Messe de la station

La messe de la station est une liturgie eucharistique que le pape — ou son représentant — célébrait à Rome, durant les premiers siècles qui suivirent la paix rendue à l'Église. Cette messe était dite à certains jours de fête, et pendant le carême, dans une basilique où tous les chrétiens de Rome se rassemblaient.

Aux XIIIe et XIVe siècles la coutume se perd, mais le nom des stations reste inscrit dans le Missel traditionnel et dans quelques paroissiens.

Le lieu de la station explique souvent l'emploi des textes du propre de la messe. Ainsi, l'épître du dimanche de la Sexagésime, qui parle des grands travaux de l'Apôtre saint Paul, s'explique par le fait que la station de ce jour avait lieu à Saint-Paul-hors-les-murs.

Déroulement de la messe stationaleModifier

Les anciens livres liturgiques catholiques décrivent en détail ces cérémonies. Telles étaient les cérémonies de la messe stationale à Rome du Ve siècle au VIIIe siècle.

Après s'être réunis dans une église centrale, tous les chrétiens de Rome se rendaient à la basilique stationale en chantant les litanies des saints. À leur arrivée, les fidèles se plaçaient ainsi : les hommes du côté de l'évangile, et les femmes du côté de l'épître. Pendant ce temps, le pontife pénétrait dans le Secretarium et se revêtait des ornements liturgiques, puis il faisait son entrée solennelle pendant que le chœur chantait un psaume (l'Introït).

Arrivé à l'autel, le célébrant le baisait et donnait le baiser de paix au clergé, puis il se rendait à la cathedra placée au fond de l'abside, où le clergé l'entourait, formant un demi-cercle autour de l'autel.

Après le salut à l'assistance par le Pax Vobis (la paix soit avec vous), le célébrant disait l'oraison appelée collecte. Les lectures venaient après, suivies du graduel, de l'Alléluia ou du trait, de l'Évangile et de l'homélie que le pape adressait aux fidèles.

Les catéchumènes et les pénitents ayant été renvoyés, la messe des fidèles commençait par la prière à laquelle le peuple était invité par le pontife, qui disait à haute voix Oremus. Ces prières, qui ont par la suite été supprimées du missel, devaient ressembler à celles que l'on récitait encore à l'office du matin du Vendredi Saint. Elles correspondent aux prières universelles de la liturgie moderne.

Le Sacrifice étant offert pour tous, tous présentaient leur offrande de pain et de vin. Le pape, les évêques et les prêtres, recevaient le pain; les diacres, le vin; les sous-diacres s'occupaient de l'eau. L'archidiacre disposait ensuite sur l'autel les pains qui devaient être consacrés et les calices pour la communion du clergé et des fidèles, et il y versait du vin et un peu d'eau. Aucune prière n'accompagnait ces cérémonies, mais pendant ce temps, le chœur chantait un psaume (l'offertoire).

Les offrandes destinées au sacrifice ayant été séparées des autres, le pontife se lavait les mains, se rendait à l'autel, invitait le peuple à la prière par l' Orate fratres qu'il faisait suivre de l'oraison appelée secrète, de la préface, du Sanctus et des prières du Canon (Bible) ou de la consécration.

Après la consécration, les diacres faisaient la fraction du pain, opération assez longue jusqu'à ce que fut introduit l'usage des hosties, puis l'archidiacre présentait au pape, revenu à la cathédra, la patène sur laquelle était une partie du pain consacré, et le calice (en souvenir de cet usage, le pape communiait à son siège au messes solennelles). Le pontife consommait une parcelle du pain et en distribuait un morceau à tous les membres du clergé, puis il buvait au calice et le faisait passer au premier des évêques; celui-ci, après y avoir bu, le présentait au second des évêques et ainsi de suite jusqu'à ce que tous les ecclésiastiques eussent communié.

Le pontife, les évêques et les prêtres distribuaient ensuite le pain consacré aux fidèles, tandis que les diacres passaient les calices ministériels. Pendant ce temps, le chœur chantait un psaume (l'antienne de la Communion).

Après la communion, le pape revenait à l'autel, disait comme action de grâces la troisième oraison (de postcommunion), saluait le peuple par le dominus vobiscum, et le diacre renvoyait l'assistance en disant Ite missa est. Le cortège se reformait, et le pape bénissait les fidèles en se rendant au secretarium.