Une mansarde, ou comble à la Mansart, est un comble brisé[1] dont chaque versant a deux pentes, le brisis et le terrasson, articulés par la ligne de bris.

Le brisis est la partie inférieure de la toiture, surmontée par le terrasson.

HistoriqueModifier

 
Aile Lescot au Louvre, représenté par Androuet du Cerceau (1579).

L'invention est faussement attribuée à François Mansart[1] ("toit à la Mansart") dans les années 1630-1640[2]. Cependant, l'aile du palais du Louvre construite par Pierre Lescot en 1546 (soit un demi-siècle avant la naissance de François Mansart) avait déjà un comble brisé[2].

Cette idée de comble brisé est parfois attribuée à Philibert de l'Orme, en faisant référence à sa publication de 1561 : Les Nouvelles Inventions pour bien bâtir et à petits frais. Cependant, les charpentes en toiture décrites dans cette publication sont basées sur des structures cintrées et aucun comble n'y figure comportant une charpente brisée (avec brisis et terrasson).

C'est bien Pierre Lescot qui, le premier, utilise ce type de charpente et de toiture brisées. S'il utilise pour le brisis la forte pente des toits médiévaux, il remplace la partie haute par un terrasson, invisible du sol, l'étage en attique faisant disparaître le reste du toit. Ce comble brisé, bien qu’inventé par Lescot pour le Louvre, n'a été vulgarisé que plus tard, sous l'appellation de « toit à la Mansart ».

DescriptionModifier

 
Le château de Dampierre, de Jules Hardouin-Mansart, dernier quart du XVIIe siècle.
 
Mesick House, hanbitation de style victorien à Sacramento (Californie), avec des mansardes.

Le comble brisé est un compromis entre le comble à la française (haut comble en pavillon percé de lucarnes, comme sur la place des Vosges à Paris) et la terrasse à l'italienne (toit quasiment horizontal, qui ne se voit jamais depuis le sol, et qui peut se dissimuler derrière une balustrade, comme au château de Versailles).

La pente du brisis est celle des jambes de force portant l'entrait des fermes de charpente (de 75 à 80 degrés), la pente du terrasson est celle de la fermette supérieure (35 degrés au plus). Les jambes de force délimitent le « vrai comble » (le comble habitable) tandis que la fermette délimite le « faux comble » ou « comble perdu » (le comble non habitable).

Dans les toits brisés parisiens du XIXe siècle, au terrasson couvert en zinc, la pente de ce dernier est de 10 à 15 degrés[3].

Les deux pentes du toit peuvent être couvertes avec le même matériau ou non, selon les moyens du maître d'ouvrage.

Les appartements situés dans le comble brisé sont appelés « appartements mansardés » ou « mansardes[4] ». Dans les immeubles de rapport, ce sont des chambres de bonne.

On appelle également parfois « mansarde » la lucarne pratiquée dans un comble brisé[4].

Notes et référencesModifier

  1. a et b Diderot et d'Alembert, L'Encyclopédie, t. 10, (lire en ligne), p. 50.
  2. a et b Jean-Marie Pérouse de Montclos, Histoire de l'architecture française. De la Renaissance à la Révolution, Paris, Mengès, , 511 p. (ISBN 2-85620-374-4), p. 156.
  3. Georges Doyon et Robert Hubrecht, L’Architecture rurale et bourgeoise en France, Paris, Dominique Vincent et Cie, 4e édition revue et augmentée, 1979, 521 p., « Toitures à la Mansart », p. 201-204.
  4. a et b Mathilde Lavenu et Victorine Mataouchek, Dictionnaire d'architecture, France, Gisserot, , 126 p. (ISBN 978-2-7558-0299-3 et 2-7558-0299-5), p. 78.

BibliographieModifier

  • Diderot et d'Alembert, L'Encyclopédie, 1751, t. 10, p. 50.
  • Mathilde Lavenu et Victorine Mataouchek, Dictionnaire d'architecture, France, Gisserot, 2011, 126 p. (ISBN 9782755802290).
  • Jean-Marie Pérouse de Montclos, Histoire de l'architecture française. De la Renaissance à la Révolution, Paris, Mengès, 1995, 511 p.

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Voir aussiModifier