Marie Mayoux

enseignante française

Marie Mayoux
Josephine Bourgon
Naissance
Lesterps (Charente)
Décès (à 91 ans)
La Ciotat (Bouches-du-Rhône)
Première incarcération En 1917, deux ans de prison pour antimilitarisme.
Origine français
Type de militance propagandiste, pédagogue
Cause défendue libertaire
syndicalisme
antimilitarisme

Marie Mayoux, (pseudonyme Joséphine Bougon), née le à Lesterps (Charente) et morte le à La Ciotat (Bouches-du-Rhône), est une institutrice, pacifiste et antimilitariste française. Syndicaliste révolutionnaire, elle s'affirme socialiste internationaliste avant de se rapprocher du mouvement libertaire[1].

En 1917, avec son mari François Mayoux, elle est condamnée à deux ans de prison pour « propos défaitistes ».

BiographieModifier

En 1905 avec son mari, elle est parmi les fondateurs de la Fédération nationale des syndicats d’instituteurs (FNSI) qui publiera la revue L’École émancipée.

En , elle est l'auteure du Manifeste des instituteurs syndicalistes publié sous le titre « Les Instituteurs syndicalistes et la guerre » par la section de la Charente de la Fédération Nationale des Syndicats d’Institutrices et d’Instituteurs publics. Ce texte rappelle la liberté de conscience des instituteurs et l’impossibilité pour eux de devenir des « bourreurs de crânes ». Il sera rejeté, , par le conseil fédéral de l’enseignement[2],[3].

En , lors de la Première Guerre mondiale, Marie et François, tous les deux instituteurs à l'école communale de Dignac, publient une brochure pacifiste intitulée Les instituteurs syndicalistes et la guerre. Ils collent également des petits papillons proclamant : « Assez d’hommes tués, la Paix ! » ou « La Paix sans annexions, sans conquêtes, sans indemnités »[4].

Ils font partie de ces instituteurs qui protestent contre l’envoi d’un opuscule violemment anti-allemand, « Leurs crimes », que les enseignants doivent lire avec leurs élèves[4].

Ils sont arrêtés, traduits en justice condamnés à six mois de prison, aggravés, le , à deux ans en appel et révoqués pour « propos défaitistes »[5]. Leur jeune fils est alors accueilli par Madeleine Vernet.

Marie est libérée le , après 10 mois de réclusion (François après 17 mois). Révoqués de l'enseignement, ils ne seront réintégrés qu'en 1924 dans le cadre de l’amnistie de 1919.

Après un bref passage au Parti communiste, dont elle est exclue en 1922, le couple se rapproche du mouvement libertaire et participent à la presse anarchiste dont La Revue anarchiste, La Voix Libertaire, Ce qu'il faut dire de Sébastien Faure, Défense de l'Homme de Louis Lecoin et Le Monde libertaire[6].

En 1939, leur fils Jehan Mayoux fidèle aux convictions pacifistes de ses parents refuse la mobilisation. Insoumis, il est condamné à cinq ans de prison, mais parvient à s'évader. Il est repris par les autorités de Vichy et est transféré sur le front ukrainien[7].

ŒuvresModifier

  • Institutrices et instituteurs contre la propagande et contre la guerre, Saumur, , texte intégral.
  • Les Instituteurs syndicalistes et la guerre, Dignac, 1917
  • Marie et François Mayoux, Notre affaire, Éditions de l'Avenir social, Épône, 1918, texte intégral.


CitationModifier

« Ce que nous n'avons jamais accepté, et ce que nous n'accepterons jamais, ce que nous repoussons du pied avec une répugnance méprisante, c'est cette prétention du gouvernement de la République à nous transformer en agents politiques de la plus basse espèce, en propagandistes anti-boches, en pourvoyeurs d'un jusqu'au boutisme insensé, en missionnaires de la haine la plus aveugle, en bourreurs de crâne de nos propres élèves » - Les instituteurs syndicalistes et la guerre (1917).

HommageModifier

Une école primaire porte son nom et celui de son mari à Dignac[8].

BibliographieModifier

  • Max Ferré, Histoire du mouvement syndicaliste révolutionnaire chez les instituteurs, Société universitaire d’éditions et de librairie, 1955.
  • Annie Kriegel, Aux origines du communisme français, Mouton & co, 1964.
  • François Mayoux, préface de Daniel Guérin, Marie et François Mayoux, instituteurs pacifistes et syndicalistes. Mémoires, Canope, 1992, 366 pages, préface en ligne.
  • Charles Jacquier, André Bösiger, Souvenirs d'un rebelle - Marie et François Mayoux, Instituteurs pacifistes et syndicalistes, introduction de Daniel Guérin, postface de Madeleine Rebérioux, Mil neuf cent, 1994, vol. 12, n°1, pp. 248–253, lire en ligne.
  • Florence Montreynaud, L'aventure des femmes XXe-XXIe siècle, Nathan, 2011, lire en ligne.
  • Jean-Pierre Biondi, La mêlée des pacifistes : 1914-1945, Maisonneuve et Larose, 2000, lire en ligne.
  • (en) John Riddell, Toward the United Front : Proceedings of the Fourth Congress of the Communist International, 1922, BRILL, 2011, (ISBN 90-04-20778-3), page 1239.

NoticesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Thierry Maricourt, Histoire de la littérature libertaire en France, Albin Michel, (lire en ligne), p.295.
  2. Louis Bouët, Trente ans de combats syndicalistes et pacifistes, texte intégral sur La bataille socialiste.
  3. Danielle Delhome, Nicole Gault, Josiane Gonthier, Les Premières institutrices laïques : documents, Mercure de France, 1980, page 213.
  4. a et b Colette Avrane, Hélène Brion, une institutrice féministe, Bulletin Archives du féminisme, n°5, juin 2003, lire en ligne.
  5. Jean Combes (dir.) et Michel Luc (dir.), La Charente de la préhistoire à nos jours (ouvrage collectif), St-Jean-d'Y, Imprimerie Bordessoules, coll. « L'histoire par les documents », , 429 p. (ISBN 2-903504-21-0, notice BnF no FRBNF34901024, présentation en ligne), p. 307-308
  6. René Bianco, 100 ans de presse anarchiste : notice.
  7. L'Éphéméride anarchiste : Jehan Mayoux.
  8. École primaire Marie et François Mayoux, Dignac, Direction départementale des services de l'éducation nationale de la Charente, Académie de Poitiers, lire en ligne.