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Marcel Charollais
Naissance
Halanzy (Belgique)
Décès (à 85 ans)
Cannes (Alpes-Maritimes)
Origine Drapeau de la France France
Arme Roundel of France.svg Armée de l'air française
Unité groupe de chasse Alsace
Grade Commandant
Années de service 1939-1997
Conflits Seconde Guerre mondiale
Guerre d'Indochine

Marcel Charollais, né le à Halanzy (Belgique)[1] et mort le à Cannes (Alpes-Maritimes)[2], était un aviateur français. Pilote de chasse dans les Forces aériennes françaises libres durant la Seconde Guerre mondiale, il devient après-guerre un spécialiste de la formation des pilotes et de la voltige aérienne, plusieurs fois champion de France de voltige, et quatre fois finaliste des championnats du monde de voltige[2].

BiographieModifier

Marcel Charollais nait le à Halanzy (Belgique). Son père est militaire de carrière, officier. Il perd très tôt sa mère. Grandissant dans un milieu très strict, pour s'évader, il rêve de voler[1]. Breveté pilote de tourisme en 1938, il s'engage sous l'uniforme de l'armée de l'air l'année suivante, à l'école de pilotage d'Istres[3],[4]. D'abord affecté dans l'aviation d'assaut[4] comme pilote de bombardier[1], il devient pilote de chasse à la suite de concours de circonstances, grâce à un peu de chance, et à des appuis haut placés[5]. Il vole sur Curtiss P-36[3],[4].

Seconde Guerre mondialeModifier

Après la Débâcle, fuyant l'Occupation, il rejoint l'école de chasse de Meknès[5] (Maroc), et vole sur de nouvelles montures fournies par les Alliés : Hawker Hurricane, Supermarine Spitfire, Republic P-47 Thunderbolt[3],[4]. Ses campagnes de la Seconde Guerre mondiale, en particulier au sein du groupe de chasse Alsace[5], lui valent la Légion d'honneur, la médaille militaire et la croix de guerre[3],[4].

Guerre d'IndochineModifier

Il effectue un tour d'opération en Indochine[5] où il vole sur Spitfire, avec un épisode dramatique seulement 15 jours après son arrivée en Extrême-Orient : son avion se « crashe » dans la jungle infestée d'ennemis. S'extrayant, gravement blessé, de l'épave de son Spitfire, il se cache dans un buisson, rapidement cerné par les Vietminh partis à sa recherche. Sa chance ne l'a pas abandonné : il est tiré de là par un commando de la marine nationale venu le récupérer. Il continue pendant 18 mois à voler sur ce théâtre, enchaînant plus de 100 missions de guerre, toutes aussi périlleuses[1].

Après-guerreModifier

De retour en France, il vole sur sur P-47[1]. Mais alors que l'ère des avions à réaction n'en est qu'à ses débuts, il fait partie des vingt premiers pilotes français à voler sur le monoréacteur de Havilland Vampire[3]. Reconverti dans la formation des pilotes et la voltige aérienne, il rejoint en 1950 la célèbre patrouille d'Étampes[3],[4],[5], première patrouille acrobatique de France[1]. Il la quitte en 1952, et devient en 1953 membre de la patrouille d'acrobatie du Maroc, où il vole sur Lockheed P-80 Shooting Star[3],[4].

En 1954, il décide de quitter l'armée de l'air et de se consacrer à sa vraie passion la voltige[1]. Devenu civil, il passe par Saint-Yan en 1955[4]. Sélectionné par l'équipe de France de voltige, de 1956 à 1960, il se hisse aux premières places dans les compétitions internationales : quatre fois finaliste aux championnats du monde, deuxième meilleur français (derrière Gérard Verette) à Bratislava en 1960[3]. Il participe à près de 500 meetings aériens, et devient le seul spécialiste de la voltige nocturne[4] : à Ajaccio en 1970, il stupéfie le public par une époustouflante démonstration de voltige de nuit, à bord d'un Stampe SV-4 équipé de projecteurs. Il côtoie dans ces meetings les plus grands noms de la voltige, qui partagent son affection pour ce biplan si maniable : Léon Biancotto, Jean d'Orgeix[5]...

Fondateur de l'Ecole Internationale de Voltige Aérienne (E.I.V.A.)[1],[3],[4], il est particulièrement impliqué dans la pédagogie[3], et ne cesse de communiquer sa passion du pilotage à un nombre incalculable d'élèves[4], dont certains sont célèbres ou le deviendront : ainsi, il initie à la voltige le chanteur Jacques Brel[1],[3], mais aussi forme en 1959, sur planeur puis sur avion léger, le futur spationaute Jean-Loup Chrétien[1],[3].

Retiré à Cannes[4] (Alpes-Maritimes) sur la Côte d'Azur[3] en 1968[1], il continue ses activités d'instructeur sur l'Aéroport de Cannes - Mandelieu[3], jusqu'au 4 juin 1997 où il décide de cesser de voler à 77 ans, après 60 ans de pratique et plus de 22 000 heures de vol dont 10 000 heures de voltige[3], 600 heures sur « jet » et 200 types d’avions différents[1].

ŒuvresModifier

DistinctionsModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g h i j k et l Bibiche, « Témoignage de tes 6 enfants », (consulté le 3 février 2019).
  2. a b c d et e Echodelta, « Disparition de MARCEL CHAROLLAIS », sur FRANCE VOLTIGE - Forum des passionnés de voltige aérienne, (consulté le 3 février 2019).
  3. a b c d e f g h i j k l m n o p q r et s Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, Tallandier, , 1129 p. (ISBN 2-84734-060-2), p. 211-212.
  4. a b c d e f g h i j k l m n et o Jacques Nœtinger, « Marcel Charollais... voltigeur », Air et Cosmos, no 883,‎ (lire en ligne).
  5. a b c d e et f Philippe Ballarini, « POUR L’AMOUR DU CIEL - Marcel Charollais », sur Aérostories, (consulté le 3 février 2019).

BibliographieModifier

Liens externesModifier