ire, lorsque l'archevêque de Cantorbéry, Matthew Parker, voulut forcer les ecclésiastiques à porter des ornements liturgiques.

C'est toutefois l'Acte d'uniformité de 1662 qui provoque la « grande expulsion » qui voit près de 2 000 ecclésiastiques chassés de l’Église anglicane. Ceux-ci refusaient en effet de se plier à cette nouvelle loi qui exigeait des ecclésiastiques anglicans qu'ils utilisent uniquement les rites et formules liturgiques prescrits dans le Book of Common Prayer et qu'ils soient tous ordonnés par des évêques de l'Église d'Angleterre, une exigence profondément inacceptable pour les puritains, la faction de l'Église d'obédience calviniste qui avait été dominante pendant la guerre civile anglaise et l'interrègne[2].

Jusqu'en 1828, les non-conformistes étaient tenus éloignés des emplois publics, civils ou militaires, par des lois appelées Test Acts et Corporation Act.

Leur émigration vers les colonies fut encouragée par le pouvoir royal anglais pour les éloigner et pour peupler les colonies[3]. Cela renforça considérablement la démographie de la Nouvelle-Angleterre ; ce déséquilibre démographique assura finalement la domination anglo-saxonne sur le continent nord-américain contre les Français beaucoup moins nombreux.

Notes et référencesModifier

  1. (en) « Dissenter », dans Encyclopædia Britannica, 1911 [détail de l’édition] [  (en) Lire en ligne sur Wikisource].
  2. Bibhash Choudhury, English Social and Cultural History: An Introductory Guide and Glossary, PHI Learning Pvt. Ltd, (ISBN 8120328493), p. 173
  3. "Beginning in 1630 as many as 20,000 Puritans emigrated to America from England to gain the liberty to worship God as they chose. Most settled in New England, but some went as far as the West Indies. Theologically, the Puritans were "non-separating Congregationalists." Unlike the Pilgrims, who came to Massachusetts in 1620, the Puritans believed that the Church of England was a true church, though in need of major reforms. Every New England Congregational church was considered an independent entity, beholden to no hierarchy. The membership was composed, at least initially, of men and women who had undergone a conversion experience and could prove it to other members. Puritan leaders hoped (futilely, as it turned out) that, once their experiment was successful, England would imitate it by instituting a church order modeled after the New England Way." [1] Site du gouvernement américain, consulté le 9/1/2016

BibliographieModifier

  • (en) D. W. Bebbington. The Nonconformist Conscience. Chapel and Politics 1870-1914
  • (en) Sydney Smith, « Nonconformists », dans The Catholic Encyclopedia, vol. 11, New York, Robert Appleton Company, (lire en ligne)

Voir aussiModifier