Michel Pastoureau

historien de l'art français

Michel Pastoureau, né le à Paris, est un historien médiéviste français, spécialiste de la symbolique et de l'histoire culturelle des couleurs, des emblèmes, de l'héraldique, et de l'histoire culturelle des animaux .

BiographieModifier

Michel Pastoureau est le fils d'Henri Pastoureau, qui fut un écrivain et peintre amateur proche des surréalistes, et d'Hélène Level. Par sa mère, sœur de Lise Dubief, née Level, archiviste paléographe et conservateur au cabinet des Manuscrits de la Bibliothèque nationale[1], il est le neveu par alliance de l'historien Henri Dubief, et le petit-cousin de Claude Lévi-Strauss[2]. Archiviste paléographe, Michel Pastoureau soutient en 1972 une thèse de l'École des chartes, qui porte sur le bestiaire héraldique du Moyen Âge. Le sujet est alors considéré comme peu porteur : l'héraldique passait alors pour une discipline archaïque, et les animaux pour un sujet puéril qui n'intéressait pas les historiens.

Il est historien, et directeur d'études à l'École pratique des hautes études (4e section), où il occupe depuis 1983 la chaire d'histoire de la symbolique occidentale. Il a été élu le correspondant français de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Il est membre de l'Académie internationale d'héraldique, président de la Société française d'héraldique et de sigillographie (2008-2017) et enseigne régulièrement à l'École du Louvre.

Il a publié une quarantaine d'ouvrages, dont certains sont traduits dans plus de trente langues, consacrés à l'histoire culturelle des couleurs, des animaux et des symboles. Ses premiers travaux portaient sur l'histoire des emblèmes et sur les domaines qui s'y rattachent : héraldique, sigillographie et numismatique.

Le , il reçoit le prix Médicis essai pour son ouvrage Les Couleurs de nos souvenirs[3].

Il poursuit depuis un demi-siècle son grand oeuvre qui ne l'imposera que tardivement, vu sa nouveauté épistémologique, dans le monde savant plus encore en France qu'à l'étranger: une étude approfondie de chacune des couleurs primaires dans l'évolution historique de leur perception sociale et culturelle, particulièrement au prisme des mutations des sensibilités collectives qui affectent et connotent leurs significations symboliques ou iconographiques dans le monde occidental depuis l'antiquité (voire de la préhistoire pour le rouge). Consacrant à cette tâche plusieurs années de savantes recherches pour chaque ouvrage, se succèdent alors le bleu (2002), le noir (2008), le vert (2013), le rouge (2016) et le jaune (2019). Ces livres sont accompagnés de nombreuses illustrations. Ils ont contribué à renouveler l'étude psycho-sociologique des couleurs dans la peinture occidentale.

Après les Couleurs de nos souvenirs, Michel Pastoureau publie en 2010 un catalogue de 350 photographies, Couleurs, pour inaugurer un rapport différent à la couleur, via l'image. Divisé en six parties, il passe en revue le blanc, le rouge, le noir, le vert, le bleu et le jaune. À chacune de ses couleurs correspond une cinquantaine de photographies qui en évoquent les valeurs et significations, sans aucune légende[4].

Ces travaux sur l'histoire culturelle des animaux sont le deuxième grand domaine qu'il a défriché en pionnier, ce champ de recherche étant laissé depuis toujours en jachère par les historiens qui le considéraient marginal, comme pour les couleurs.

Tour à tour Michel Pastoureau a écrit des ouvrages savants dans une perspective anthropologique sur des animaux : les bestiaires du Moyen-âge (2011), l'ours (2007), le cochon (2009, puis 2015), la licorne (2013) et le loup (2018), tout en accumulant pendant cinquante ans une immense documentation sur le corbeau et bien d'autres animaux. Il fut d'ailleurs l'un des rares à s'intéresser par cette méthode anthropologique aux procès d'animaux entre le XIIIe et le Modèle:XVIIIme siècle, sujet lui aussi délaissé jusque-là par les chercheurs.

En juillet et il produit avec Mathilde Wagman l'émission « Les animaux aussi ont une histoire » sur France Culture qui a pour ambition de cheminer à travers de grands récits de l'histoire sociale, culturelle, religieuse et symbolique de notre civilisation afin de composer un petit bestiaire radiophonique enchanté[5].

Il commence à écrire pour la jeunesse en publiant aux éditions Privat en juin 2016 un ouvrage destiné à expliquer la couleur noire aux enfants : Pierre n'a plus peur du noir, avec des illustrations de Laurence Le Chau.

Vie privéeModifier

Il est l'époux de Mireille Laprébande, bibliothécaire et historienne.

ŒuvresModifier

Livres d'étudesModifier

  • La Vie quotidienne en France et en Angleterre au temps des chevaliers de la Table ronde, Hachette littératures, 1976 (ISBN 978-2010177378).
- Prix Broquette-Gonin (littérature) de l’Académie française en 1977
  • Les Armoiries, Brepols (Typologie des sources du Moyen Âge occidental), 1976 (ISBN 978-2-503-36020-1).
  • Traité d'héraldique, Picard (Grands manuels), 1979, réédité en 1993, 1997, 2003 (version revue et complétée par les travaux du domaine publiés de 1979 à 1992), 2008.
  • Les Sceaux, Brepols (Typologie des sources du Moyen Âge occidental), 1981.
  • L'Hermine et le Sinople, études d'héraldique médiévale, Le Léopard d'Or, 1982 (ISBN 2863770179).
  • Jetons, méreaux et médailles, Brepols (Typologie des sources du Moyen Âge occidental), 1984.
  • Figures et couleurs. Études sur la symbolique et la sensibilité médiévales, Le Léopard d'Or, 1986.
  • La guerre de Cent Ans et le redressement de la France : 1328-1492, Librairie Larousse, 1988.
  • Couleurs, images, symboles. Études d'histoire et d'anthropologie, Le Léopard d'Or, 1989.
  • avec Gaston Duchet-Sucheaux, La Bible et les saints, guide iconographique, Flammarion, 1990 (ou 1993), in 8°, 320 p. ; Rééd. 1994, 335 p (ou 357 p), 258 ill. n/b in-t, 32 coul. h-t, bibliographie
  • L'Étoffe du diable, une histoire des rayures et des tissus rayés, Seuil (Point Essais), 1991 (ISBN 2020611988).
  • Dictionnaire des couleurs de notre temps, Bonneton, 1992 (ISBN 2862532436).
  • Figures de l'héraldique, coll. « Découvertes Gallimard / Culture et société » (no 284), Gallimard, 1996 (ISBN 2070533654).
  • Les Emblèmes de la France, Bonneton, 1998.
  • Jésus chez le teinturier. Couleurs et teintures dans l'Occident médiéval, Le Léopard d'Or, 1998.
  • Les Animaux célèbres, Bonneton, 2001 (ISBN 2-86253-281-9).
  • avec Gaston Duchet-Suchaux, Le bestiaire médiéval : dictionnaire historique et bibliographique, Le Léopard d'Or, 2002, 167 p., ill.
  • Bleu. Histoire d'une couleur, Le Seuil, 2000. Version poche (ISBN 2020869918), version grand format (ISBN 2020204754).
- Prix Eugène-Carrière de l’Académie française en 2001

PréfacierModifier

Ouvrages pour la jeunesseModifier

  • Pierre n'a plus peur du noir, Textes de Michel Pastoureau, Illustrations Laurence Le Chau, Editions Privat, , 32 p.
  • Suzanne préfère le rouge, Textes de Michel Pastoureau, Illustrations Laurence Le Chau, Editions Privat, , 32 p.

ArticlesModifier

Michel Pastoureau a également écrit un certain nombre d'articles consacrés aux couleurs, dans des publications telles que Pour la Science, ainsi que dans des publications universitaires.

Notes et référencesModifier

  1. « BnF Catalogue général », sur bnf.fr (consulté le 4 octobre 2020).
  2. La grand-mère de Pastoureau, Louise Lévy, était la sœur d'Emma Lévy, mère de Claude Lévi-Strauss (https://gw.geneanet.org/garric?lang=fr&p=louise&n=levy)
  3. « Le Médicis à Maylis de Kerangal pour « Naissance d'un pont » », sur le site du journal Libération, (consulté le 16 juillet 2015).
  4. Marion Genaivre, « Couleurs de Michel Pastoureau », sur le site de L'intermède, (consulté le 16 juillet 2015).
  5. « Les Animaux ont aussi leur histoire : podcast et réécoute sur France Culture », sur franceculture.fr (consulté le 4 octobre 2020).
  6. Alain Beuve-Mery, « Le prix Médicis décerné à Maylis de Kerangal », sur le site du journal Le Monde, (consulté le 16 juillet 2015).

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier