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Marguerite de Witt-Schlumberger

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir de Witt et Schlumberger.
Marguerite de Witt-Schlumberger
Marguerite de Witt-Schlumberger.jpg
Fonction
Présidente
Union française pour le suffrage des femmes
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Père
Mère
Henriette Guizot de Witt (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Pierre de Witt (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Jean Schlumberger
Marcel Schlumberger (d)
Daniel Schlumberger
Maurice Schlumberger
Conrad Schlumberger (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Délégation des femmes de l'Alliance internationale pour le suffrage des femmes, en 1919.

Marguerite de Witt, née le à Paris[1] et morte le au Val-Richer (Saint-Ouen-le-Pin, Calvados)[2], est une féministe française, présidente de l'Union française pour le suffrage des femmes. Elle marque aussi de sa forte personnalité la dynastie d'industriels protestants alsaciens, les Schlumberger.

Sommaire

BiographieModifier

FamilleModifier

Elle est la fille de Conrad de Witt, maire de Saint-Ouen-le-Pin puis député du Calvados, et de l'autrice Henriette Guizot, elle-même fille de François Guizot, académicien, homme politique français et ministre de Louis-Philippe.

Marguerite et sa sœur Jeanne sont éduquées par leur mère, Henriette Guizot[3], femme de lettres[4] et philanthrope[5], au milieu de leurs cousins et cousines. À la demeure familiale du Val-Richer se côtoient les familles de Witt et Guizot, mais également la famille de Broglie, ou celle du britannique lord George Hamilton-Gordon, comte d'Aberdeen.

Le 30 juin 1876, Marguerite de Witt épouse à Paris Paul Schlumberger, issu d'une famille d'industriels alsaciens protestants, dont l'ancêtre Nicolas Schlumberger a fondé au début du XIXe siècle une filature de coton. Ils ont cinq fils et une fille qui naissent à Guebwiller (Haut-Rhin) : Jean (fondateur de la NRF), Conrad (1878-1936), Daniel (tombé au champ d'honneur en 1915), Marcel (1884-1953), Maurice (1886-1977) et Pauline. Vivant en Alsace annexée par l'Allemagne, la famille est consciente qu'à 15 ans, les garçons doivent s'inscrire sur les listes militaires allemandes ou s'exiler. À partir de 1893, les enfants quittent l'Alsace pour s'installer chez leur grand-mère Henriette Guizot. Malade, celle-ci accepte l'aide financière de son gendre Paul Schlumberger pour faire face aux dettes de son mari.

Conrad et Marcel se font connaître par leurs inventions liées à la géophysique et au pétrole.

Marguerite de Witt est inhumée, comme le reste de la famille, au cimetière protestant de Saint-Ouen-le-Pin dans le Calvados, où se trouvait la propriété de François Guizot.
Elle compte parmi ses descendants les entrepreneurs Nicolas Seydoux, Jérôme Seydoux et Michel Seydoux.

Philanthropie et féminismeModifier

Marguerite et Jeanne de Witt participent activement aux œuvres philanthropiques de leur mère Henriette Guizot. En 1865, un ouvroir pour jeunes filles est créé au Val-Richer, puis cinq ans plus tard une salle d'asile pour les enfants. Pendant vingt ans, Henriette Guizot travaille comme visiteuse des prisonnières protestantes par le biais de l'Œuvre des détenues libérées de la prison de Saint Lazare[6]. Marguerite de Witt prend la suite de sa mère et préside l'Œuvre de Saint-Lazare, devenue en 1891 le Patronage des femmes libérées et des pupilles de l'administration pénitentiaire. L'association est reconnue d'utilité publique par décret du 28 janvier 1907. Marguerite de Witt-Schlumberger milite tout spécialement contre l'alcoolisme, la prostitution réglementée et la "traite des Blanches".

En 1914 elle prononcera une allocution qui donne une idée de son caractère et de ses idées:

C’est en voyant la question de l’alcoolisme, qui tue la race; la lutte contre la pornographie, qui salit l’âme de nos enfants dans les rues; la lutte contre la prostitution, qui désagrège la familles, ne pas pouvoir faire les progrès désirables; c’est alors que nous nous sommes dit: “Les hommes ne nous donnent ni les lois ni les sanctions nécessaires pour que notre travail social ne soit pas une duperie; nous dépensons sans résultat suffisant nos forces et notre argent; nous n’obtiendrons les réformes que nous demandons que lorsque nous aurons le suffrage, et qu’on sera forcé de tenir compte de nos idées.

Nous avons compri que si cette question du suffrage devait aboutir, il fallut qu’elle fut soutenue et poussée par des femmes de toutes les parties de la société et que nous n’avons pas le droit, pas le droit, entendez-vous, de rester chez nous bien tranquillement, à notre chaud foyer, quand des millions de femmes ont besoin de notre aide; pas le droit de nous demander si nous avions ou pas du talent de parole pour exposer nos idées, ou s’il nous était pénible de nous mettre en avant; mais que nous avions le devoir d’aller au feu comme tout bon soldat, tout simplement parce qu’il y a un poste à défendre et que le devoir est de marcher.[7]

ÉcritsModifier

Notes et référencesModifier

  1. Acte de mariage, Archives de Paris
  2. http://www.archivesdufeminisme.fr/article.php3?id_article=53
  3. Selon Catherine Coste, Henriette Guizot "leur montra qu'une femme pouvait s'intéresser à la vie de l'esprit et gagner de l'argent pour faire vivre les siens, tout en remplissant le rôle que la société de l'époque lui assignait". Catherine Coste in François Guizot, Lettres à sa fille Henriette (1836-1874), 2002.
  4. Henriette et Pauline Guizot, Guizot.com, consultable sur http://www.guizot.com/fr/famille/enfants-de-guizot/henriette-pauline/
  5. Henriette Guizot fait partie des fondatrices de l'Œuvre des détenues libérées de Saint-Lazare.
  6. Catherine Coste, op. cit.
  7. Allocution donnée à un “Congrès de Genève” de 1914, probablement de l'UFSF, citée in En mémoire de Madame de Witt - Schlumberger (ouvrage collectif, sans date ni lieu de publication, c. 1924), p. 24-25.

Sources et bibliographieModifier

  • Anne Cova, Maternité et droits des femmes en France : XIXe-XXe siècles, Anthropos, Paris, 1997, 435 p. (ISBN 2-7178-3261-0)
  • Geneviève Poujol, Un féminisme sous tutelle : les protestantes françaises, 1810-1960, Éditions de Paris, 2003, 286 p. (ISBN 9782846210317)

Voir aussiModifier